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/ Pour une heure oubliée : premier roman de Perrot

Frédéric Perrot vient de publier chez Mialet-Barrault "Pour une heure oubliée", son premier roman. L'écrivain dionysien s'intéresse ici aux mécanismes de la culpabilité renforcés par le poids du secret et qui sert un récit truffé de rebondissements.
L'auteur Frédéric Perrot vient de publier son premier roman "Pour une heure oubliée" (éditions Mialet-Barrault).
L'auteur Frédéric Perrot vient de publier son premier roman "Pour une heure oubliée" (éditions Mialet-Barrault).

Que faire quand l’impensable se produit ? Et que de cet impensable, nous en sommes les premiers responsables sans même pouvoir nous en souvenir ? Comment vivre avec les mains souillées par un méfait indélébile à nos propres yeux et à ceux de la société et pourtant inexistant dans notre mémoire ? Douter, encaisser, purger sa peine, puis mentir, taire… Et accepter, enfin, pour que notre passé nous laisse un peu de répit jusqu’au jour où celui-ci finisse, malgré tous nos efforts, par nous rattraper.

Pour une heure oubliée est le premier ouvrage du très prolifique Frédéric Perrot, auteur dionysien qui a fait ses armes dans le cinéma en tant que scénariste et réalisateur avec son duo Najar-Perrot. L'écrivain s'intéresse ici aux mécanismes de la culpabilité renforcés par le poids du secret, tout en servant un récit truffé de rebondissements. Paru début janvier aux éditions Mialet-Barrault Éditeurs (Flammarion), son roman nous entraîne dans la tête d’Émile, auteur d’un crime dont il n’a aucun souvenir : le meurtre de Louise le soir de leur rencontre. Et que ne donnerait-il pas, cet Émile, pour se souvenir rien que l’espace d’un instant du geste qu’il a commis ? Le destin va s’en charger. Alors que la culpabilité le ronge des années encore après sa sortie de prison, une jeune journaliste vient perturber le long processus de reconstruction d’Émile et faire voler en éclat sa nouvelle vie qu’il a cherché à établir au prix de nombreuses névroses, de non-dits et de secrets. Ce sont des montagnes russes émotionnelles que va vivre alors le personnage principal de ce roman à mi-chemin entre le polar, le roman d’amour et le téléfilm. « Mon roman utilise la rythmique et les codes de polar, mais ce qui m’intéresse ce sont les petites choses de la vie, la vie d’un couple… » Et nos obsessions.  

Obsession du rythme

Comme son personnage principal, Frédéric Perrot est traversé par des obsessions parfois maladives. « Quand Émile veut changer de place dans le lit, je n’ai pas eu beaucoup à inventer, j’ai la terreur de l’ennui, de la répétition, de la routine dans le couple… », explique le romancier dont l’inspiration a été trouvée à la lecture d’un fait divers : celui du meurtre d’une femme par son compagnon en pleine crise de somnambulisme. « Ce livre est aussi un récit sur le deuil de l’innocence. À quel moment on finit par se dire qu’on est cette personne-là, ce meurtrier ? » Des bonds dans le passé, le présent et même le futur font office de chapitres et rythment toute l’intrigue avec dynamique. Ce découpage très cinématographique, voire sériel, ce n’est pas un hasard bien sûr : « Ma formation de scénariste me pousse à avoir une écriture visuelle et rythmique. C’est pour cela que j’alterne entre séquences très courtes et textes plus longs. C’est une déformation professionnelle qui intéresse les éditeurs d’ailleurs, pense Frédéric Perrot. L’écriture de ce roman correspondait à une envie d’une écriture moins cadrée. Pour moi le roman ce n’est ni plus facile ni pus difficile. Par exemple, on est détaché des coûts : pour le cinéma, chaque scène doit être pensée à travers sa faisabilité. »

Obsédé par la routine qui structure ce temps qu’il nous reste avant le grand saut, le romancier de 35 ans tente d’exorciser ses angoisses par l’écriture. « J’écris du matin au soir. Il n’y a pas une journée qui se ressemble. C’est une façon de laisser une trace. » Et justement, Frédéric Perrot s’attelle déjà un deuxième roman, ainsi qu’au développement d’une comédie sociale et d’un projet de théâtre autour de l’œuvre de Jean-Louis Fournier, Veuf (Stock). Beaucoup de projets à venir donc, pour une peur oubliée.

Maxime Longuet

Pour une heure oubliée (Mialet-Barrault Éditeurs), 19 €, 295 pages.

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