En ville

Petite rallonge pour les cités populaires

L’État met la main à la poche (1,6 millions) pour quelques réalisations de rénovation urbaine. Les élus ont aussi débattu de l’extension du centre cardiologique du nord.

Pour la première fois, jeudi 30 avril 2009, Éric Delion s’installe dans l’hémicycle du conseil municipal. En remplacement de Michel Rogowski, récemment décédé dans un accident de la route. Candidat sur la liste conduite par le maire Didier Paillard, ancien socialiste et désormais responsable du Parti de gauche (PG), Éric Delion siègera au sein de divers organismes où la ville est représentée et participera à l’animation de la démarche-quartier Gare Confluence.

« Ce qui permettra une meilleure intégration urbaine »

Premier dossier à l’ordre du jour de cette 4e séance de l’année, un rapport présenté par Christophe Girard, après l’annonce par le Premier ministre d’un plan de relance de l’économie appliqué à la rénovation urbaine, dans le cadre des dispositifs Anru. Autrement dit, une enveloppe supplémentaire de 1,6 million d’euros est attribuée par l’État au profit de plusieurs projets : dans le quartier Pierre-Sémard, construction d’un mur antibruit, réalisation de voies, placette et aire de jeux, construction des logements prévus en deux tranches de 60 et 30 appartements, au lieu des 90 initialement prévus d’un seul tenant, « ce qui permettra une meilleure intégration urbaine ». Quartier Saint-Rémy, avec de nouveaux intervenants, l’organisation des chantiers de rénovation permettra de réduire au maximum la gêne pour les 270 familles concernées.

Le social manque à l’appel

« Certes, la somme n’est pas négligeable », souligne le maire Didier Paillard, regrettant que « dans son plan de relance, en dépit des demandes des syndicats, le gouvernement n’ait inclus aucune mesure sociale favorisant le pouvoir d’achat et l’emploi des salariés qui sont les oubliés… ». « Nous ne sommes pas la commune abandonnée », fait ensuite valoir Georges Sali (PS-opposition), même s’« il faudrait être beaucoup plus exigeants que vous ne l’êtes ».

« Depuis des décennies les habitants attendaient ce mur antibruit »

Philippe Julien (LO-majorité) se félicite de ces aides, mais « ce ne sont que des rattrapages, car le premier plan du gouvernement laissait Sémard en suspens ». « C’est une injustice réparée, depuis des décennies les habitants attendaient ce mur antibruit », se félicite Christophe Mézerette (MRC-majorité). Danyl Afsoud (MoDem-opposition) reproche « la lenteur » de la municipalité pour « aller chercher des crédits ». Michel Ribay (majorité) réfute « l’inaction » et, comme exemple, fait état d’une toute prochaine rencontre avec le président de la SNCF, Guillaume Pépy, à propos des protections phoniques. Le député Patrick Braouezec (majorité, président de Plaine commune) rappelle que « le président socialiste de la Région, Jean-Paul Huchon, venu récemment à Saint-Denis signer une convention de financement de travaux de rénovation dans les HLM avec Plaine commune habitat, s’est félicité du travail mené par les élus de la ville en tenant compte de l’avis des populations ».

« Il s’agit de financement et de travaux de rénovation urbaine »

Mais pour Georges Sali, « l’objectif serait de faire de vrais quartiers, ce que vous n’êtes pas du tout en train de faire ». À quoi Christophe Girard réplique « qu’il s’agit de financement et de travaux de rénovation urbaine inscrits dans les conventions entre l’État et les collectivités ». « Vous trompez les gens qui croient en vous », rétorque Didier Labaune (UMP-opposition), en « invitant les amicales de locataires à se mettre en rapport » avec lui. Quant à Laurent Russier (PC-majorité), il affirme « nous travaillons et nous continuerons de travailler avec les habitants, je ne me laisserai pas enfermer dans de la démagogie stérile ».

Le Centre cardiologique du Nord crée 80 emplois

Autre dossier passé au micro-onde, celui présenté par Virginie Le Torrec, sur la cession par la commune de quelques parcelles de terrain pour l’agrandissement du Centre cardiologique du Nord, rue des Moulins-Gémeaux. Cet hôpital privé spécialisé, créé en 1973, dispose de 175 lits, et emploie 70 médecins et chirurgiens. Il a repris en 2001 la clinique de la Porte de Paris. Son projet de restructuration et de développement se traduira par la création de 80 emplois, tous personnels confondus. Le CCN va aussi déplacer son très important centre d’imagerie médicale, dont l’implantation actuelle, proche de la rue, serait perturbée par les ondes électromagnétiques générées par le passage du Tram’Y (T8). La ville vend les parcelles un million d’euros. Soit moins que ce que les services fiscaux ont estimé (plus du double car c’est un périmètre de ZAC), mais un peu plus que le simple prix estimé pour une vente ordinaire dans le secteur, explique l’élue en substance. Elle précise « l’importance pour les populations du nord parisien de voir cet établissement rester ici », et se félicite du résultat des négociations entre le CCN et la Ville.

« Cet hôpital privé fait partie de l’offre de santé sur la ville»

Mais Danyl Afsoud voit là « un chantage », Georges Sali se dit « très étonné » et découvre « une relation fondamentalement malsaine », alors que Didier Labaune (UMP) parle de porter l’affaire devant le tribunal administratif. « C’est un drôle de cadeau, il s’agit d’une question majeure de santé qui devrait être réfléchie sur l’ensemble du territoire », ajoute Stéphane Privé (PS-opposition). « Je suis frappée par certaines visions primaires et caricaturales », déplore alors Virginie Le Torrec, qui défend « la politique municipale de santé » en se félicitant « du développement du CCN sur place ». « Cet hôpital privé fait partie de l’offre de santé sur la ville, ajoute le maire, il y aura des lits et des emplois en plus, on doit aussi s’en féliciter. » Les groupes d’opposition UMP-MoDem-PS et partenaire votent contre.
Gérald Rossi

Décisions au conseil

Nouvelles rues. Quartier Cristino-Garcia, une nouvelle voie débouchant sur le chemin du Cornillon se nomme rue Angèle-Martinez-Koulikoff, ancienne résistante et présidente de la Fédération nationale des déportés et internés.
Quartier Pierre-Sémard, les rues Jean-Pierre-Timbaud et Eugène-Pottier, la place Pierre-Sémard sont conservées. S’y ajoutent la rue Émile-Chrétien, syndicaliste CGT, cheminot à la Plaine, résistant assassiné par les nazis ; la place du Groupe-Manouchian, dont les 23 membres, résistants, ont été exécutés en février 1944 ; le mail Anna-Marly, auteur compositeur du Chant des Partisans ; les voies Germaine-Tillon, ethnologue et ancienne résistante ; Sophie-Sholl, pacifiste allemande exécutée à 22 ans : Jean-Amblard, artiste peintre et résistant.

Natureparif. Adhésion de la Ville à cette association régionale pour la sauvegarde de la nature et de la biodiversité.

Toiture végétalisée. Pendant l’été prochain, des travaux d’étanchéité des toitures seront réalisés à la maison du petit enfant Coin du feu et au groupe scolaire du Lendit. Ces toitures seront désormais végétalisées et les travaux seront en partie subventionnés par la Région dans le cadre des aides au développement durable.

Salle Renoir. Cette structure publique du quartier Franc-Moisin sera mise à disposition de plusieurs associations : la compagnie du Contre-Pas, Arts 93, Canal et Les petits masques.

Subventions. Plusieurs associations vont percevoir une subvention ponctuelle : Mots et regards pour l’organisation d’un après-midi autour des cultures du Maghreb ; Histoires de sons pour son projet Raconte-nous ; Comaa et Comme un poisson dans l’eau pour l’organisation de la fête musicale et brocante quartier Delaunay-Belleville le 16 mai ; l’Apeis pour sa participation à l’Euromarche contre le chômage à Bruxelles le 14 avril.