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Episode 2 / Verdir la ville : la nature se rêve aérienne
/ Parisculteurs, tremplin pour les toits végétalisés

L’appel à projets Parisculteurs et les nouvelles obligations du PLUI favorisent la naissance de nombreuses toitures végétalisées à Saint-Denis. Une démarche écologique, mais qui améliore aussi la qualité de vie des habitants.
L'association Permapolis a remporté l'année dernière deux projets portant sur la végétalisation en ville.
L'association Permapolis a remporté l'année dernière deux projets portant sur la végétalisation en ville.

Lauréate de l’appel à projet Parisculteurs, dont l’objectif est de végétaliser la région parisienne, l’association Permapolis a remporté deux projets à Saint-Denis lors de la 2e édition, en 2018. La Ville a mis à disposition les toits de la bourse du travail et du centre administratif, ainsi qu’une subvention de 3 000 €. Un premier chantier participatif sur le toit de la bourse du travail, samedi 18 mai, a permis de commencer la mise en place des bacs sur les 470 m2 du site.

Une dizaine de personnes, de tous âges et de tous milieux, sont venues prêter main-forte lors de ce premier rendez-vous. Adelaida Uribe, la présidente de Permapolis, commence par leur expliquer le déroulement de la matinée. « Nous allons continuer à monter les bacs, mais aussi leur faire des réservoirs d’eau. » Des équipes se forment, trois hommes se chargent d’assembler les planches des bacs, le reste des volontaires découpent la bâche en plastique et le géotextile qui seront assemblés de manière à créer une couche drainante pour laisser passer l’eau et l’air pour les racines. Des cailloux, des copeaux de bois et du compost seront ajoutés.
 

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Un filet protège des oiseaux les bacs où des graines ont déjà été plantées. Fenouil, tête de dragon, mélilot, basilic… « Il y aura surtout des plantes à tisane ou aromatiques, car ce sont des plantes vivaces, elles sont peu gourmandes en eau », explique Adelaida. Avec un toit végétalisé, il y a des normes à respecter concernant le poids maximal : « Par conséquent, la hauteur des bacs est limitée ainsi que la terre. » D’où la nécessité de choisir des plantes avec de petites racines. 

 


Un espace pédagogique

Maganlal, 64 ans, écoute avec attention les conseils d’Adelaida. « J’habite un pavillon, j’ai décidé de rejoindre ce projet avec ma femme pour apprendre à jardiner chez moi », confie-t-il. Même motivation pour Laurent et Marjorie : « On a une petite terrasse qu’on aimerait aménager et nous avions aussi envie de participer à un collectif. » Maxime et Audrey espèrent également « s’inspirer des bonnes pratiques de Permapolis pour un projet de jardin partagé place Parmentier ».

Adelaida Uribe, 41 ans, se forme en écologie urbaine à AgroParisTech. « Je suis une citadine qui a toujours rêvé de vivre à la campagne, alors c’est un bon compromis ! Les journées de bricolage et de jardinage, cela donne autant d’énergie que de faire du sport, et puis il y a aussi le côté stimulant de voir grandir ce qu’on a soi-même planté. »

Pour participer à ce toit végétalisé, il suffit d’adhérer à l’association Permapolis. Pendant le printemps et l’été, les rendez-vous seront souvent hebdomadaires. La production de ces cultures sera partagée entre les participants, et une partie devrait être commercialisée après la première année d’expérimentation. L’espace ne peut cependant accueillir au maximum que 19 personnes et les enfants sont interdits, la zone n’étant pas suffisamment sécurisée.

« Nous voulons créer un espace pédagogique, pour créer des liens avec les habitants, mais également participer à une démarche écologique responsable. Compost, rétention des eaux pluviales, mais aussi développement de la biodiversité, puisque nos plantes sont mellifères pour les abeilles par exemple », explique Adelaida. Elle espère que la proximité des ruches du Parti poétique et de l’université Paris 8 (lire en page 4) sera prolifique. Ce chantier devrait démarrer à l’automne 2019. Permapolis projette également un partenariat avec le parking Indigo situé rue des Chaumettes. Dans le cadre de la 3e édition de Parisculteurs un appel à projets a été lancé pour le toit de Truffaut, mais sans succès pour l’instant.
 

Delphine Dauvergne

Réactions

bravo pour cette initiative absolument génial, il faudrait végétaliser les terrasses de tout les immeubles, çà créerait de l'emploi et serait un puit d'absorption du CO2
Pour qu'un toit végétalisé dure longtemps, il faut créer un arrosage automatique, afin que les arbres et les plantes résistent aux chaleurs estivales et qu'ils soutiennent l'absence de pluie lors des canicules. Mettre en place un arrosage automatique coûte trois mille euros. Pour beaucoup de copropriétés, c'est trop cher. Idem pour l'entretien annuel par une entreprise (trois mille euros). Les toits végétalisés coutent une fortune aux petites copropriétés. Si on veut éviter les impayés de charges, il vaut mieux ne pas avoir de toits végétalisés dans un immeuble d'habitation.
Le tuteurage d'un arbre sur un toit végétalisé doit être laissé à des professionnels. Un grand coup de masse sur un tuteur peut percer la membrane d'étanchéité du toit et générer des dégâts des eaux dans les locaux des étages inférieurs. Refaire en entier la menbrane d'étanchéité d'un toit végétalisé et la tester coûtent au minimum cinquante mille euros.

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