En ville

Obama, ici, là-bas

Obama Day. Obama superstar. À lire, à entendre et à voir les reportages qui se multiplient du côté du Capitole et du Lincoln Memorial, à sentir l’émotion palpable de tout un peuple qui flotte sur un nuage d’espoir, la dimension universelle de l’investiture de Barack Obama est
indéniable. Les Américains interrogés par les médias ont l’air
tellement heureux, tellement transportés par un événement aussi politique que l’élection d’un président, qu’on les envie un peu. On a beau se pincer, on ne voit pas qu’en 2012, quel que soit le
résultat de la présidentielle en France, nos rues soient emportées par un tel courant de liesse en découvrant la tête du vainqueur le dimanche à 20?h à la télé.
Pour autant, et pour revenir à nos moutons dionysiens, si nous
n’avons pas constaté une montée d’adrénaline dans la cité des rois, mardi 20 janvier, dans la matinée du jour J où Bush s’en est allé pour de
vrai, nous avons noté quelques détails signifiants?: chez Virgin,
la grande surface de produits culturels du centre-ville, les ouvrages
consacrés à Obama étaient en nombre et en bonne place. Nous avons constaté aussi qu’un marchand de la rue Jules-Joffrin proposait à la vente des tee-shirts à l’effigie du nouveau président avec le célèbre
slogan « Yes, we can ». Nous avons croisé aussi des membres du
comité Mumia Abu Jamal. Ils espèrent, mais sans trop y croire, que ce président-là abolira la peine de mort et pèsera de tout son poids pour que Mumia bénéficie d’un nouveau procès. Équitable cette fois.