En ville

Nouvelles têtes et soutien scolaire

Ils sont environ 20 000 élèves à reprendre le chemin des classes cette semaine à Saint-Denis. Dans le primaire, où la direction municipale de l’enseignement en a recensé 11 750 dans les établissements publics, l’heure est aux revendications pour de nouvelles ouvertures de classes. Si dix ont été confirmées en juin par l’inspection académique, d’autres besoins ont été relevés par la Ville et par les syndicats d’enseignants dans pas moins de sept écoles, notamment dans les quartiers Plaine et Pleyel, où l’arrivée de nouveaux habitants induiraient une hausse des inscriptions, non prises en compte avant les vacances. De plus, des fermetures prononcées pour baisse d’effectifs sont contestées pour cinq maternelles, afin que soient scolarisés les enfants de 3 ans et moins en liste d’attente. S’ajoutent à cela la suppression de l’école du samedi matin, non concertée, obligeant à une réorganisation des enseignements qui s’annonce comme un casse-tête, l’application de nouveaux programmes jugés réactionnaires, la mise en place du fichier informatique Base élèves, et pour l’ensemble de l’Éducation nationale 11 200 suppressions de postes en partie compensées par une offre d’heures supplémentaires… Autant de mesures qui donneront lieu à une première journée d’action nationale, le jeudi 11 septembre, rassemblant syndicats d’enseignants, de parents et d’étudiants. Mais d’autres nouveautés de rentrée, plus locales et plus consensuelles, sont à signaler.
Nouvelle direction pour quatre collèges et un lycée. Certaines étaient prévues depuis des mois. D’autres non, comme au lycée Paul-Éluard, où Jean-Pierre Delbègue passe le relais à Gérard Willeme, ex proviseur du lycée Jacques-Brel. Cet établissement de La Courneuve est désormais dirigé par Jean-Luc Heraud, qui abandonne ainsi ses fonctions à la tête de Garcia-Lorca, un collège qu’il aura grandement contribué à ouvrir sur son quartier, à Franc-Moisin. Il est remplacé par Elizabeth Cherki, ex proviseure adjointe du lycée professionnel l’Enna. Par contre, trois principales étaient annoncées comme étant sur le départ avant les vacances. Il s’agit notamment de Danielle Wattez, à présent retraitée, qui a quitté la direction du collège Henri-Barbusse désormais assurée par Pierre Trevisan, ancien proviseur adjoint du lycée Jean-Renoir à Bondy. À Antonia Cortès, ex principale du collège Iqbal-Masih à la Plaine, qui a été mutée à l’académie de Paris, succède Michel Pasquier, qui était principal adjoint du collège Joséphine-Baker de Saint-Ouen. Enfin, Catherine Manciaux, aujourd’hui proviseure du lycée professionnel Jean-Baptiste-Clément à Gagny, a cédé son poste au collège Jean-Lurçat à Nathalie Rahhou, qui était proviseure adjointe au lycée professionnel Eugène-Henaff à Bagnolet.
200 lycées dont Suger pour des cours de soutien. Avant leur entrée en classe de terminale, une dizaine d’élèves était de retour au lycée le lundi 25 août pour une semaine de cours. Quatre heures par jour, de 9h à 13h. C’était, dans le cadre du « dispositif expérimental de réussite scolaire », une première proposée à 200 lycées – dont 30 dans l’académie – « identifiés comme accueillant des élèves faisant face à des difficultés scolaires », selon les termes de la circulaire sur les « stages d’été » publiée en juin. Pour Jean-Christophe Orain, le proviseur adjoint, l’annonce était un peu tardive. Les jeunes concernés, futurs élèves de terminale et frais diplômés du bac, venaient alors de déserter le lycée. Résultat, seule « une dizaine d’élèves, essentiellement des filles, s’est manifestée pour demander des cours surtout en maths et en anglais ». Une 6e scientifique au collège La Courtille. Le projet a été travaillé depuis octobre 2007 par Véronique Fontaine, nouvelle principale adjointe et ex coordinatrice REP (Réseau d’éducation prioritaire), avec quatre professeurs de maths, physique, biologie et technologie. C’était au nom de l’article 34 de la loi d’orientation pour l’avenir de l’école, d’avril 2005, « qui permet de se lancer dans des innovations pédagogiques », et de l’égalité des chances pour « les gosses des milieux défavorisés qui n’ont pas du tout de culture scientifique », explique Mme Fontaine. Après réflexion sur « ce qu’on pouvait mettre en place avec 2 heures de plus dans l’emploi du temps, on a retenu plusieurs thématiques, l’eau, l’alimentation, l’habitat, et une réalisation technique », raconte Emmanuel Bruneau, prof de maths. L’expérience motivera de nombreux échanges par le biais de sorties, d’intervenants, et d’une initiation auprès des élèves de cours moyen du quartier.
M.L.