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Depuis le lundi 16 mars, dans l’ensemble du pays, tous les établissements d’enseignement, de la maternelle au supérieur, gardent leurs portes closes « jusqu’à nouvel ordre » en raison de l’épidémie de coronavirus. À Saint-Denis, seule l’école Joliot-Curie accueille encore des enfants, ceux des personnels des établissements de santé. Pour les autres élèves, l’école poursuit son cours à la maison avec en ligne de mire le respect de la « continuité pédagogique ».
Cour déserte de l'école Corbillon. © Yann Mambert
Cour déserte de l'école Corbillon. © Yann Mambert

« On applique et on respecte au mieux les positions gouvernementales. » Vendredi 13 mars, le lendemain de l’annonce de la fermeture de l’ensemble des établissements scolaires et universitaires de l’Hexagone pour faire face au Covid-19, la Ville s’est réunie en une « cellule de gestion de crise » afin de mettre en place plusieurs mesures de protection et d’aménager ses services municipaux.

Depuis le lundi 16 mars, les crèches, écoles, collèges et universités de la commune sont fermés ainsi que toutes les structures qui accueillent des enfants. Mais les locaux scolaires restent ouverts « afin qu’y soit organisée la continuité administrative et pédagogique » comme formulé par le gouvernement sur son site officiel.

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Aujourd’hui, dans la commune, seule l’école élémentaire Joliot-Curie reste ouverte aux écoliers. L’établissement est mobilisé depuis ce mardi 17 mars pour accueillir les enfants (de la maternelle et du primaire) des personnels soignants sans autre solution de garde et qui sont en première ligne face à l’épidémie. Cette tâche est assurée sur la base du volontariat par quelques enseignants.

« Des propos contradictoires »

Marie-Hélène Plard, co-secrétaire départemental du SNUipp-FSU 93 et directrice d’école dans une maternelle située à L’Île-Saint-Denis, explique qu’« il y a finalement assez peu d’enfants qui se sont présentés dans le département. Les choses s’organisent petit à petit avec les enseignants volontaires ». Louise, enseignante à l’école Opaline dans le quartier de la Plaine, n’en fait pas partie.

« Je suis à la maison, je suis confinée et je réponds aux collègues sur leurs droits. Ils ont plein d’interrogations sur le dispositif. Beaucoup sont inquiets, il a fallu qu’on fasse des alertes à plusieurs niveaux car il y a eu pas mal de propos contradictoires », explique celle qui est aussi syndicaliste à la CGT, en faisant référence aux imbroglios contenus dans les discours de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, au sujet de la présence des enseignants dans les établissements.

Selon l’institutrice, à Joliot-Curie, « il y aurait peu d’enseignants volontaires. Ce n’est pas par manque de solidarité mais en raison d’une appréhension due à la situation actuelle, au confinement », relate-t-elle. Suite à l’annonce par le gouvernement samedi 14 mars au soir de l’entrée de la France en Stade 3 de l’épidémie de Covid-19, le principal syndicat des instituteurs du premier degré a entre autres « exigé que les personnels volontaires pour accueillir les enfants dans les écoles bénéficient du matériel de protection préconisé par les autorités de santé ».

Continuité pédagogique et inégalités

Comment assurer un lien régulier entre professeur et élève pendant cette période de fermeture? L’une des mesures nationales mises en place est le dispositif de « continuité pédagogique ». Il s’appuie en grande partie sur un travail à distance à partir des espaces numériques tels que la messagerie électronique, les plateformes types Espace numérique de travail (ENT) ou celles du Centre national d’enseignement à distance (CNED) comme « Ma classe à la maison », qui propose des supports de cours ou des exercices en ligne pour les classes allant de la maternelle à la terminale.

« Pour ma fille qui est en 5e, tout se passe sur l’ENT de son collège. Sa prof de maths propose par exemple de travailler sur la proportionnalité », commente Marisa Soumaré, enseignante documentaliste. Pour son plus jeune enfant inscrit en petite section, l’enseignante a mis à disposition des parents plusieurs fiches d’exercices. Un « paquet important » de photocopies est à récupérer à l’accueil de l’établissement. « L’enseignante de mon autre fille inscrite en CE1 a fait un planning au jour le jour avec les parents », précise Marisa Soumaré.

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Sur son site Internet, le Rectorat de l’académie de Créteil a listé plusieurs autres «solutions » pour assurer la continuité pédagogique, mais sur les réseaux sociaux des parents dionysiens ont fait part de leur inquiétude notamment en ce qui concerne la fracture numérique. « Comment vont faire les familles qui n’ont pas accès à Internet ou qui n’ont ni ordinateur, ni tablette ? », a interrogé l’un d’eux sur la page Facebook Parents d’élèves de Saint-Denis. « Le numérique c’est discriminatoire, toutes les familles n’ont pas forcément un ordinateur avec le Web ou une imprimante à la maison », abonde Louise.

Pour le représentant à Saint-Denis de la FCPE, Arnaud Blanc, « les cours à distance sont faits pour des élèves aux profils autonomes ». Selon lui, ce qui pose problème aujourd’hui avec la continuité pédagogique, c’est « qu’on va reléguer une partie de la pédagogie aux parents. La FCPE ne conteste pas la situation, mais les devoirs à la maison sont source d’inégalités. On sait que tous les parents ne sont pas à égalité sur la capacité de faire de la pédagogie », commente-t-il. Autre enjeu : la fracture sociale. « L’extrême, ce sont les parents qui ne maîtrisent pas la langue française. Notre crainte, c’est qu’il y ait trop d’enfants qui ne réussissent pas à suivre », poursuit Arnaud Blanc.

Dès la mise en route de l’école à distance le 16 mars, quelques couacs se sont faits sentir au niveau des ENT mais aussi d’autres plateformes qui ont rencontré plusieurs bugs, comme le craignait Louise. « Est-ce que le serveur va tenir ? »

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Yslande Bossé

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