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/ Morne rentrée pour les restaurateurs

Il y a eu le coup d’arrêt du confinement, les mesures sanitaires restrictives du déconfinement, la baisse d’activité pendant les vacances… Et le télétravail qui semble perdurer, vidant les établissements de restauration de leur clientèle régulière. Trois restaurateurs témoignent.
En juin,  après près de trois de fermeture, les restaurants et cafés ont pu rouvrir. Le service se faisait uniquement en salle. (c) Yann Mambert
En juin, après près de trois de fermeture, les restaurants et cafés ont pu rouvrir. Le service se faisait uniquement en salle. (c) Yann Mambert

C’est une rentrée bien morose. Les commerçants – et tout particulièrement les restaurateurs – oscillent entre inquiétude, incertitude et crainte de mettre, à terme, la clé sous la porte pour certains. « Avec la Covid-19, on a subi la tempête. Maintenant, on attend de voir comment va se passer le mois de septembre », indique Mourad Mekhloufi, président du Syndicat des commerçants du marché de Saint-Denis.

Vendeur de fruits et légumes, l’été a été contrasté pour lui, entre un mois de juillet meilleur que d’habitude – « les gens ne sont pas partis en vacances », explique-t-il – et un terne mois d’août. « En termes de fréquentation cet été, on est plutôt sur la même jauge qu’avant le confinement », affirme Laurent Guisez, responsable du service commerce de la Ville. Selon lui, les bonnes conditions sanitaires ont permis de rassurer les clients. La dernière mesure en date est l’obligation depuis le 21 juillet du port obligatoire du masque à l’intérieur du périmètre du marché du centre-ville. « Les commerçants ont globalement pu faire leur chiffre d’affaires. Ils s’en sortent mieux que dans les autres marchés », estime-t-il. 

Néanmoins, rappelle Mourad Mekhloufi, les commerces de bouche s’en sont mieux sortis que les marchands non-alimentaires, qui ont été plus durement frappés par la crise. Et depuis la réouverture du marché le 19 mai, quelques marchands ne sont pas revenus, sans doute définitivement pour certains, en attendant qu’un bilan soit fait en fin d’année. Le président du Syndicat des commerçants espère un « retour à la normale », mais il est dans l’incertitude la plus totale quant à la reprise.

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Marc Boulanger est lui aussi dans le brouillard. « C’est impossible de rattraper le chiffre d’affaires de l’année dernière. L’année 2020 est perdue », confie le co-gérant du restaurant O’Grand Breton dans le centre-ville. Après un été à galérer et un mois d’août « catastrophique », il attend beaucoup de cette rentrée afin de limiter au maximum la casse. Mais il a mille interrogations en tête : à quel point va continuer le télétravail ? Quel impact du masque obligatoire ? Les clients vont-ils revenir ? « Sortir au restaurant, c’est un plaisir pour les gens. Ce n’est pas une obligation », craint le gérant. Pour l’instant, il peut toujours compter sur sa terrasse, mais dans l’optique de l’hiver, il a acheté des plexiglas pour séparer certaines tables dans la salle intérieure de 35 couverts afin de rassurer sa clientèle. 

« On fait ce qu’on peut dans une situation compliquée », résume le restaurateur, qui a mis en place la vente à emporter en mai. Pour l’instant, il tient, mais pour encore combien de temps ? « Il ne faut pas que cette situation dure trop longtemps », prévient-il.

« On est dans l’incertitude »

À la Plaine, dans le quartier de la gare du RER D, c’est le grand vide pour les restaurateurs au pied des bureaux. « C’est morne Plaine », ironise Raoul Tornel, l’un des deux patrons du restaurant Zack, un établissement apprécié des cadres. Ouvert depuis dix-sept ans, c’est la première fois que le restaurant connaît une situation pareille. Le télétravail a vidé les bureaux. Et sa clientèle s’est évaporée. Avec la crise, il a perdu environ 50% de son chiffre d’affaires.  « Il y a eu le confinement, le déconfinement, puis les vacances. Aujourd’hui, c’est encore calme. On attend de voir ce que cela va donner en septembre. On n’a pas de visibilité », dit le gérant, après un nouveau service de midi bien triste en cette fin de mois d’août. Il guette le retour des employés dans les bureaux qui se fait au compte-gouttes dans ce quartier où cohabitent la SNCF, Generali, Artelia ou encore Veepee (anciennement Vente Privée). 

« Certains salariés sont revenus, mais la tendance, pour l’instant, comme au niveau national, c’est la poursuite du télétravail », constate-t-il. Pour lui, la reprise dépendra de l’ampleur du télétravail. « Comme partout, on est dans l’incertitude », dit l’expérimenté patron. 

« Le mois de septembre, cela va être la surprise », expose le gérant d’un restaurant proche du Stade de France (qui a demandé à garder l’anonymat). Son établissement aussi a perdu près de la moitié de son chiffre d’affaires. Impacté par le télétravail, il craint la faillite d’entreprises ou encore l’annulation des salons d’affaires en région parisienne. « Il ne faut pas rêver. Cela ne va pas reprendre comme l’année dernière », estime-t-il. Fataliste, il n’imagine pas un retour à la normale avant 2021. En espérant que son établissement ne coule pas d’ici l’année prochaine.

Aziz Oguz

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