En ville

Mobilisation pluridisciplinaire

La mission des droits des femmes de la Ville met en réseau les compétences des professionnels de la santé, de la justice et des travailleurs sociaux, pour améliorer la prise en charge.

La détresse de femmes subissant les violences de leur compagnon, « on y est tous confronté ». Assistantes sociales, juristes, médecins, infirmières ou psychologues, elles l’ont dit et redit, le 10 mars à la bourse du travail, où se tenait l’avant-dernier d’un cycle de quatre ateliers sur les violences faites aux femmes. Organisés du 13 janvier au 7 avril par la mission des droits de femmes de la Ville avec l’appui de l’Observatoire des violences envers les femmes, qui dépend du conseil général, ces ateliers destinés aux professionnels devraient déboucher sur une mise en réseau des compétences pour améliorer la prise en charge. Tel était d’ailleurs le sujet du jour. « On est souvent face à des personnes qui sont dans un état de sidération, incapable d’envisager une démarche », observe-t-on.

« Elles ont peur de sortir seules»

Mais comment se rendre disponible pour les accompagner, alors qu’« elles ont peur de sortir seules» ? « Il ne faut pas leur donner de faux espoirs, notamment pour l’hébergement. » Pour autant, l’éviction du conjoint violent du foyer conjugal n’est pas préconisée par les participants, qui l’estiment souvent risquée pour la sécurité de la femme. Un contact doit-il cependant être maintenu parce qu’un enfant a besoin de son père, même violent ? On s’accorde à reconnaître qu’« il n’y a pas de nécessité biologique d’être auprès d’un parent naturel. Il y a une différence fondamentale entre être père et être papa »

181 situations en 2008 sur la ville

« Sur les 24 « femmicides » en Seine-Saint-Denis, de 2005 à 2008, 14 enfants étaient présents, et 4 d’entre eux ont été tués eux aussi, signale Ernestine Ronais, responsable de l’Observatoire, qui anime l’atelier. Et le fait de tuer la mère devant l’enfant n’aboutit pas à ce qu’ils soient déchus de l’autorité parentale ! » D’après elle, 11 000 femmes subissent des violences graves dans le département. Combien à Saint-Denis ? « Nous avons travaillé sur 181 situations en 2008 », rapporte Dolly Choukroun, du service municipal d’action sociale. « Nous n’avons pas d’autre chiffre. On ne sait pas combien de plaintes sont déposées. Nous n’avons pas d’information ni du parquet ni du commissariat à ce sujet », nous indique Fabienne Soulas, adjointe déléguée aux droits des femmes. Selon elle, les échanges devraient néanmoins être facilités grâce au CLSPD (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance) qui a fait de ces violences l’une de ses priorités.

La convention «Un toit pour elle»

Quant à l’accueil des plaignantes au commissariat de Saint-Denis, les professionnels ont été en tous cas rassurés par la psychologue qui y est en poste depuis quelques mois. Planning familial, Espace vie adolescence, centres de santé, service d’action sociale, centre de planification de l’hôpital Delafontaine, Maison de justice et du droit, etc., chacun au nom de sa structure témoignera de ses possibilités de prise en charge. « Sur la question de l’hébergement pour lequel l’État n’assume pas complètement ses responsabilités, nous avons pris des mesures correspondant à nos moyens, reprend Mme Soulas qui citera notamment la convention « Un toit pour elle », signée par 14 villes du 93 dont Saint-Denis « où seront accueillies y compris des femmes extérieures à la ville, qui ont besoin de s’éloigner quand les violences sont trop graves ».
Marylène Lenfant

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