À la une En ville

Manif féministe : une syndicaliste auditionnée par la police

Jeudi 3 octobre, Amel Dahmani, à droite sur la photo participe à l'Acte 2 des manifestations contre les féminicides organisées par l’inter-collectif Les Dionysiennes sous le hastag « #BalanceTonComico ».  © Yann Mambert
Jeudi 3 octobre, Amel Dahmani, à droite sur la photo participe à l'Acte 2 des manifestations contre les féminicides organisées par l’inter-collectif Les Dionysiennes sous le hastag « #BalanceTonComico ». © Yann Mambert

« Cela fait dix ans que j’organise des manifestations, c’est la première fois que je suis convoquée par la police », n’en revient pas Amel Dahmani. Cette agente de la Ville, syndicaliste à Sud Collectivités territoriales depuis 2009, a été entendue mardi 22 octobre matin au commissariat central de Saint-Denis, soutenue par plusieurs dizaines de personnes à la sortie de son audition.

Il lui est reproché d’avoir organisé sans autorisation la manifestation contre les féminicides, à l’appel des féministes de l’inter-collectif les Dionysiennes, vendredi 11 octobre au soir, dont la marche est partie de l’hôtel de Ville jusqu’au commissariat. Il lui a aussi été reproché que la manifestation a bloqué pendant quelques minutes le trafic du tramway T1 place du 8-Mai-1945. « La manifestation était déclarée mais elle était hors délais, mais comme cela a déjà été le cas pour d’autres manifs. Il n’y a rien d’exceptionnel dans ce qu’on nous reproche. C’est la convocation qui est exceptionnelle », juge la syndicaliste. L’entretien – qui a duré une bonne heure – s’est bien déroulé.

« On a été très aimable avec moi. Un policier m’a dit que notre lutte était légitime », explique celle qui dénonce la difficile prise en compte des plaintes de femmes victimes de violences dans les commissariats. Pour elle, cette convocation est surtout politique, les ordres viennent de la Préfecture de Seine-Saint-Denis, dont elle a reçu un appel la veille de son audition.

« Il y a une véritable volonté du gouvernement de museler la lutte féministe en France », dit-elle, prenant pour exemple des arrestations ailleurs sur le territoire. « Notre mouvement traduit une colère sociale, profonde et légitime, estime-t-elle. Au lieu de convoquer une syndicaliste, les institutions ne devraient-elles pas mieux prendre en compte les plaintes des femmes victimes de violences ? »

Aziz Oguz

Réactions

Au lieu d'aider les femmes, ce gouvernement en veut aux femmes qui veulent aider d'autres femmes. Ce gouvernement n'aide pas les femmes, il les accable. Toute mon affection à cette dame syndicaliste Amel Dahmani
Toujours la même stratégie de victimisation de la part des militantistes. Elle a organisé sans autorisation une manifestation, son arrestation est donc totalement légitime. Il serait temps que ces féministes victimaires et agressives prennent leur responsabilité.
Pour compléter cet article sur la repression antisyndicale actuelle, le secrétaire de la CGT 93 vient lui aussi d'être victime d'intimidations de la part de la préfecture du 93, rappelons que ce nouveau préfet vient des Alpes maritimes, c'est un vrai signal agressif de la part du gouvernement à l'adresse des populations du 93 ( Cédric Herrou criminalise par ce même préfet à cause de son aide aux migrants, Geneviève Legay retraitée d'ATTAC jetée à terre lors d'une manif à Nice.....) Communiqué intersyndical pour plus de précisions ici: https://www.facebook.com/690068127762148/posts/2095362733899340/ Quant à la remarque débile ci dessus, le petit Anthony devrait s'indigner surtout du fait que des femmes violentées ou violées se sont faites refoulées à l'accueil de ce commissariat, on ne cessera pas de le dire, intimidations policières/préfectorales ou pas : "plaintes refusées = femmes en danger". Quant au droit de manifester, il existe en soi et sans autorisation préalable, c'est un droit fondamental et constitutionnel A PRIORI et un dépôt de manifestation n'est pas une demande d'autorisation mais juste une DECLARATION. Vous n'avez pas besoin d'autorisation préalable de manifester, seul le refus écrit vaut pour interdiction. Et pour rappel la plupart des libertés dont nous disposons aujourd'hui ont été arrachées de haute lutte comme le droit constitutionnel de manifester. Si l'État commence à criminaliser le fait de déposer des manifs, alors les syndicats en déposeront de moins en moins, voire plus du tout. A bon entendeur......

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur