En ville

Malaise au Pôle emploi

L’ex-ANPE offre des conditions de travail dégradées à ses salariés et des conditions d’accueil précaires aux demandeurs d’emploi.

Ras le bol, point de rupture?! Les mots sont forts. Ils sont ceux des conseillères du Pôle emploi (ex-ANPE) de Saint-Denis, rue de Toul. « Nous sommes toujours motivées car ici, plus qu’ailleurs sans doute, on a besoin de nous », explique Annick Morgand, à l’ANPE depuis 1992 et à Saint-Denis depuis 2002. « Notre mission est passionnante, mais on ne nous aide pas forcément à la mener à bien », confirme Céline Mercier, une ex-commerciale qui a décidé de rejoindre l’ANPE en 2005. Les deux jeunes femmes, déléguées syndicales SNU FSU, ont surtout l’impression de ne pas être entendues. Elles ont donc décidé d’adresser une lettre ouverte à leur direction, avec copie au JSD (lire sur www.lejsd.com). La réponse n’a pas tardé. Vendredi, elles ont été reçues par la direction départementale?: « Une ébauche de dialogue s’est ouverte, c’est un début et c’est ce que nous souhaitions provoquer », commente Céline Mercier avant d’ajouter?: « Il y a une prise de conscience devant un profond malaise. » Le SNU FSU demande notamment des locaux décents et l’embauche immédiate des 15 postes prévisionnels.

Locaux trops petits et ordinateurs défaillants

Pourquoi ce profond malaise?? « Parce que nos conditions de travail sont déplorables », résume Annick Morgand. Des locaux trop petits prévus pour 35 personnes et qui, depuis 2005, tournent avec 50 conseillers?; des ordinateurs qui « pour la moitié ne fonctionnent pas alors que désormais les offres d’emploi ne sont disponibles qu’en réseau », explique Céline Mercier. Il y a aussi cette pression latente liée aux nouveaux objectifs et notamment aux offres raisonnables d’emploi instaurées en juillet 2008. Une loi sur « les droits et devoirs » des chômeurs. Ainsi, ceux qui refuseront deux « offres raisonnables » d’emploi se verront radiés des listes et pourront faire une croix sur leurs allocations. Une offre d’emploi raisonnable?? Une offre qui se situe dans un périmètre de 30 km autour du domicile du demandeur d’emploi et qui correspond « globalement » à ses qualifications.

« Ceux qui prennent ces décisions sont très loin des réalités»

« Ceux qui prennent ces décisions sont très loin des réalités du terrain », lâche Annick Morgand. « Chez nous, ces soit-disant “fainéants” de chômeurs pour la moitié d’entre eux ne sont pas indemnisés et ils s’inscrivent quand même pour trouver un emploi, s’insurge Céline Mercier. Et si on nous consultait?? Qui sait, ça pourrait peut-être aider, non?? » Et puis il y a cette fusion ANPE Assedic et la création du Pôle emploi. Elle devait entrer en vigueur en janvier et a conduit à une grève nationale des agents des deux organismes (chose rarissime) en décembre. Une fusion qui, à Saint-Denis, tarde à se mettre en place faute de locaux, de moyens matériels et de temps. « On devrait avoir une formation de trois jours et le personnel des Assedic de sept jours?! », explique Annick Morgand. Pour devenir conseiller, une formation de six mois est requise en temps normal.

« Moitié moins d’offres en stock qu’il y a un an »

À cette nouvelle tâche s’ajoute un contexte économique particulièrement difficile?: « Nous avons moitié moins d’offres en stock qu’il y a un an à la même période, avec un nombre de chômeurs qui explose », explique Céline Mercier. « Nous avons en moyenne 15 à 20 personnes par mois en plus par conseiller alors que nous avions déjà un portefeuille global de 250 demandeurs d’emploi », explique Annick Morgand. « On nous demande d’assumer un taux de charge représentant 4,4 fois la charge moyenne par conseiller en Île-de-France », ajoute Céline. Des chômeurs de plus en plus agressifs, fatigués des files d’attente, des ordinateurs qui ne fonctionnent pas, des paiements qui traînent en longueur?: « C’est dur, mais nous sommes face à une telle détresse humaine », explique Annick. Dur à entendre et dur d’avoir l’impression de ne pas être entendu?: « Je savais en choisissant ce métier que ce ne serait pas facile, mais là… », conclut Céline Mercier.
Étienne Labrunie

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