En ville

Copropriété avenue du Président-Wilson
/ Malaise après la défenestration d’un locataire

Lundi 23 novembre, France Bleu informe qu’un locataire qui habite dans une copropriété de l’avenue Wilson a été jeté par la fenêtre de son logement par plusieurs individus. L’affaire fait suite à une altercation, le matin même, au sein d’un immeuble qui subit depuis plusieurs mois la présence quotidienne de dealers voulant imposer leur loi.
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L’affaire aurait pu tourner au drame. Il est environ 18h30 ce lundi 23 novembre, lorsqu’une trentaine d’individus, armés de barres de fer, défoncent la porte de l’appartement d’un locataire qui vit avenue du Président-Wilson à la Plaine. La plupart sont des jeunes décrits par les habitants de l’immeuble comme des « dealers » qui squattent et souillent sans arrêt les parties communes de cette copropriété composée de 33 lots.

« J’étais en train de cuisiner quand j’ai entendu des gros boums, des cris, j’ai eu très peur », raconte, choquée, Natacha (1), l’une des copropriétaires, présente sur place au moment des faits, et qui n’en revient toujours pas. Un des locataires d’un appartement du premier étage où s’est déroulée l’agression a été « balancé » par la fenêtre. D’autres ont été attaqués, tapés. Cette histoire fait suite à une altercation violente qui a eu lieu la même matinée entre ces dealers et plusieurs résidents. « Je faisais visiter l’immeuble à une société de ménage », explique Natacha. La copropriétaire qui a acquis son bien il y a moins d’un an aperçoit « cinq, six jeunes » dans le hall, au rez-de-chaussée. « Il y en avait un qui fumait et qui a jeté son mégot par terre. Je lui ai dit alors, calmement, d’aller le jeter dehors. Il n’a pas voulu, a été agressif, mais je ne me suis pas laissée faire. »

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Ce n’est pas la première fois que Natacha doit demander à ces jeunes « qui n’habitent pas ici » de ne pas squatter les lieux. Le ton commence à monter entre la copropriétaire et les dealers. « Ils m’ont encerclée et je me suis fait insulter. » Des voisins qui entendent l’accrochage viennent l’aider. Ils sont très vite pris à partie, puis s’ensuivent des heurts. « Les dealers nous ont jeté des projectiles, des blocs de pierres, de panneaux. » Avant même l’escalade de la violence, Natacha appelle la police mais « elle ne s’est pas déplacée ».

La jeune femme, accompagnée par un autre locataire, se rend alors dans l’après-midi au commissariat pour déposer une main courante. « On a été très mal reçu. La fonctionnaire de police m’a dit “on ne peut pas prendre votre plainte car la machine ne fonctionne pas”. J’ai expliqué que les jeunes allaient revenir le soir, qu’ils nous l’ont clairement fait comprendre et à chaque fois elle me coupait la parole. » Le locataire défenestré a été hospitalisé le jour-mêmede l’agression.Il souffre d’une blessure à la jambe. La jeune femme a pu finalement déposer une plainte mercredi 25 novembre et a été reçuepar le commandant du commissariat en question qui lui a présenté des excuses.

Saleté, rats, nuisances

Aux yeux de Maddalena, copropriétaire bailleur depuis 2017, « il n’est pas normal que les gens se sentent en insécurité quand ils rentrent chez eux ». Depuis les six derniers mois, les difficultés n’ont fait que s’accumuler dans cette copropriété, développe-t-elle. Et cet incident est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. « La porte d’entrée est régulièrement cassée, et aujourd’hui elle n’est toujours pas sécurisée. Des dealers rentrent et font ce qu’ils veulent. Les habitants ont tenté des actions de réappropriation des lieux mais ces jeunes sont violents, ils ont des couteaux. On a appelé plusieurs fois la police qui nous a dit “on fait ce qu’on peut”. » 

Depuis septembre, des signalements ont été faits « toutes les semaines » auprès de la mairie au sujet des dealers mais également des problèmes d’hygiène, de dégradations et de surocupation d’appartements qui affectent le quotidien de la copropriété. « Dans certains logements, il y a des va-et-vient tout le temps, décrit Maddalena. Il peut y avoir une quinzaine de personnes dans un appartement de 50m2. » Des personnes en situation de précarité qui doivent « faire profil bas ». Saleté, présence de rats, problèmes avec des commerces qui utilisent les poubelles de la copropriété sans autorisation… Si la Dionysienne de copropriétés (SDC), syndic depuis quatre ans, a bien fait appel à une société de nettoyage pour les parties communes, selon Maddalena, elle « ne fait pas le travail, l’immeuble est très sale. Le syndic a sa part de responsabilité. Il fait des choses mais ce n’est pas suffisant ».

4 logements suroccupés identifiés

Joint par mail, Thierry Michel, de la SDC, a fait savoir qu’il a « effectivement été alerté par des copropriétaires sur l’occupation des parties communes de l’immeuble » et sur les problèmes de « dégradations, perturbations et situation d’insécurité qui en sont la conséquence ». Le syndic a réagi « dans la mesure » de ses pouvoirs et moyens, a-t-il justifié : sécurisation de la porte d’entrée, installation d’un digicode, d’un contrôle d’accès par badge, dépôts de plainte « en collaboration avec les copropriétaires », de « déclarations de sinistres de parties communes ». Concernant les appartements « squattés », le syndic a prévenu la Préfecture ainsi que Plaine Commune en début d’année. Un retour lui a été donné en septembre. Sur la question de l’hygiène de l’immeuble, il reconnaît que c’est un « problème majeur », mais que malgré l’action de l’entreprise de nettoyage qui effectue le ménage hebdomadaire, les parties communes ne restent « pas longtemps en état de propreté ». Il s’agit selon lui de problèmes extérieurs liés entre autres à une « concentration de personnes en situation d’extrême dénuement, sans domicile fixe » qui vivent « autour de l’immeuble ».

De son côté, la Ville a commencé à prendre en charge le dossier. « Quatre logements en situation de surrocupation ont été identifiés par des inspecteurs qui se sont déplacés dans la copropriété de l’avenue Wilson début novembre », a exprimé Katy Bontinck, première adjointe au maire. La mission habitat indigne a lancé des procédures sur les parties communes. Les commerces qui posent problème ont été eux « signalés » aux services de l’urbanisme. Natacha regrette que la mairie n’ait pas réagi plus vite car « elle a été prévenue de tous ces problèmes ». Aujourd’hui, la propriétaire souhaite « juste que la copropriété aille mieux ».

Yslande Bossé

  1. Le prénom a été changé.

 

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« Avec ce qu’il s’est passé, j’ai très peur »

Depuis qu’elle a pris connaissance de la défenestration d’un locataire par des dealers dans la même avenue où elle habite, Sandrine (1) explique qu’elle ne se sent « vraiment pas » en sécurité. « Avec ce qu’il s’est passé, j’ai très peur. » Dans l’immeuble où elle vit, avenue Wilson également, des dealers squattent aussi le hall de façon récurrente. La porte d’entrée de la copropriété est cassée, les parties communes dégradées et la situation d’insécurité amplifiée selon la Dionysienne, par un commerce qui ressemble plus à « un squat ». De plus, « il n’y a pas d’électricité dans les parties communes de l’immeuble ».

La locataire a déposé la semaine dernière une deuxième main courante au commissariat. « La police m’a dit qu’ils allaient faire des rondes. » Vendredi 20 novembre, Katy Bontinck, première maire adjointe en charge de l’habitat indigne et du logement, s’est rendue dans l’immeuble de Sandrine. Un rapport a été transmis à l’ARS pour les combles et les déchets dans les parties communes et dans la cour, a indiqué l’élue.

YB.

Réactions

Police nationale incompétente ? incapable de prendre en considération ? machiste ? mal formée ? mal équipée ? encore un exemple malheureux qui la décrédibilise et renforce la défiance...
Les propos de SDC sont contradictoire vis a vis de leurs action dans notre copropriété. Ils ont ajouté un code d'accès a notre seconde porte pour bypasser l ouverture par badge sans demander l'avis des copropriétaire. Ils ont refusé de déclarer et de déposer une plainte pour des dégradations constatées dans le hall d'entrée. Ils ont changé la société de ménage sans en parler aux copropriétaires, ni au CS, Depuis les parties communes sont délabré, le sol est taché et nous avons également des rats.

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