En ville

Made in Joliot, ça démarre !

Samedi 10 mars, le collectif Cochenko et plusieurs élus ont présenté le projet Made in Joliot et l’atelier-container dans une ambiance festive.
Les enfants du quartier Joliot-Curie chantent lors de l'inauguration de Made in Joliot
Les enfants du quartier Joliot-Curie chantent lors de l'inauguration de Made in Joliot


Quand on leur demande si elles vont participer, deux amies acquiescent : « c’est sympathique, ça donne envie d’essayer », et la troisième tergiverse. « Mais si, vient avec nous ! » insistent Madeleine et Sandrine. « Oh, à mon âge… » hésite la retraitée. « Mais on apprend à tout âge Véronique ! »


Les comparses éclatent de rire, et on devine qu’elles fréquenteront ce tout nouveau container rouge livré aux pieds de leur cité. Samedi 10 mars, c’était la fête à Joliot-Curie pour inaugurer la fabrique de co-design du projet Made in Joliot. Made in Joliot ? Comprendre que des productions seront faites à et par Joliot ? Complètement, et surtout pour Joliot.


« L’idée, c’est d’inviter les habitants à venir créer leur propre papier peint, leur propre mobilier pour embellir leur maison, et de conquérir les espaces extérieurs avec des dessins et des potagers » expliquent Juliette Six et Alice Leborgne, qui coordonnent le projet. Membres du collectif de créateurs Cochenko, mandaté par la ville, elles préparent le terrain depuis un an avec le quartier, les associations et les élus.


Tous avaient répondu présent le week-end dernier, jusqu’aux enfants qui ont chanté sur du Nougaro revisité et lu un poème à plusieurs voix, appelé « Ma cité vu par un bébé ». Alignés par la suite à la « queue leu leu » derrière la machine à barbe à papa, ils se sont succédé comme les adultes devant la guitoune à sérigraphie, tenue par Hélène Youloune, pour colorer leur affiche souvenir de l’événement.

L’atelier rue Vachette

« Nous avons une véritable table à l’atelier Cochenko, juste à côté rue Vachette, où l’on pourra percer tous les mystères de la sérigraphie et produire soi-même ses créations » précise-t-elle. À l’intérieur du container, les habitants découvrent de nombreux motifs pré-établis, et une invitation à la création. Ce sera tous les jeudis, quand les mardis seront consacrés au co-design et les mercredis à la fabrique à potagers.


« Les horaires s’adapteront aux habitants, et les activités à leurs besoins et envies » précise Juliette Six. « Ils seront reçus par des professionnels du collectif : architectes, illustrateurs, constructeurs, paysagistes, designers et jardiniers, qui les guideront ». Et les idées fourmillent.


« On va aplanir et purifier les sols, mettre de la bonne terre, récupérer les eaux de pluie, se relayer pour arroser. Il y aura des fleurs et des légumes, même s’il ne faut pas s’attendre à manger la première récolte » projette Juliette. Des blogs par fabrique verront peut-être le jour, des ateliers sur le carrelage ou la peinture aussi, ou encore des fanzines affichés sur les murs du quartier pour raconter le projet aux passants.


« La cité est en réhabilitation pour deux ans. Quand on change de façade, de robinetterie, on a aussi envie de refaire chez soi. C’était le moment pour lancer ce projet convivial, pour échanger les savoir-faire, comme on le faisait entre voisin » argumente le maire Didier Paillard, présent samedi (1).


« Ce projet se donne du temps. C’est atypique. 400 logements sont en travaux, en complémentarité, on va faire germer des idées, mettre les moyens de la qualité et de l’exigence, être inventeur de son confort de vie selon ses goûts et s’approprier l’espace » explique Juliette.

Un jour, qui sait, le Made in Joliot pourrait même se voir commercialiser en dehors du quartier…

Aurélien Soucheyre


(1) Patrick Braouezec, Stéphane Peu, Fabienne Soulas, David Proult, Christophe Girard, Bally Bagayoko, Georges Sali étaient présents.


Réactions de Dionysiens

Saïd Karamani, coordinateur à l’association ASAFI, dont les locaux sont au cœur de la cité : « Une belle initiative, il y va y avoir une continuité, une pérennité avec des acteurs présents tous les jours sur le terrain, c’est un gage de réussite.

Les travaux c’est une préoccupation, une contrariété même si c’est pour une bonne cause. Cette action est complémentaire, elle vise l’individu, qui va embellir son logement, et la collectivité car tout se fera en groupe, ça va favoriser l’échange et l’écoute. On mutualise les idées et les moyens. »


Djamel, de la cité Romain Rolland est venu voir en curieux et apprécie : « c’est simple, amusant et bénéfique, il fallait y penser, pouvoir embellir sa maison à sa sauce avec des pro, ça donne envie de participer, et ça transmet les savoir-faire. »