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JOP 2024
/ Lettre ouverte à M. le Président de Plaine Commune et à M. le Maire de Saint-Denis

Nom ou initiales: 
Jean-Jacques Faure

Monsieur le Président, Monsieur le Maire,

Je considère que le succès populaire des J.O.P. 2024, le développement de la pratique sportive, sont en danger. C’est pourquoi je m’adresse à vous. Je crois en effet que vous devriez vous placer en première ligne pour « redresser la barre » d’une situation liée à la politique gravement préjudiciable du Président de la République. Pour ce faire, il faudrait que vous initiez une démarche de terrain, qui permette que s’expriment les besoins, dans le domaine des activités physiques et sportives pour tous et de chacun dans le territoire et qui pourrait se conclure par un bilan établi à travers la tenue d’Etats Généraux.

Plaine Commune c’est 415 000 habitants et 9 villes. Saint-Denis c’est 115 000 habitants dont 50% ont moins de 30 ans. Sur le territoire le nombre de licenciés et d’associatifs est de 14% environ, contre 23% au plan national.

Il existe seulement 8 piscines et 31 gymnases, contre cinq fois plus en moyenne en France, par tranche de population (1). C’est dire tout à la fois l’inacceptable disparité entre région et la discrimination que subit notre territoire. Cette distorsion est d’autant plus criante, que Plaine Commune va accueillir plus de 30% des épreuves olympiques en 2024. C’est pourquoi à l’héritage des J.O.P. 2024, le mal nommé, promis mais non acquis pour l’heure, devrait se conjuguer un effort exceptionnel de l’Etat en faveur d’un plan de rattrapage en matière d’équipements sportifs et en moyens de fonctionnement. Ce plan a été réclamé en vain déjà en 1998, pour le département du 93. Monsieur le Président de Plaine Commune, vous vous êtes prononcé pour, lors de la dernière réunion de suivi des J.O.P. 2024. Alors utilisons ensemble la tenue des J.O.P. 2024, comme un levier pour obtenir satisfaction.

Vous allez, nous allons nous heurter à la politique du Président de la République. En effet celle-ci se caractérise par : la suppression des 2500 postes d’enseignants (donc des profs d’E.P.S.) ; 1600 postes de conseillers Techniques et sportifs, piliers du  mouvement sportif, donc olympique ; la diminution du budget du ministre de la jeunesse et des sports, budget inférieur à celui du P.S.G., c’est la dislocation du modèle sportif français avec la suppression du Ministère. A l’instar de ce qui s’est passé en Angleterre, les sports rentables seront livrés au marché, le sport de masse aux collectivités territoriales dont l’état baisse, les dotations, alors que celles-ci subventionnent 84% des clubs et associations. Cette politique est largement décriée aujourd’hui en Angleterre. 

En France le mécontentement monte, comme en atteste notamment la lettre ouverte à Macron de 800 champions français ; les initiatives de la F.S.G.T. (Fédération sportive et gymnastique du travail) contre la transformation du sport en marchandise ; celles du S.N.E.P.S. / F.S.U. (Syndicat National de l’Education Physique et du Sport) pour un plan piscine ; celle du Parti Communiste Français et de M.G. Buffet, pour obtenir un budget des sports de 1% du P.I.B.

Pour empêcher que monte le mécontentement Macron « bluffe ». Il annonce un objectif de 80 médailles, alors que les athlètes en préparation olympique, qui n’ont pas de salaire, voient leur prime de performance régresser. Il « bluffe » également en promettant une progression de 3.000.000 de pratiquants après les J.O.P., alors que 2 clubs amateurs par jour, mettent « la clef sous la porte », faute de crédits, de bénévoles ou d’emplois aidés.

Les dirigeants des J.O.P. 2024 et de la S.O.L.I.D.E.O. ne « disent mot » sur la politique de Macron et pour cause ! Les dirigeants des J.O., comme le « président des riches » sont liés à la finance internationale, aux banques, aux assurances, aux sponsors des grandes multinationales, pour que la rentabilité économique des J.O.P. prime sur la logique sportive.

Mais cette loi du marché, dans le sport, comme dans tous les secteurs de notre société (voire la rébellion « gilets jaunes ») tend à détruire le mécanisme de solidarité, sans lequel une société humaine périclite. L’Olympisme est en danger. Des tentatives de création de « super ligues » fleurissent en Football notamment, avec l’objectif de créer des circuits parallèles (donc concurrents) de ceux de Fédérations sportives. Dans le Basket, le Tennis et le Ski, des circuits parallèles sont déjà mis en place. En France, comme dans tous les états du monde, la loi des G.A.F.A.M., économique et politique de fait, s’impose. C’est donc le capitalisme financier qu’il faut remettre en cause. C’est vraisemblablement possible, mais il faudra du courage et du temps.

Pour contrecarrer la politique de Macron, il faut obtenir d’avantage du C.O.J.O., il faut bâtir dans le territoire un nouveau rapport de force, en incitant, en appelant la population à exprimer ses besoins en matière de pratique d’activité physique et sportives.

Les élus de Plaine Commune, les maires, les parlementaires, plutôt que se confiner dans des concertations avec le C.O.J.O. et la S.O.L.I.D.E.O., concertations souvent biaisées, car le seul pouvoir de décider, grâce à la loi olympique au-dessus des lois françaises, leur appartient. Monsieur le Président, Monsieur le Maire vous devriez initier et impulser un mouvement populaire de collecte des besoins, une sorte de « cahiers de doléances », dans chaque établissement scolaire, chaque lieu de pratique des activités physiques et sportives, chaque club et association, en sollicitant les parents d’élèves, les enseignants, les pratiquants, les dirigeants sportifs locaux, les syndicats. Dans chaque quartier de la ville pourraient se créer des « comités pour le succès des J.O.P. 2024 et le développement de la pratique sportive ». 

En prenant conscience de leurs besoins et en les exprimant, la jeunesse, les pratiquants, les licencies sportifs, s’ils sont en nombre, peuvent obtenir le soutien actif de la population dans sa diversité, avec l’espoir de faire reculer Macron dans son entreprise de démolition du sport. 

Aujourd’hui se pose la question du Centre aquatique olympique. A l’initiative de la Métropole du Grand Paris (M.G.P), qui vient de s’adosser aux J.O.P 2024 et la création, de la ZAC du quartier SAULNIER derrière le stade de France, reliée à ce dernier au-dessus de l’autoroute A1 par une passerelle. Une concertation « vite fait » vient de démarrer pour se terminer le 9 janvier 2019. Comme l’a fait remarquer C. GINTRAC, du comité de vigilance, il s’agit d’une nouvelle concertation « bâclée », « sans vision d’ensemble », comme le sera le « forum » envisagé en Janvier 2019.

Pour les installations de deux bassins de 50m et 25m, d’un plongeoir de 10m et d’une tribune de 5000 places, hormis la Fédération Française de Natation, aucune autre partie des futurs utilisateurs n’a été consultée. La suppression de deux bassins en Kit semble être actée sans examen préalable des besoins en natation, des villes voisines, St-Denis, St-Ouen, Aubervilliers, La Courneuve et Paris. Peut-on  parler de Centre aquatique véritable, sans envisager la création d’une fosse de plongée sous-marine de 30m et des équipements  spécifiques pour les handicapés physiques et mentaux, adossés et ouverts aux bassins en dur, comme à St-Quentin , à Dijon ou à St-Brieux ?

Enfin peut-on décider l’aménagement de l’espace aquatique sans statuer sur le devenir du stade de France propriété de l’état jusqu’en 2025 ? Une hypothèse envisage, la possibilité qu’il soit vendu à Vinci. Outre le fait qu’il apparait inacceptable que cet élément du patrimoine national soit cédé au privé, il est indispensable que l’Etat, M.G.P, Paris et Plaine Commune, statuent dans l’urgence sur ce point. Le Grand stade, le Centre Aquatique Olympique amélioré, les espaces mitoyens de la ZAC Saulnier doivent rester propreté de l’Etat, du M.G.P, de Paris et de Plaine Commune. Autrement nous allons subir une opération du type de celles déjà réalisés à Lyon, Nice, Lille, Bordeaux autour de stade de football, opérations menées sous la férule des fonds d’investissement. La grande Agence K.P.M.G vient de déclarer « le marché du sport est très peu mature et structuré pour l’heure, mais il a un potentiel énorme »

La passerelle sur laquelle insiste tant le Directeur Général de la M.G.P, ne doit pas servir à l’extension commerciale d’un Vinci et d’autres actionnaires, nouveaux propriétaires éventuels du Stade de France.

C’est pourquoi il faut que la concertation engagée par M.G.P et qui doit se terminer le 9 janvier 2019, soit prolongée, pour permettre une enquête complémentaire suivant les paramètres ci-dessus indiqués, enquête d’intérêt public. 

M. le Président de Plaine Commune qui plus est Président du conseil de surveillance de M.G.P, Mr le Maire de Saint-Denis, vous avez les compétences et pouvoirs nécessaires pour exiger cette enquête. Il lui va du succès populaire des J.O.P 2024 et du développement de la pratique sportive dans le territoire, deux faces indissociables d’une même médaille sportive et culturelle.

Les prochaines J.O.P de 2024 doivent être ou un spectacle planétaire extraordinaire, une fête du sport, de tous les sports petits et grands, liés par une nécessaire solidarité, une fête des d’activités physiques et sportives qui permettent à chacun, de se dépasser, de s’entretenir, de garder équilibre, santé et de mieux contribuer à une société de partage. Le J.O.P 2024 doivent être une fête de la jeunesse du monde, celle d’ici et d’ailleurs, qui s’enthousiasmera en communiant dans la même ferveur. Les J.O.P 2024 doivent également encourir à la paix. Par « les temps qui courent » il n’est pas inutile de souligner cet aspect.

Répétons-le, les activités physiques et sportives constituent un élément fondamental de l’enseignement et de l’éducation, une composante de la culture.

Dans l’espoir de votre compréhension, avec mes remerciements, veuillez agréer Messieurs l’expression de mes salutations distinguées.

(1) Statistiques 2016, 

Extraits des informations 

du C.D.E.S de Limoges

JOP 2024

Réactions

La ville de VITTEL dans les Vosges 5213 habitants. Elle possède deux bassins olympiques de natation de cinquante mètres, construits avec des aides de l’État. Soit un bassin olympique pour 2500 vitellois. Le département de la Seine-Saint-Denis 1,6 million d'habitants. Un seul bassin olympique le stade nautique Maurice Thorez à Montreuil (fermé la plupart du temps pour travaux). En Seine-Saint-Denis on est vraiment des citoyens de seconde zone.

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