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/ Les violences s’envolent, les cris restent

Le Soixante Adada accueillera le 23novembre l’exposition Cris de Femmes proposée par la photographe Anna Rouker et la plasticienne Hélène Cohen Solal. Cet événement participatif veut sensibiliser le public au fléau des violences faites aux femmes.
L’exposition Cris de femmes invite les habitants à se saisir de la question des violences faites aux femmes. © Anna Rouker
L’exposition Cris de femmes invite les habitants à se saisir de la question des violences faites aux femmes. © Anna Rouker

« Nous ne voulons pas revendiquer pour écraser, mais pour élever les consciences », précise la photographe Anna Rouker. Sa nouvelle exposition Cris de femmes fait suite à Stature de femmes présentée en 2018 à l’hôtel de ville de Saint-Denis. Du 23 au 29 novembre prochain, le Soixante Adada sera le lieu de rencontre entre artistes, habitants et jeune public autour de la question des violences faites aux femmes et de ce cri intérieur qui a parfois du mal à jaillir et à trouver un écho.

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Toute la semaine, des ateliers seront menés dans la galerie avec des classes des écoles primaires Jules-Vallès, Roseraie-Chambrun, Jules-Guesde, la Maison des seniors, une classe de BTS du lycée Paul-Éluard et une autre de la Maison d’éducation de la Légion d’honneur, ainsi que des groupes d’adultes en apprentissage du français.
 

« La violence concerne toute la société »

Ces sessions de créations encadrées par Anna Rouker et Hélène Cohen Solal - pour la partie art plastique - construiront cette exposition expérimentale et participative. Des prises de vue des élèves ont également été réalisées en amont dans les médiathèques pour préparer l’exposition.

« La violence concerne toute la société. Mais on peut dire que cette exposition s’adresse avant tout aux plus jeunes, car il faut commencer le travail très tôt, confie Anna Rouker. D’ailleurs les professeurs des écoles nous remercient de les avoir invités à participer à cette initiative, car nous leur offrons une entrée pour aborder ces questions difficiles avec leurs élèves ».

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Samedi 23 novembre, lors de la soirée de vernissage, une performance de la comédienne Catherine Froment inaugurera Cris de femmes. Et à partir de dimanche, chaque après-midi (de 14h à 21h30) sera consacré à la visite de l’exposition et à des ateliers animés par Anna et Hélène. « L’idée est de permettre à chacun et chacune de se saisir du cri sous sa forme photographique, associé au son et à son graphisme pour déboucher sur une création plastique individuelle et une production sonore collective. »

Mais pour faciliter le dialogue et privilégier les échanges, la photographe dionysienne et son acolyte plasticienne ont organisé des temps forts plusieurs soirs dans la semaine.

Mardi 26 novembre, le groupe des pleureuses de la Larme Quantique réalisera une performance avant un débat avec Marie Leroy chargée de mission droits des femmes à la Ville qui interviendra pour partager son expérience et son parcours personnel. Mercredi 27 novembre, Sonia Gomar et Stéphanie Zitoune-Isidor proposeront quelques lectures.
 

 

« Questionner la notion de consentement »

Jeudi 28 novembre, l’ensemble LADO interprétera des chants polyphoniques russes et ukrainiens. La chorale a été fondée en 2002 à la faculté d’études slaves de l’université Sorbonne-Paris 4 par Olga Velitchkina, musicienne, ethnomusicologue et cheffe de chœur. Enfin, pour la soirée de clôture qui se tiendra le vendredi 29 novembre, l’Adada recevra dans sa galerie Karine Vernière, directrice du centre de détention de Caen. Elle animera le débat qui se veut sans tabou et ouvert à tous : « Ce que le droit dit des agressions sexuelles, du viol, du harcèlement et du consentement. »

Vaste sujet que Karine Vernière introduit ainsi : « Il s’agit, en cette époque troublée où tout le monde parle de Me too, de culture du viol, de “vrai viol” ou de “pas tout à fait viol”, de rappeler les vrais éléments juridiques qui basent les infractions sexuelles, dont ledit viol, mais aussi les agressions sexuelles et le harcèlement. Sur cette base, nous serons amenés à questionner la notion de consentement et toute la complexité que cette notion convoque. »

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La directrice de la prison de Caen y voit là un outil essentiel pour reconnaître aux femmes violentées leur statut de victime : « Ne pas connaître la Loi dans un domaine aussi sensible et universel que la sexualité contribue à ce que des victimes souffrent en silence et soient niées en tant que victimes et à ce que des auteurs continuent à produire des victimes. »

Le témoignage bouleversant de l’actrice Adèle Haenel, les provocations imbéciles du philosophe Alain Finkielkraut au sujet du viol, les 136 féminicides recensés depuis le début de l’année, les défaillances dans la protection des victimes des violences conjugales font des violences faites aux femmes un fléau qu’il est urgent de combattre, dans la rue comme dans les galeries d’art contemporain.

 

Maxime Longuet

Adada au 60, rue Gabriel Péri. Entrée gratuite.

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