Côté commerce

Champignons Trapletti
/ Les spores, ça entretient

Michel et Lucien.
Michel et Lucien.

 

Michel, 82 ans, et Lucien, 72 printemps, sont tous les vendredis et dimanches dans la halle du marché central. Ils y vendent les champignons – de Paris, pleurotes et shiitaké – de leur « patron », Bruno Trapletti. Le producteur les bichonne dans d’anciennes carrières de pierre sous la forêt de L’Isle-Adam, comme avant lui son père et son grand-père dès les années 1940.

Une activité prenante, au point de ne pas avoir une minute à consacrer à la tenue de son stand dionysien. Il cultive aussi les herbes fraîches, sauge, menthe, ciboulette… Pour le reste, citrons, ails, oignons, betteraves, endives, kiwis… il se fournit à Rungis, tant que faire se peut auprès de producteurs français.

« Ici, on a redécouvert les champignons de Paris. Ils ont du goût, pas comme ceux de Pologne », témoigne l’une des nombreuses clientes. « Vous voyez, on ne chôme pas », relève Michel. Quand on lui demande pourquoi il travaille encore à son âge respectable, il répond : « Je ne peux pas rester sans rien faire. Tant que je peux… Et ça entretient. »

Pour Lucien : « Si on s’arrête, on meurt. Et j’aime le contact », dit cet ancien affineur de fromages, qui travaille depuis qu’il a 13 ans et ne s’en plaint pas : « Comme ça, avec ma femme, on peut se faire des petits plaisirs comme découvrir la France. » Michel, lui, est entré dans la vie active à 14 ans, « voire avant, vu que je travaillais aux champs avec mes parents dans la Somme », et a été aide-soignant de nuit pendant 35 ans. « À ma retraite, j’ai fait les marchés. » Et si les champignons étaient le secret de leur (dynamique) longévité ?

 Les vendredis et dimanches sous la halle du marché du centre-ville.