En ville

Les seniors veulent dire leur mot

Depuis trois ans qu’existe le comité consultatif, ses participants ont à cœur de s’impliquer dans la vie des quartiers, mais regrettent de ne pas souvent y être invités. Jeudi 12 mars, ils se réunissaient autour de la question des déplacements… Et de la communication.

Ce n’est pas un conseil des anciens inspiré des traditions africaines. Personne ici ne prétend interférer sur les grandes décisions intéressant la collectivité. Avoir son mot à dire, c’est tout qu’ils ambitionnent comme ils l’ont répété, le jeudi 12 mars, lors de la dernière réunion plénière du comité consultatif des personnes retraitées et âgées qu’ils constituent depuis trois ans exactement. Cette instance était en effet installée par la ville le 31 mars 2006. Ils sont une dizaine autour de la table, aux côtés de l’élue et des membres de sa direction des retraités et personnes âgées, qu’ils rencontrent ainsi en mairie tous les trois mois.

«Les conseils de quartiers qui sont des structures de proximité»

Avant de passer à l’ordre du jour, sur les transports et la communication, invitation leur est faite par l’adjointe au maire, Jaklin Pavilla, de rejoindre « les conseils de quartiers qui sont des structures de proximité où on peut avoir un vrai dialogue ». Elle est appuyée par Rosy Pena, directrice du service des retraités, qui salue leur parfaite connaissance de la vie des quartiers. Justement. À Floréal, « beaucoup de choses ont été faites pour les jeunes, mais pour les seniors, il n’y a pas grand-chose », se plaint Colette. Mais comment les faire exister dans le quartier ? « Ils font leurs courses, rentrent chez eux. Et on ne les voit plus. » Et le découpage des démarches-quartiers « ne facilite pas la communication. Je suis dans un quartier pavillonnaire où les gens sont complètement largués. »

« Les retraités, on est un peu les oubliés »

Anne le constate elle aussi du côté de la place Clovis-Hugues, où elle côtoie des retraités reclus dans leur pavillon, qui vivotent avec leur petite pension. « On n’a rien chez nous, pas de locaux où se réunir, pas de transport. Rien. Et ils ne voient jamais un élu dans le quartier. » « Les retraités, on est un peu les oubliés », déplore Claude, qui s’investit pourtant dans un conseil de quartier. « On a l’impression de ne pas servir à grand-chose », venait de déclarer Monique, un peu fâchée elle aussi contre les élus. « Quand il y a des grands projets comme celui de la gare, en tant que comité, on devrait être averti, pour qu’il soit au moins adapté aux personnes âgées et handicapées. » Mohamed interpelle l’assemblée sur « les seniors maghrébins isolés dans leur foyer. Ils sont là, ils ne rentrent pas au pays. À part la salle de prières dans les foyers, rien ne les touche. Les jours de marché, vous les voyez sur les bancs, ils ne savent pas où aller ». « Il faut aller vers ces gens, sinon ils ne viendront pas », approuve Bernadette. Des espaces de rencontres, « autour d’un thé » à la maison de quartier Floréal, comme le suggère Colette, ou dans un local aujourd’hui fermé de la cité Fabien, repéré par Mohamed : tous, dont l’élue, en reconnaissent la nécessité.

« Je ne prends plus le bus à cause des marches »

On s’accorde aussi à juger cruciale la question des déplacements, « pour continuer à vivre avec les autres », ainsi que le souligne Rosy Pena. Mais pour Anne, « aller en bus à Saint-Denis, avec des attentes de 50 minutes, c’est une expédition ». « Je ne prends plus le bus à cause des marches », dit Bernadette. Dans ce comité, où ils refusent toute participation des professionnels – « ils considèrent, quand il y en a, qu’ils n’ont pas toujours la parole », explique Rosy Pena – c’est un militant associatif, lui aussi retraité, Jean-Pierre Lerosey, qu’ils avaient invité à venir s’exprimer sur les transports. Ce responsable de l’Association des usagers des transports de Plaine commune allait notamment leur présenter le futur tramway jusqu’à Sarcelles. Quant au projet de desserte entre quartiers après la disparition de Mobilicité, service jugé trop cher que proposait une association, « on a plutôt l’idée d’une navette à la demande, leur a précisé Jaklin Pavilla. Mais la question du coût reste importante ».
Marylène Lenfant

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