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Conseil municipal
/ Les prescriptions des élus pour le Contrat local de santé

Après un début de séance perturbé par un groupe d’habitants de Franc-Moisin en désaccord avec le projet de rénovation urbaine du quartier, le conseil municipal a notamment débattu du Contrat local de santé (2019-2022).
Elisabeth Belin (maj.FDG) maire adjointe à la santé a présenté le CLS 2019-2022
Elisabeth Belin (maj.FDG) maire adjointe à la santé a présenté le CLS 2019-2022

Mis sur pied pour la première fois en 2011, le Contrat local de santé (CLS) – qui lie la Ville, l’Agence régionale de santé (ARS), la préfecture de Seine-Saint-Denis et depuis 2015 (2e contrat) également la Caisse primaire d’assurance maladie, le conseil départemental et le centre hospitalier Delafontaine – a été adopté pour la période 2019-2022, le jeudi 3 octobre. Une adoption à l’unanimité, moins l’abstention de Philippe Caro (opp.FDG-non inscrit), qui a néanmoins suscité de riches échanges autour d’un document cadre qui se donne pour principal objectif, à travers 22 fiches action, la réduction des inégalités de santé et l’inscription de la santé dans toutes les politiques publiques.

Après avoir rappelé le contexte de casse du système de santé par les gouvernements successifs, Vincent Huet (maj.REVE-Insoumis) pointe, parmi les faiblesses du CLS, la nécessité de pérenniser les expérimentations qui fonctionnent et celle d’associer les services de santé à la lutte contre l’insalubrité. L’adjoint à l’enseignement supérieur appelle aussi de ses vœux une politique plus volontariste pour soutenir l’implantation des médecins de ville. Cécile Ranguin (maj.EELV) se félicite de la mobilisation en matière de santé environnementale et incite à poursuivre l’effort en matière de prévention. Pour Philippe Caro (opp.FDG-non inscrit), le problème du CLS est ce qu’il ne contient pas. Le conseiller regrette que rien ne soit dit au sujet de la catastrophe sanitaire qui se joue avenue Wilson autour des migrants. Corentin Duprey (opp.PS) relève lui trois insuffisances : le manque d’ambition pour les personnes âgées, l’absence de politique spécifique pour les élèves, et l’absence de Saint-Denis dans la Zone à faible émission qui va à rebours des objectifs du CLS en matière de santé environnementale. Kola Abela (opp.SE) fait le constat qu’en dépit des attentes la situation sanitaire de la ville ne s’est pas améliorée depuis la signature du premier contrat en 2011.

Dans sa réponse aux différentes interventions, Elisabeth Belin (maj.FDG) rappelle que le CLS n’est pas un document programmatique mais une démarche. À ce titre beaucoup de projets concernant les personnes âgées notamment ne figurent pas dans le document. Au sujet de la médecine de ville, la maire adjointe à la santé réaffirme que la municipalité ne souhaite pas entrer dans une surenchère avec les autres collectivités. Élisabeth Belin souligne aussi que les centres municipaux de santé accueillent tout le monde sans condition, y compris les migrants. En conclusion, Laurent Russier (maj.FDG) se félicite que la Ville soit reconnue comme un acteur essentiel dans le combat contre les inégalités dans l’accès aux soins et la prévention. Le maire reconnaît cependant qu’il faut aller plus loin, en particulier sur la question de la santé environnementale.

LIRE AUSSI : Un pas de plus pour le franchissement urbain Pleyel
 

Convention cadre entre les co-financeurs du Franchissement urbain Pleyel

Autre gros morceau du conseil municipal de jeudi 3 octobre, la question du financement du Franchissement urbain Pleyel. Cet ouvrage de 300 m de long, qui reliera la future gare du Grand Paris express côté Pleyel à la gare du RER D côté Plaine, par-dessus les voies ferrées du réseau nord parisien, doit être livré en deux temps. La traversée piétonne en 2024, complétée de la desserte routière en 2026. Actuellement en enquête publique jusqu’au 25 octobre, l’infrastructure se heurte à un dernier problème : son financement. Le tour de table financier (L’État, la Société du Grand Paris, Plaine Commune, la Métropole du Grand Paris, le Département et la Ville de Saint-Denis abondent) de cet ouvrage estimé à 222 millions € n’est pas complètement bouclé. Manque encore 56 millions €.

De quoi susciter l’agacement de Bertrand Godefroy (maj.PSG) qui se surprend qu’on soumette au vote du conseil une convention financière qui n’est pas bouclée. Alors que le conseiller délégué à la modernisation du service public considère ce projet comme majeur et d’ampleur nationale, il regrette qu’un financeur local comme Plaine Commune contribue presque autant que l’État. Pour l’élu, le projet n’est pas financé en l’état actuel parce que les partenaires ne prennent pas les engagements qui devraient leur incomber à commencer par la Région. Et Bertrand Godefroy d’interroger : que fait-on si le financement n’est pas bouclé ? Renoncera-t-on au projet ? Se tournera-t-on vers le maître d’ouvrage, Plaine Commune ? Et d’ajouter, qui va financer les inévitables dépassements ? Pour Bertrand Godefroy, cette convention fait prendre des risques importants au territoire et à la ville, en conséquence de quoi le groupe PSG vote contre. Corentin Duprey (opp.PS), lui, se veut enthousiaste face à un projet qui va transformer la ville et la vie quotidienne des habitants des deux quartiers concernés et avoir des conséquences bénéfiques pour tous les usagers de la Ligne 13. L’élu d’opposition souhaite néanmoins pouvoir encore faire évoluer le projet favorablement en affirmant la volonté de faire s’arrêter la ligne H à la gare de la Plaine et en réservant le futur plateau routier aux bus.

 

Sonia Pignot (maj.REVE-Insoumis) pose elle la question de l’accompagnement de cette mutation urbaine en même temps que celle de la commercialité du futur pont habité. L’adjointe à la culture avertit : on ne peut pas tout accepter en matière de commercialisation notamment culturelle. Si Patrick Vassallo (maj.REVE-Insoumis) se réjouit d’un projet innovant qui devrait favoriser l’émergence d’un vrai morceau de ville, il considère aussi que l’ancrage dans le quartier reste à compléter. L’adjoint au développement économique prévient que la densification justifiée par la charge foncière ne sera entendable que si l’ensemble apporte un vrai plus aux habitants et aux salariés. Étienne Pénissat (maj.REVE-Insoumis) considère, lui, que ce projet revient à faire fumer un paquet de clopes par jour à une personne atteinte d’un cancer des poumons, filant la métaphore de la pollution. Pour le conseiller municipal, il faudrait enterrer tout le réseau routier.

Pour Kader Chibane (maj.EELV), il s’agit d’un projet plus qu’utile, nécessaire. Le maire adjoint à la coopération décentralisée considère que la clé de voûte de ce programme qui bénéficiera à tous les habitants d’Île-de-France doit être la Région pour le moment absente du tour de table. David Proult (maj.FDG) partage l’enthousiasme des uns et des autres pour cet objet qui va transformer la vie de nombreux Dionysiens et transformer la ville. Et le maire adjoint à l’urbanisme de rappeler qu’au début n’était prévue qu’une simple passerelle et que le projet final est dû à l’opiniâtreté des élus. David Proult constate cependant également que les partenaires ne sont pas à la hauteur. Mais pour l’élu, la signature de cette convention est un acte dans la confrontation et elle sécurise les financements. Le tour de table doit être bouclé en juin 2020, quant aux dépassements ils feront l’objet d’une autre discussion, assure David Proult. Et Patrick Braouezec (maj.FDG) d’ajouter sur le fond du projet que la réflexion sur la place de la voiture dans ce franchissement doit avoir lieu. S’il est possible de réduire au bus le franchissement routier, on le fera. Et le président de Plaine Commune de conclure qu’il est hors de question que le bloc communal remette à la poche. En 2024 ne restera plus qu’un tiers de l’ouvrage à construire, rappelle Patrick Braouezec, qui n’imagine pas un instant qu’on laisse un pont en l’état après les JOP 2024.

À noter qu’une partie du groupe REVE-Insoumis a voté contre pendant que l’autre s’est abstenue.

 

Réactions

Bonjour. Je ne comprends pas la situation de la majorité municipale actuelle. Il n'y a qu'à Saint Denis ou le maire ne retire pas les délégations à son adjoint qui se présente contre lui. Ils font comme si de rien était. Cette situation est totalement ridicule. Pour l'un et pour l'autre. D'ailleurs j'ai senti Laurent Russier extrêmement tendu notamment sur la réflexion sur Mme Abela et sur l'intervention des habitants de Francs-Moisins. Après il ne faut pas s'étonner que les bizarreries comme Alexendre Benalla avec peu de connaissances sur la ville puisse tenter une candidature. Ils se disent que tout est possible avec de telles comportements au conseil municipal. La ville est prenable. Il ne manque plus que le Rassemblement National est la boucle est bouclée.... Concernant le franchissement, annoncé avec morgue par Patrick Braouezec il y a qques années, on se rends compte que le financement n'est pas bouclé et comme le PSG l'a bien souligné, des travaux de cette ampleur ont forcement des délais et donc des surcoûts (Cf, les prolongements de la ligne 12 et 14).
Bonjour @ Azzedine - cet adjoint ne fait pas que se présenter contre le maire sortant ... dans toutes les réunions qu'il organise, il tire à boulets rouges sur l'action de la majorité municipale ... dont il est partie prenante ! Maintenant de savoir si c'est à Russier de lui retirer ses délégations ou si c'est à cet adjoint de démissionner ...
Le lien ci dessous permettra peut être la rancune qu'il a contre le PCF local et toutes les couleuvres qu'il a du avaler comme les cantonales perdues en 2015 (largement composé par une belle hausse de salaire) et l’élection en comité restreint de Laurent Russier sans consultation de Bally Bagayoko. https://fr.calameo.com/read/004113825b1a52955cb2a?fbclid=IwAR287TG8dz5seMtHpJC8G-mcNExGhwgTp4TMM4jL25QH3aIBmo-_dhM0I_0 60 pages d'auto congratulations, c'est long.
Bonjour. Situation normale à Saint Ouen. L'adjoint aux sports (et 5 autres élus) ont rendu leur délégation parce qu'ils n'étaient pas d'accord avec le maire (qui a précipité sa candidature). Ce qui est logique à Saint Ouen ne l'est pas à Saint Denis. Cela sent l'entourloupe électorale à plein nez (style rassemblement de dernière minute...) comme à l'entre deux tours en 2014. L'un des deux (ou Laurent Russier ou Bally Bagayoko) ne joue pas franc jeu avec les habitants.
Le résultat de l'absence de prise en compte de la catastrophe sanitaire sur l'avenue Wilson dans le Contrat local de santé, je l'ai encore vue ce soir lors du repas de Solidarité migrants Wilson : un monsieur s'est gravement brûlé à la jambe. Il sortait aujourd'hui de l'hôpital Saint-Louis (dans le 10è), hosto spécialisé dans les grands brûlés. Il a fait le trajet jusqu'au campement en transport en commun. Il a mangé ce soir parce que les bénévoles de SMW apportaient un repas, sinon il ne mangeait pas. Cette nuit il va dormir dans une tente, au milieu des rats. Demain matin il doit retourner à Saint-Louis refaire son pansement, en transports en commun… Finalement c'est un bénévole de SMW qui s'est proposé pour l'emmener en voiture. Ce soir j'ai aussi vu les pompiers venir pour secourir un réfugié qui a fait un malaise. Il a été emmené en urgence à Delafontaine… Ce soir aussi il y avait une personne qui a un RdV chez l'ophtalmo et doit acheter des gouttes pour ses yeux avant ; mais qui n'avait pas la vingtaine d'euros pour ça ! Ce soir j'ai aussi revu le papa et ses deux enfants de 8/9 ans que j'avais vu la semaine dernière et dont j'ai parlé dans mon intervention au conseil municipal de jeudi dernier. Ce soir comme mardi dernier, ils venaient manger le repas chaud de SMW avant d'aller dormir dans une tente… À part ça (et bien d'autres choses encore) tout va suffisamment bien pour que la mairie ignore totalement le problème dans le CLS et ne fasse aucune demande à l'État, qui en est un des partenaires ? Mon intervention complète sur le sujet au conseil municipal de jeudi est disponible ici : https://youtu.be/J8UzvDXqJtY

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