Sports

Les pongistes enchantés par les JO

Samia, Bilal et Sabrina, avec l’association Ping Attitude, ont passé une semaine en Chine, tout comme Emmanuel Lebesson et Jean-Claude Molet du club de tennis de table. Ils racontent.

Pour eux, ce n’était pas vraiment une découverte. Jean-Claude Molet, vice-président du Saint-Denis US et du club de tennis de table, également trésorier de la Fédération française de tennis de table, en est à sa troisième visite en Chine. En 1995 et 2005, c’était pour les championnats du monde, et cette fois pour les JO. Emmanuel Lebesson, 20 ans, espoir local et national (il est 137e joueur mondial au début juillet), a fait le voyage une première fois il y a six mois. « Pour la finale du Pro tour des moins de 21 ans. » Qui s’est disputée à Pékin, déjà dans la salle des Jeux Olympiques. « Laquelle avec ses “seulement” 8000 places a fait le plein en permanence », explique Jean-Claude, qui, tout en sachant que le ping est comme le foot en France un sport très populaire, ne cache pas sa surprise d’avoir découvert « jusque sur les quais et dans les rames du métro, des écrans de télévision diffusant en permanence les rencontres ». « Les Jeux démesurent totalement une ville, raconte Emmanuel. Pékin a changé, tout a été refait à neuf. »
D’autres Dionysiens étaient du voyage au pays des Jeux 2008. Avec les yeux grands ouverts de la découverte. Samia, 10 ans, qui entre cette semaine en CM2 à l’école Roger-Sémat, Bilal, 11 ans, qui entre en 6e au collège Fabien, et Sabrina Lamboux, leur accompagnatrice. « Nous avons passé une semaine de folie, dit-elle. Vivre en direct les compétitions procure des moments extraordinaires. Rien de comparable avec ce que l’on peut voir à la télévision. » Tous les trois sont encore unanimes pour dire « que tous les stades étaient beaux, grands, modernes ». Avec une médaille spéciale pour le Nid d’Oiseau, le grand stade olympique, « là où brûlait la flamme ».
« Nous avons aussi fait des visites, dans la Cité interdite et sur la Grande muraille, dit Bilal. Ça aussi c’était formidable. En regardant au loin, sur la Grande muraille, on avait l’impression qu’elle était infinie. » « Ce que j’ai noté, aussi, ajoute Jean-Claude, c’est l’ouverture des jeunes Chinois. Comme la jeunesse d’Europe, ils aiment faire la fête et ils la font. Leur plaisir à suivre les JO et les festivités n’était pas de façade, et en même temps, beaucoup d’entre eux allaient spontanément au devant des étrangers pour les aider, les guider, notamment pour dialoguer avec les chauffeurs de taxis, qui pour la plupart ne parlent ni anglais ni aucune autre langue européenne. »
« Quelle chance d’avoir passé tous ces jours au cœur de la plus grande fête sportive au monde. Pas seulement concentrés sur notre discipline, mais sur d’autres sports, avec des athlètes qui tous donnaient le maximum de leurs possibilités du moment », ajoute Emmanuel. Et pour lui, Pékin, où il était en spectateur, préfigurait Londres 2012, pour lequel il espère bien être sélectionné officiellement dans l’équipe de France. Tout comme Abdel-Kader Salifou, d’Issy-les-Moulineaux, mais là dans le groupe dionysien, et suivi de près lui aussi par Michel Gadal, le directeur technique national. « Cela nous a beaucoup appris, confie Emmanuel. On a l’habitude de jouer ces garçons dans différents tournois, mais aux JO, on a vu la pression qui existe sur les joueurs qui doivent être encore plus concentrés sur leur jeu. » Et c’est bien ce que voulait Jean-Philippe Gatien, le fondateur de Ping Attitude : qu’en 2012, les athlètes ne débarquent pas sur une terre trop inconnue. Parole de sage. Et il n’a pas échappé non plus à la délégation, hébergée dans une école de formation au tennis de table, qu’une photo du champion français est accrochée sur les murs parmi d’autres célébrités de la petite balle blanche, une vedette au pays du ping.
« Maintenant, le compte a rebours est lancé, reconnaît simplement Emmanuel. C’est un super challenge, pour lequel il faudra beaucoup travailler, mais c’est honnêtement réalisable. » Samia, qui va entamer sa troisième saison au club, se voit bien aussi assister aux jeux de Londres. Et Bilal a accroché « bien en vue » sur le mur de sa chambre, le joli chapeau qu’il a ramené de Chine.
Gérald Rossi

Photos Sabrina Lamboux et DR