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Paris 2024
/ Les Jeux entre deux eaux

Dans quatre ans presque jour pour jour (le 8 septembre 2024) les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de Paris baisseront définitivement le rideau. Alors que le Comité d’organisation s’apprête encore à modifier la carte des sites, au détriment sans doute de Saint-Denis et du 93, où en est-on des grands chantiers olympiques dionysiens ?
Première vue officielle de la partie dionysienne du village olympique (Universeine, construit par Vinci). © Vinci Immobilidation-Kreaction
Première vue officielle de la partie dionysienne du village olympique (Universeine, construit par Vinci). © Vinci Immobilidation-Kreaction

Un nouveau pavé jeté dans la piscine olympique. Dans son édition du dimanche 6 septembre, le journal L’Équipe dévoilait une version sensiblement modifiée de la carte des sites olympiques de Paris 2024. Parmi les pistes évoquées par le quotidien sportif, celle du déménagement des épreuves de natation (et de la finale de water-polo) de Saint-Denis vers la Défense Arena (Nanterre). C’en serait donc fini du stade aquatique olympique provisoire et couvert de 15000 places sur le site de la Plaine Saulnier, face au Stade de France ? 

Si Michel Cadot, le nouveau délégué interministériel aux JOP, et le Comité d’organisation Paris 2024 passent bien en revue l’ensemble du programme olympique depuis le début de l’été dans le but de dégager 400 millions € d’économie sur les 3,8 milliards € du budget d’organisation (1), la messe n’est pas encore dite.

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Mais d’ici au conseil d’administration de Paris 2024 fin septembre, les négociations vont aller bon train. Ne plus accueillir les épreuves de natation – l’autre gros morceau du programme olympique avec l’athlétisme (Stade de France) – à Saint-Denis serait une vraie désillusion en forme de nouveau renoncement, après avoir déjà sérieusement revu à la baisse, en juin2018, l’ambition concernant la piscine olympique et le site de la Plaine Saulnier. Le Centre aquatique olympique que va construire Bouygues (coût estimé 174 millions € en incluant la passerelle au-dessus de l’A1) n’accueillerait plus dès lors que les phases de groupe des tournois de water-polo, et les épreuves de plongeon et de natation synchronisée.

Plaine Saulnier en cours de démolition

Qu’à cela ne tienne, sur l’ancien site du centre de recherche d’Engie (Plaine Saulnier), contrairement aux apparences, les travaux de déconstruction, confiés à l’entreprise Cardem, avancent. Débuté le 3 mars, ils n’ont pas trop été perturbés par la situation sanitaire et devraient s’achever début octobre comme prévu. La dépollution des sols pourra alors démarrer (le désamiantage est déjà cours) en vue d’une livraison du terrain à Bouygues en avril 2021. Les travaux de construction du Centre aquatique olympique doivent démarrer en août 2021 au plus tard, pour une mise à disposition de l’installation en avril 2024. Un calendrier sans marge de manœuvre donc, mais plutôt bien respecté pour le moment. Pour ce qui est de l’aménagement définitif de la ZAC Saulnier, dont la livraison définitive est programmée pour 2030 voire 2032, la Métropole du Grand Paris, qui en a la responsabilité, assure que son dessin et sa conception peuvent être susceptibles d’être encore adaptés.

Universeine, permis de construire déposé

C’est moins le cas concernant le village olympique, dont les contours définitifs sont désormais connus. En juillet, le permis de construire d’Universeine (Vinci) – la partie dionysienne du village olympique – a été déposé. Derrière les hautes palissades de chantier, de part et d’autre de la Halle Maxwell qui accueillera après les Jeux des activités ouvertes sur la ville, les ouvriers s’activent. Pose de réseaux et terrassement (prolongement des rues Volta, Frères-Lumière et allée de Seine) sont au menu de cette rentrée pour pouvoir attaquer comme prévu la construction des bâtiments début 2021. Des immeubles dont la destination post-olympique n’est pas encore complètement arrêtée, si l’on en croit Adrien Delacroix, adjoint au maire à l’urbanisme : « On travaille encore à la programmation. Nous arrivons avec de nouvelles exigences et quelques réserves et demandons donc certaines petites évolutions. »

Les parts de logement social (40 % affichés par la précédente majorité) et d’accession sociale à la propriété seraient notamment en balance. Pourtant, les habitants sont eux invités à se prononcer par voie électronique (2) sur le projet en l’état. Une façon de faire qui ne sied guère au Comité de vigilance JO 2024 : « On a une impression de tâtonnement sur le projet Paris 2024 et, dans le même temps, nous sommes inondés d’enquêtes publiques, regrette Cécile Gintrac, une de ses représentantes. On fait le constat de changements d’orientations permanents sans concertation préalable.

Les orientations principales ne sont jamais débattues. Par ailleurs, nous aimerions savoir comment se positionne la nouvelle équipe municipale sur certains dossiers, en particulier celui de l’échangeur Pleyel actuellement suspendu suite à un recours d’habitants. »

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Les Dionysiens se sont pressés autour des maquettes du village olympique et du Centre aquatique olympique exposées au Forum des associations sportives samedi 5 septembre. Pour Françoise, Michèle et Évelyne, trois Dionysiennes de longue date qui trouvent que « les bâtiments du village olympique font un peu cage à poule », la question est de savoir si « le rêve olympique ne se transformera pas en cauchemar ».

« Après 2024, ça va devenir quoi tout ça ? interroge un autre badaud. Parce que dans certains pays il y a eu des scandales. » Un autre curieux de lui répondre : « Oui mais là, la piscine olympique, nous allons nous y baigner. » Karima, de Franc-Moisin, attend, elle, « encore plus des JO que de la Coupe du monde en 1998 qui avait bien désenclavé la cité. Il faut que ça apporte des emplois ».

Des emplois et des infrastructures adaptées au tableau des médailles, tel est le message envoyé par les Dionysiens à quatre ans de leurs Jeux. Les promesses peuvent encore être tenues.

Yann Lalande

(1) Le budget d’organisation, entièrement abondé par des fonds privés (billetterie, merchandising, contribution CIO, partenaires), pourrait se ressentir de la conjoncture économique dégradée et devrait connaître des surcoûts en raison de la situation sanitaire.

(2) Participation du public par voie électronique jusqu’au 18 septembre. Depuis le 24 juillet, le public est invité à donner son avis le projet de ZAC du village olympique : ppve-vop-pa.contribuez.net La Solideo répondra aux contributions déposées pendant la procédure.

Réactions

Les JO sont gabegies depuis toujours... le Brésil et la Grèce en paie encore le prix. Il n'y avait que Patrick Braouezec, Anne Hidalgo et ses soutiens pour se satisfaire des JO. Ils engagent des deniers publiques alors l'urgence est ailleurs et connu depuis longtemps... Mais en tant que bétonneurs en chef, ils ne pouvaient que vouloir les JO. Quand on voit ce qu'ils ont fait de la plaine... le bien être des habitants est toujours une variable d'ajustement.
« On travaille encore à la programmation. Nous arrivons avec de nouvelles exigences et quelques réserves et demandons donc certaines petites évolutions. » dit Adrien Delacroix. @ Yann Lalande Quelles sont ces "nouvelles exigences" et ces "certains petites évolutions" ? La question ne lui est pas posée par le JSD ? Le JSD peut-il en informer ses lecteurs après interrogation de Mr Delacroix ? Il semble que le projet Village des médias a du plomb dans l'aile… Voilà une bonne nouvelle qui pourrait permettre de ne pas impacter le Parc Georges Valbon. Réjouissons-nous. Europacity, Village des médias… Au suivant : projet d'Auchan à la gare du nord…
les jeux olympiques de 2024 ont été décidé en catimini sans vote populaire pour satisfaire le capitalisme olympique en France il n'y a pas de démocratie ce sont les lobbies de type industriel, de la finance et idéologique, aidé des partis de gauche (bizarrement) qui décident à la place du peuple. A Hambourg en Allemagne, pour la proposition des jeux olympiques de 2024, la population a été invitée à voter pour ou contre ces jeux , ils ont voté contre. Ces jeux sont d'un intérêt superficiel sociologiquement pour la population, ils sont prétexte à faire marcher le business international d'autant plus que les sportifs amateurs sont mal rétribués tout en roulant pour le capitalisme olympique
@Tatayoyo, Adrien Delacroix n'a pas souhaité donner plus de précisions à ce stade sur les petites évolutions envisagées quant à la programmation du Village olympique en phase héritage. Cordialement Yann Lalande

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