En ville

Enfants roms
/ Les images donnent du poids à leurs mots

Réalisé par l’équipe de Yag Bari, le documentaire d’animation Je m'anime pour mes droits où témoignent des enfants roms de Saint-Denis avait été présenté au défenseur des enfants. Programmé ce 19 mars par la Maison des parents qui a dû l’annuler, il est à découvrir en ligne.
Film d'animation Je m'anime pour mes droits. Capture écran /
Film d'animation Je m'anime pour mes droits. Capture écran /

Voilà plus de six ans que Yag Bari intervient auprès des enfants roms. Aider à leur insertion,  leur permettre de se sentir comme des enfants à l’égal des autres. C’est au travers d’activités sportives et d’un accompagnement scolaire, l’objectif de ce projet d’éducation populaire développé à Saint-Denis par l’association La Voix des Rroms. Au début 2019, dans la perspective du 30e anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant, ses encadrants ont été sollicités par le Défenseur des droits pour un autre exercice.

EN IMAGES : Ils vont bientôt faire leurs adieux au terrain Voltaire

« Il s’agissait de faire remonter la liste des doléances d’enfants qui sont en situation de discrimination, de marginalité », raconte Ludovic Versace, le coordinateur de Yag Bari. Plutôt que de lister des droits, « on a choisi de répondre de manière détournée ». Et le résultat est à coup sûr infiniment plus convaincant. C’est un film d’une quinzaine de minutes, où les témoignages en voix off des enfants discutant entre eux ou questionnés par un adulte sont illustrés par des images animées.

 

Ils sont cinq, Asmina, Sebastian, Slavi, Constantin, Euzebiu, âgés de 7 à 14 ans. Et qui se racontent, d’abord sur un mode anodin. Y compris pour décrire les baraques « en métal, en plastique, en bois », où l’on dort jusqu’à quatre dans un même lit, environné de rats « qui courent partout ». Mais les paroles se font peu à peu plus douloureuses, pour dire la pluie qui s’infiltre dans la caravane, ou les insultes et quolibets à l’école d’une « fille et toutes ses copines ». Elles « me disaient que je suis roumaine, que je vis dans les poubelles, rapporte Asmina. Ça me plaisait pas », ajoute-t-elle avec pudeur. C’est avec une candeur tout aussi touchante qu’ils font part de leurs rêves, d’abord d’une chambre à soi, et plus tard d’avoir « l’argent pour aider des gens qui ont pas où dormir ». « J’suis venu au monde pour les aider les gens », renchérit un ado.

Les voix se succèdent, plus ou moins juvéniles mais toutes avides de justice, pour espérer « que nos parents puissent travailler normalement », aller à l’école sans « risquer d’y être moqué ou insulté », « ne pas craindre d’être mis à la rue pendant l’année scolaire ». Pour être un enfant « comme les autres », tout simplement.

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Produit par l’ASET 93, le projet a impliqué au total une dizaine d’enfants, qui tous ou presque ont vécu sur le terrain Voltaire, ce bidonville en cours de résorption de la route de La Courneuve. Projeté le 20 novembre à l’Unesco, en présence de Jacques Toubon, le Défenseur des enfants, il était programmé pour ce 19 mars à la Maison des parents. Précaution sanitaire oblige, cette rencontre comme toute autre a dû être annulée. En attendant un éventuel report, ce précieux court métrage, intitulé Je m’anime pour mes droits, est à découvrir en ligne sur la plateforme Youtube, sur le site de Romeurope, ou sur le portfolio de Ludovic Versace.

Marylène Lenfant

Réactions

Je viens de visionner la vidéo. Emouvante et pleine d'espoir. Décidemment, un homme/une femme = un homme/une femme.

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