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La première de la semaine : Marche des fiertés en banlieue
/ Les discriminations sous toutes les couleurs

Les organisateurs, de l’association Saint-Denis Ville au Cœur, défendent un événement « intersectionnel », pour dénoncer les discriminations envers les LGBTQI+, mais aussi toutes les autres formes de discriminations dont sont victimes plus largement les habitants des quartiers de banlieue.
La première Marche des fiertés en banlieues se déroulera le dimanche 9 juin à Saint-Denis.
La première Marche des fiertés en banlieues se déroulera le dimanche 9 juin à Saint-Denis.

Les rues du centre-ville seront aux teintes de l’arc-en-ciel.  « Hissons nos couleurs ! », appelle l’association Saint-Denis Ville au Cœur (SDVC).

Ce dimanche 9 juin, elle organise la première Marche des fiertés en banlieue dédiée aux LGBTQI+ (lesbienne, gay, bi, trans, queer, intersexe et plus). Ouvert à tous, le défilé partira, à partir de 14h30, de la place de la Résistance pour rejoindre le parvis de la basilique, où sera installé un village associatif tout l’après-midi, avant de se poursuivre par une fête au 6b dans la soirée.

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Sortir de l’invisibilisation les personnes LGBT vivant en banlieue, dénoncer les discriminations dont elles sont victimes, tout en luttant contre l’instrumentalisation de l’homophobie dans les quartiers populaires, c’est l’objectif affiché de cette première Marche des fiertés à Saint-Denis. « En banlieue, comme à Saint-Denis il n’y a pas vraiment d’espace pour les personnes LGBTQI+. Il y a peu d’associations, de lieux. Il n’y a pas de visibilité dans l’espace public. C’est souvent caché, tabou. Avec la Marche, on veut créer un espace de représentation, lancer une dynamique », explique Luca Poissonnet, au côté de Yanis Khames, deux étudiants dionysiens, âgés de 21 et 20 ans, et porte-paroles de SDVC.  
 

Un événement « intersectionnel »

Créée en 2017, l’association Saint-Denis Ville au Cœur – qui veut « améliorer la vie de ses habitants et l’image de leur ville » – œuvre contre les discriminations en général. C’est sous l’impulsion de membres concernés par les droits LGBT qu’elle a eu l’idée, l’été dernier, d’organiser cette Marche des fiertés, soutenue aujourd’hui par des associations comme Aides, SOS homophobie, Inter-LGBT ou encore la municipalité de Saint-Denis.

« Ici, il existe de l’homophobie – et il y a un manque de travail sur le sujet – mais il n’y en a pas plus qu’ailleurs », poursuit Luca, installé à Saint-Denis depuis 2015. « Médiatiquement, cette question est utilisée contre les habitants racisés [victimes de racisme] des banlieues populaires, en mode « ce sont eux les homophobes ». Comme si le reste de la France était immaculé et parfait. On veut lutter contre cette idée. » Lui a grandi en zone rurale. « Les personnes LGBT, soit elles se cachent, soit elles sont stigmatisées. Cela se passe à la campagne de la part de personnes bien blanches, bien de chez nous », ironise-t-il.

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Natif de Saint-Denis, Yanis dénonce aussi ce « deux poids, deux mesures », citant une irruption homophobe lors d’un rassemblement LGBT en Vendée, le 18 mai, de jeunes étudiants, dont des sympathisants de la Manif pour tous. « Si cela s’était passé en banlieue, cela aurait été utilisé par le Front national, tournant en boucle sur BFM », pense-t-il. D’ailleurs, il précise que la Marche des fiertés est la cible d’attaques de la fachosphère sur les réseaux sociaux. 

Les organisateurs défendent un événement « intersectionnel », dénonçant les discriminations envers les LGBTQI+, et toutes les autres formes de discriminations dont sont victimes plus largement les habitants des quartiers paupérisés. « Les personnes LGBT de banlieue populaire ne sont pas victimes que de LGBTphobie. Il est aussi question de racisme, d’inégalité sociale, explique Yanis. L’idée, c’est de créer un espace pour les gens qui ne se sentent pas forcément représentés dans la Marche de Paris. »

L’association veut ainsi « changer les codes ». « On laissera la place aux slogans, à la politique », précise Luca. « C’est une Marche artisanale », prévient-il, sans gros moyens. « Pour une première, on a voulu faire au plus simple », justifie Yanis. « On espère qu'il y aura du monde », concluent-ils. 

Aziz Oguz

Dimanche 9 juin, départ de la Marche des fiertés en banlieue à 14h30 place de la Résistance, arrivée à 15h30 parvis de la basilique avec un village associatif (15h30-18h). Fête au 6b (6-10, quai de Seine) de 17h à 1h avec aux manettes les Folles soirées dionysiaques et les Sœurs Malsaines, entrée libre.

Réactions

C'est bien, un petit étendard cousu en chine sur le fronton de la mairie . Cela ne coute pas chère et ça peut aider à ramasser quelques voie pour 2020. Cette équipe municipale épuisera toutes les combines pour se maintenir au pouvoir. Remarquons que les jardiniers sont à nouveaux de sortie. Cela n'était pas arrivé depuis 5 ans. C'est beau une ville communiste qui se prépare pour des élections municipales. Une ville abandonnée pendant 5 ans et l'année d'avant scrutin vite un grand coup de propre pour montrer qu'on est des cocos qu'en veulent!
Ah ! Ma précédente contribution est passée à la trappe ! Pas de soucis, je vais rédiger autrement...Excellente initiative de l'Association Saint-Denis Ville au Cœur et de la Maire de St Denis que cette Marche des Fiertés. Il ne faut effectivement pas laisser à tous les "gardiens des mœurs" potentiels le fait de savoir ce qui est toléré ou non dans notre ville. C'est vrai pour la cause LGBTQI+ ; C'est vrai également pour l'égalité hommes/femmes. Que les femmes soient voilées dans l'espace public ou qu'elles portent mini-jupe, cela ne regarde quelles mêmes. A bon Entendeur ...
@Mourad....non votre commentaire n'est pas passé à la trappe car j'ai eu la malchance de le lire...par contre c'est vrai que c'était un msg à l'appel à la haine Donc merci le JsD de l'avoir supprimé. Lili
@Lili - moi un appel à la haine ? Je ne faisais que faire référence à un incident qui a eu lieu rue de la Boulangerie entre la Présidente d'une Association très connues et très respectables (La Présidente et l'association connues et respectables). D'ailleurs cette Présidente a reçu le soutien d'une élue de la majorité municipale. Non Madame Lili, la haine ne fait pas partie de mon logiciel ... Maintenant j'ai pour principe de ne jamais discuter les modérations.

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