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/ Les Dionysiens ont voix au chapitre

Saint-Denis est décidément une ville riche de créateurs en tout genre. Comme ces auteurs de livres qui ont récemment été édités. Petit tour de création.
Petite dernière de la maison d’édition indépendante Pas Vu Pas Pris, la bande dessinée Dis, papa, c’est quoi le hip-hop ? écrite par Thierry Grone est illustrée par les sœurs Chevalme.
Petite dernière de la maison d’édition indépendante Pas Vu Pas Pris, la bande dessinée Dis, papa, c’est quoi le hip-hop ? écrite par Thierry Grone est illustrée par les sœurs Chevalme.

 

 

Jacques Marsaud

 

Après s’être engagé professionnellement au service de territoires de banlieue, Jacques Marsaud, au lendemain de sa retraite, a ressenti la nécessité de faire partager ses expériences d’administrateur territorial. Il a pris sa plume pour nous raconter ses quarante-trois années dont l’essentiel s’est déroulé en Seine-Saint-Denis, et plus particulièrement à la mairie dionysienne et à Plaine Commune. À 31 ans, il postule à « l’un des postes de secrétaire de mairie les plus enviables de France », à Saint-Denis pour un bail de 18 ans. Mais cela, il ne le sait pas encore. « Saint-Denis, ville sans égale, Saint-Denis ma capitale, Saint-Denis ville peu banale, ville aux mille visages, Saint-Denis centre, mon village », comme l’a slamé Grand Corps Malade. De 1981 à 1999, il noue avec la ville et ses élus une relation très étroite autour de grands projets : le tramway T1 ; le renouveau de la Plaine ; le Grand Stade et la Coupe du monde. Ce chapitre de près d’une centaine de pages fourmille d’anecdotes et de révélations rendues publiques par cet ouvrage. On ne peut passer sous silence les portraits que Jacques Marsaud trousse de ces hommes avec lesquels il a œuvré et l’hommage sincère et appuyé, apporté à une personnalité politique dont il souligne le caractère hors du commun dans le champ politique, Christian Favier, l’actuel président du Conseil départemental du Val-de-Marne. Ce livre, au-delà de son caractère mémoriel, est un véritable plaidoyer pour les services publics et les hommes et les femmes qui les portent au quotidien.

Claude Bardavid

Passion commune, Secrétaire de mairie en banlieue rouge, éditions de l’Atelier, 285 p., 23 €. Disponible à la librairie Folies d’Encre.

 

Stéphane Aucante 

 

« J’ai appris à aimer la Palestine et les Palestiniens, et j’aimerais avoir un rôle à jouer, aussi humble soit-il. » Nommé directeur délégué de l’antenne de Naplouse de l’Institut français de Jérusalem en 2015, Stéphane Aucante livre un regard très personnel sur la population palestinienne auprès de laquelle il a travaillé pendant deux ans. Dans son ouvrage Naplouse, Palestine. Portraits d’une occupation qui vient de paraître, l’auteur dionysien apporte son témoignage sur la situation actuelle dans les territoires occupés et contrecarre les représentations du conflit relayées par les médias français qu’il juge souvent partielles voire sensationnalistes.

« L’occupation est beaucoup plus insidieuse qu’on ne le croit. Les Israéliens veulent pousser un certain nombre de Palestiniens à quitter leur pays pour faciliter l’occupation. J’ai été confronté à une génération de jeunes qui n’ont pas connu l’intifada et ont baissé les bras et qui ne veulent plus se battre. Ils veulent juste partir. » Aussi, ce livre rend essentielle la défense de la francophonie à l’étranger. Après trente ans d’existence, l’antenne de Naplouse a fermé définitivement sur ordre du Quai d’Orsay. Chaque année, l’antenne naplousienne de l’Institut français assurait des cours de français à 400 Palestiniens (étudiants, enfants, personnes âgées…). À présent, Stéphane Aucante porte un nouveau projet : retourner en Palestine et y ouvrir une antenne de l’Alliance française. « C’est quelque chose de concret, simple, efficace qui répond à une vraie demande sur place. »

Naplouse, Palestine, éditions Dacres, 381 p., 16€
 

Thierry Grone et les Sœurs Chevalme


 

Petite dernière de la maison d’édition indépendante Pas Vu Pas Pris, la bande dessinée Dis, papa, c’est quoi le hip-hop ? écrite par Thierry Grone et illustrée par les sœurs Chevalme sera disponible à la Foire des savoir-faire solidaires jusqu’au 19 décembre. Son auteur tiendra ensuite une séance de dédicace le samedi 22 décembre de 16 h à 18 h. L’occasion d’échanger autour de ce premier ouvrage jeunesse dédié à la culture hip-hop.

Dans cette BD, Thierry Grone revient sur les origines de ce mouvement culturel qui a changé sa vie. « Même pour un enfant, cette histoire du hip-hop n’a rien de compliqué. C’est une contestation qui venait des quartiers pauvres du Bronx à New York dans les années 1970. Des types se sont réunis en mode super-héros pour unir leurs forces face à la violence qui ravageait leur quartier : ces pionniers s’appelaient Grandmaster Flash ou encore Afrika Bambaataa. Ce sont juste des personnes qui voulaient se débrouiller et partager. »

Dans son récit, Grone, toujours pédagogue, définit les cinq grandes disciplines du mouvement : le break-dancing, le graffiti, le DJing, le beatboxing et bien sûr le rap, genre musical le plus écouté chez les jeunes en France. Ouvrage à mettre entre les mains de futurs b-boys et peut-être futurs MCs ?

Dis papa, c’est quoi le hip-hop ?, éditions Pas Vu Pas Pris, 32 p., 15€. Disponible à la librairie Folies d’Encre

 

Rachid Santaki

Changer le cours de l’histoire au fil des pages c’est l’expérience que propose le premier livre interactif de Rachid Santaki : Le ghetto dans la peau se lit sur tablette ou smartphone via Readiktion qui édite l’ouvrage. L’application, gratuite, est intuitive et permet d’acquérir plusieurs romans digitaux en quelques secondes. L’histoire – écrite à la première personne – est celle d’un jeune guetteur, Bilal, atteint de dysplasie ecto-dermique ce qui lui vaut le surnom de Voldemort ou Tête de Mort dans son quartier. Un jour, Bilal, dont le rêve de devenir footballeur professionnel s’éloigne, se rend complice d’un vol à la portière. Mais l’affaire tourne mal. « À la fin du premier chapitre, Bilal se retrouve à terre et trois solutions s’offrent au lecteur : soit Bilal remonte sur son scooter pour commettre un autre plan, soit il fuit à pied, soit il rentre chez lui, en scooter également », dévoile l’écrivain. C’est au lecteur de déterminer la suite des événements.

« J’envisage plus ce livre digital comme un support pour faire de la prévention auprès des jeunes. Cela peut les sensibiliser sur leurs choix de vie », estime l’auteur des Anges s’habillent en caillera qui planche sur de nouveaux ouvrages, physiques cette fois-ci. Si le format est parfaitement distinct des précédentes publications, Le ghetto dans la peau s’inscrit dans la continuité des thèmes de prédilection de Santaki, à savoir la rue et ses dangers, l’homme et sa part d’ombre.

Le ghetto dans la peau, gratuit jusqu’au 31 décembre sur l’application Readiktion

 

Jackson Thélémaque, Luna Granada et Anne-Sophie Lepicard

 

La maison d’édition La Tête ailleurs vient de publier deux ouvrages de littérature jeunesse. Le premier, Le Seigneur des mouches, est signé Jackson Thélémaque. À l’instar de son précédent livre, un conte ; Neg Fey, l’auteur et résident du 6b a collaboré avec l’illustratrice gabonaise Maya Mihindou . Il livre un conte moderne au message écologique à travers le personnage én igmatique et impertinent du seigneur des mouches : le créateur des nuisibles est érigée en véritable star par ses millions de petits followers qui sont suspendus à ses lèvres et qui vont devenir les porteurs d’un message d’espoir, sensible à la nature et à sa toute-puissance. 
 

Quant au second ouvrage, Au cœur de la ville, il a été conçu par Luna Granada et Anne-Sophie Lepicard à partir d’ateliers, rencontres et balades menés cette année avec des habitants de Saint-Denis. Il valorise les créations et la parole des Dionysiens autour de trois chapitres thématiques : Balade urbaine, En chantier et Nature en ville. Avec ce livre d’activités, le lecteur est invité à se balader dans sa ville et à y « cueillir la poésie qui s’y cache » à coups de collages, découpages et dessins.

Le Seigneur des mouches, 29 p., 12 €. Au cœur de la ville, 76 p. (à partir de 6 ans), 13,90 €. Disponibles à la librairie Folies d’Encre, à la Foire des savoir-faire ou via le site www.lateteailleurs.org

Maxime Longuet

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