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Agressions
/ Les cyclistes en ont ras le casque

Une nouvelle série d’agressions violentes le long du canal Saint-Denis a provoqué la réaction des associations cyclistes.
Samedi 2 novembre, les cyclistes de l'Amicanal se sont rassemblés au bassin de la Maltournée. © DR
Samedi 2 novembre, les cyclistes de l'Amicanal se sont rassemblés au bassin de la Maltournée. © DR

C’est un piège qui se referme sur les cyclistes quand ils y pénètrent. Sans échappatoire possible. La souricière se trouve sur le canal Saint-Denis, sous le pont de l’avenue Anatole-France, Porte de Paris, au niveau du bassin de la Maltournée. Un passage étroit et sombre dans lequel des adolescents ont pris l’habitude d’arrêter des cyclistes pour les racketter violemment.

La sonnette d’alarme a été tirée par le collectif Amicanal qui alerte les autorités depuis plusieurs mois. Face à leur inertie, ces Dionysiens ont partagé leur colère sur les réseaux sociaux le 29 octobre. Ils ont « recensé au minimum 5 agressions de cyclistes ces derniers jours sur le secteur du bassin de la Maltournée (…), toutes plus violentes les unes que les autres : un groupe de 4 à 6 jeunes de 14 à 18 ans, armés de barres de fer frappent et volent en toute impunité ».

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Ils disent en avoir marre des « diagnostics » et attendent des « actes » du maire Laurent Russier (PCF) avant la fin de son mandat. « Faut-il attendre un mort et une marche blanche pour voir enfin les passages réguliers d'un groupe de policiers municipaux à vélo sur le canal comme on nous l'avait promis, de la lumière tout au long de la piste, des caméras sur les secteurs les plus sensibles ? », demandent-ils.

Samedi 2 novembre, environ 70 cyclistes en colère du collectif dionysien, aidé de leurs camarades du mouvement Vélorution, ont manifesté leur mécontentement, longeant le canal pour finir devant l’hôtel de ville de Saint-Denis.
 

Vols avec violence

Dionysien âgé de 50 ans, travaillant en région parisienne, Stéphane se dit effaré de l’inaction des collectivtiés locales et des forces de l’ordre. « On alerte depuis au moins un an la marie et la police. On en a fait des réunions, des diagnostics. Et pourtant, rien ne bouge. C’est inacceptable », s’indigne ce membre d’Amicanal. L’année dernière, le JSD avait déjà relaté ces agressions. En octobre 2018, Stéphane avait été agressé par quatre jeunes sur un bout du canal proche de la gare. Roué de coups, sacoche volée. Bilan : trois côtes cassées et 15 jours d’arrêts de travail. D’autres agressions avaient suivi, listés dans un courrier envoyé à la procureure de Bobigny en février 2019.

La situation s’était améliorée, avant de se détériorer à nouveau en septembre dernier puis d’empirer lors des vacances scolaires d’automne. « Les agresseurs viennent à la même heure au même endroit. On ne veut pas les attraper ! », s’insurge Jean-Pierre Patrix, de l’association Vélo à Saint-Denis.

« Ces vols commis avec violence sont des actes insupportables qui appellent un renforcement des dispositifs de sécurité existants », a réagi la municipalité dans un communiqué, jeudi 31 octobre. Elle a décidé de renforcer les patrouilles de sa police municipale et a promis d’améliorer « l’éclairage sur la zone concernée » et des « aménagements d’ampleur » à « moyen terme ».

« Cette situation a trop duré, reconnait Michel Ribay, maire-adjoint en charge du quartier Porte-de-Paris et cycliste patenté. Il faut que tous les acteurs (Ville, Plaine Commune, Paris) se mettent au plus vite autour de la table. On doit proposer des décisions précises et un calendrier. » Une enquête est en cours, assure-t-on du côté du commissariat de Saint-Denis, qui a comptabilisé une vingtaine de faits depuis un an.

A cinq mois des élections municipales, la majorité des candidats déclarés se sont saisis de l’affaire pour critiquer la Ville. Houari Guermat (UDI) a fait une vidéo le long du canal pour dénoncer l’insécurité. Mathieu Hanotin (PS) a écrit un communiqué pour demander une « réponse forte » de la Ville et de la police, tandis que Bally Bagayoko (LFI) a apporté son soutien au collectif citoyen.

« Tout le monde met sa petite graine », sourit Stéphane, face aux réactions des politiques. Pour lui, « il faut une volonté politique pour que cela bouge ».

Aziz Oguz

Réactions

"puis d’empirer lors des vacances scolaires d’automne". Les agresseurs des cyclistes du canal travaillent avec méthode. Ce sont des professionnels de la délinquance. Ils connaissent le planning des absences de la Police Municipale. Ils ont compris que durant les vacances scolaires les policiers nationaux et municipaux étaient moins nombreux donc intervenaient moins rapidement. Même problème d'effectifs au TGI de Bobigny durant les vacances. Donc le risque est faible de se faire prendre une barre de fer à la main. Et le risque est quasiment nul d'être incarcéré pour un mineur en Seine-Saint-Denis.

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