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/ Les 30 joyeuses d’Africolor

Le festival Africolor revient cette année pour fêter son 30e anniversaire. Une édition « un peu spéciale » qui posera cette année encore ses valises au TGP les 1er et 3 décembre, lors de deux soirées au rythme de la musique réunionnaise.
Trans Kabar, groupe de rock maloya jouera le 1er décembre au TGP dans le cadre d’Africolor. © Jeff Humbert
Trans Kabar, groupe de rock maloya jouera le 1er décembre au TGP dans le cadre d’Africolor. © Jeff Humbert

« Ce qu’on fête cette année, c’est une victoire, parce que nous avons réussi à imposer les musiques africaines dans le paysage musical français. Mais cette victoire, on ne s’en contente pas, et on se tourne déjà vers les 30 ans qui viennent ! » s’enthousiasme Sébastien Lagrave, directeur d’Africolor depuis 2012.

Pour cette édition anniversaire, le « plus grand festival de création autour des musiques africaines » continue de faire rayonner les musiques d’ailleurs sur toute l’Île-de-France. Cette année, ce sont plus de 120 artistes qui se produisent sur scène lors de concerts, masterclass et tables rondes. Le festival a été créé en 1989 à l’initiative de l’ancien directeur du TGP Jean Claude Fall et de Philippe Conrath, pour proposer une soirée de Noël aux travailleurs maliens de Saint-Denis.

« Avant Africolor, il n’y avait rien pour eux le soir de Noël », explique Sébastien Lagrave. Après 10 ans de célébrations au TGP, Africolor prendra une autre ampleur en devenant l’un des festivals-phares du département.

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Danyèl Waro 26 ans après

Pour ce 30e anniversaire, après avoir visité plusieurs villes de la région, le festival va retrouver son nid du TGP pour une série de concerts célébrant la musique réunionnaise. Trans Kabar, un groupe de rock maloya, genre musical ancestral propre à l’Île de la Réunion, se produira le 1er décembre. Le chanteur et joueur de kayamb Jean-Didier Hoareau sera accompagné par Stéphane Hoareau à la guitare électrique, Ianik Tallet à la batterie et au chant, et Théo Girard à la contrebasse.

Ce groupe de créatifs s’inspire notamment « du Servis Kabaré, une cérémonie festive issue des rituels des esclaves faite pour communier avec les ancêtres par la musique, les chants et les danses. » Seront aussi présents les musiciens de Douce transe, fusion du trio Space Galvachers et du populaire Olivier Araste, chanteur du groupe de Maloya réunionnais Lindigo. Ils joueront leur « transe contemporaine, originale, sans frontières, mais riche de cultures fortes. »

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La deuxième soirée au TGP le 3 décembre sera rythmée par les chants d’Anne O’aro, autrice, musicienne et metteuse en scène réunionnaise, qui donna son premier concert en métropole en 2016 pour Africolor. Lors de cette soirée, « le héros du maloya » et fidèle d’Africolor, Danyèl Waro se produira également devant le public de Saint-Denis, vingt-six ans après son premier passage au festival. Selon Sébastien Lagarve, l’impact d’Africolor n’est pas seulement musical.

« J’ai un souvenir assez vif qui restera très longtemps ancré en moi, s’émeut ce dernier. Lors d’une soirée avec le chanteur Blick Bassy autour de l’assassinat en 1958 de Ruben Um Nyobé, grand leader indépendantiste du Cameroun, une jeune fille nous a remerciés d’avoir abordé un tel sujet de société malgré le silence qui s’était imposé depuis tant d’années. Quand on réussit à réconcilier les nouvelles générations d’enfants d’immigrés avec leur mémoire, en créant cet espace de parole artistique, on a fait notre travail. » Une mission que poursuit brillamment Africolor depuis 30 ans déjà.

Andréa Mendes

Dimanche 1er décembre à 16h et mardi 3 décembre à 20h au TGP (59, boulevard Jules-Guesde à Saint-Denis). Réservation au 0148137000 ; www.theatregerardphilipe.com. Tarifs: de 6 à 23€.

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