En ville

La Plaine
/ Le tram peut attendre

En attendant le prolongement du tramway T8 au sud, un espace de nature et de rencontre vient d’ouvrir à la Plaine sur une friche aménagée par l’association Landykadi.
Sur les 1 500 m2 mis à disposition par la Sequano aménagement, trône une yourte et un poulailler.
Sur les 1 500 m2 mis à disposition par la Sequano aménagement, trône une yourte et un poulailler.

Le chantier de prolongement de la ligne 8 du tramway, de Saint-Denis Porte de Paris jusqu’à la gare RER Rosa-Parks à Paris, doit démarrer à partir de 2022. Et beaucoup s’en impatientent. Il en est d’autres par contre pour qui ce délai est une aubaine. Et l’on peut parier que ceux-là seront de plus en plus nombreux.

Car sur la friche réservée pour le futur tracé du T8, à l’intersection des rues des Fillettes et du Landy, vient de s’ouvrir un Landy’is’Land. Une oasis de nature à l’initiative de Landykadi comme cette association en avait déjà développé à 200 mètres de là.

C’était au 35, rue du Landy à Aubervilliers sur une parcelle qu’elle a dû libérer pour un projet immobilier. Landykadi est ainsi passée d’une convention d’occupation à titre précaire à une autre, cette fois avec Saint-Denis. La ville ayant obtenu de la Sem Sequano, aménageur du quartier, la mise à disposition de ces 1 500m2. Sur la parcelle, clôturée par une palissade en bois, sont apparus depuis l’automne une jolie yourte, un poulailler habité par quatre poules, des toilettes sèches, des bacs de terre, des mannequins faits maison rescapés d’un carnaval… Tout un monde fourmillant de projets pour rapprocher autour de l’écologie les gens de ce quartier nouvellement sorti de terre. Fondatrice de l’association en 2014, et habitante d’Aubervilliers Catherine Navarro est épaulée par les adhérents, au nombre d’une quarantaine.

Mais la cheville ouvrière du Land’is’Land est à présent Priscille Arnaud. Plainarde elle aussi, mais côté Saint-Denis, elle occupe depuis décembre un emploi à mi-temps, subventionné pour un an par Plaine Commune (1), et qui lui permet de s’investir sur tous les fronts. Elle a aménagé dans la yourte une bibliothèque associative portant sur l’écologie et le jardinage bien sûr, mais aussi sur la citoyenneté et la parentalité. « C’est également un espace où les enfants jouent et dessinent. On a eu des demandes de nounous ou de parents du quartier pour y faire des lectures. Mais là, sans électricité ni chauffage, ce n’est pas possible. » En attendant le montage du chalet en bois qui l’abritera, une ressourcerie occupe en partie la yourte. 
 

 


« En lien avec plein d’associations »

Jouets, objets divers ou vêtements, « on fait de la revente, et l’idée est de remettre en état ce qui peut être vendu. Mais tout ce qui est vêtements pour hommes, bonnets, écharpes, chaussures, est parti pour le collectif Solidarité Migrants Wilson. » Où s’active aussi Priscille. Comme le dit Catherine, « on est en lien avec plein d’associations. On se file un coup de main les uns les autres. »

Le collectif Mund Gawi pour des alternatives écologiques, le jardin partagé de l’Usine à Gazon, la régie de quartiers de Saint-Denis, les associations de l’espace de quartier le Pont Commun… Catherine mentionne encore « les gens de l’Espace Imaginaire qui nous ont monté les toilettes sèches », et les diverses associations d’Aubervilliers avec qui elle a travaillé depuis quatre ans. Notamment sur la réduction des déchets, tels ceux qu’elle voit s’amonceler sur les trottoirs. « Les immeubles sont livrés avec des aménagements tellement bas de gamme que les gens jettent tout, évier, baignoire… », se désole Priscille.

Outre la ressourcerie, sont mis à disposition du voisinage des bacs à compost en vue des plantations à venir, dont des légumes en bacs, et des plantes décoratives en pleine terre, où prospèrent, malgré la pollution armoise et vergerette, laitue sauvage et plantain, etc.

Mais la priorité de l’heure, ce sont les ateliers projetés lors des vacances scolaires de février « pour finaliser la décoration du carnaval du Landy » programmé le 16 mars. Un savoir-faire que l’association a déjà mis en œuvre dans le quartier, notamment l’an dernier pour les vingt ans de la couverture de l’A1. Dans ce vaste inventaire des projets et envies, qu’elle aimerait aussi susciter, Catherine Navarro imagine encore la yourte comme une « case à palabres ».

Un clin d’œil à ses accointances africaines. Kadi, en bambara, c’est à la fois ce qui est bon et beau.

Marylène Lenfant

(1) au titre de l’appel à projets pour l’économie sociale et solidaire Au 3, rue du Landy. Ouvert mercredi de 10h à 12h et samedi de 14h à 16h.

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