Portrait

Le Portrait de la semaine Radouane Abassi alias Issaba
/ Le rap pour aimer les maths

Prof connecté. Il est plus connu sous le patronyme d’Issaba (son nom à l’envers), sur sa chaîne YouTube appelée Great Teacher Issaba. Radouane Abassi est prof de maths dans un collège à Épinay-sur-Seine. Il enseigne en rappant : et ça marche !
Radouane Abassi, aka Issaba sur You Tube enseigne les mathématiques en rappant, et ça marche !
Radouane Abassi, aka Issaba sur You Tube enseigne les mathématiques en rappant, et ça marche !

Né dans un petit village au milieu d’une oasis au Maroc, Radouane Abassi est arrivé en France très jeune et a grandi à Montreuil dans le 93. Il aimait beaucoup les maths mais surtout la musique comme le rap français. Issaba (son nom de YouTubeur) est un homme très à l’aise avec les autres, sûr de lui. Lors de l’interview, il était très accessible et décontracté. Il nous a même fait faire des maths à la fin, afin d’être sûr que l’on comprenne bien son rap sur les polygones !

Ses modèles sont ses proches et sa famille. Il préfère s’inspirer des personnes qui l’entourent que de célébrités. Quand il avait 15 ans, il adorait le manga japonais GTO (Great Teacher Onizuka) qui raconte l’histoire d’un prof aux méthodes peu orthodoxes. À cette époque, il ne rappait même pas. C’est bien plus tard qu’il a eu l’idée de faire des maths en rap : d’où le petit clin d’œil à son héros d’enfance. « Je ne me reconnais pas totalement dans Onizuka, il y a des facettes dans sa personnalité, comme son côté pervers, que je n’assume pas du tout. Mais c’est l’humour japonais des mangas. C’était une période où cet humour marchait bien. Après, Onizuka, il a de très bons côtés aussi : il se démène pour ses élèves ! », assure-t-il.
 

400 000 vues sur YouTube 

 

 

Radouane Abassi a enseigné comme contractuel dans plusieurs établissements scolaires, dont les collèges Dora-Maar et la Courtille à Saint-Denis avant d’être titularisé. Son mémoire s’intitulait « Mathématiques, rap et pédagogique inversée ». Son objectif est d’intéresser un maximum d’élèves qui ne sont pas attirés par les maths mais aussi d’ouvrir les yeux à tout le monde sur le rap. On peut faire du rap sans parler des gangs ou des gangsters pour Issaba ! Son premier clip #JeSuisPasséChezPythagore qui a été vu plus de 400 000 fois a été réalisé au collège Dora-Maar, lorsqu’il y était encore professeur stagiaire. Depuis il a réalisé quatre clips, dont un feat avec Kery James. Un artiste qu’il respecte beaucoup.

Il fait à chaque fois participer les élèves, que ce soit à l’image ou dans la conception des clips. Pour celui de Dora-Maar par exemple, les élèves et enseignants volontaires se sont retrouvés dans sa salle un mercredi après-midi. L’un d’eux voulait faire semblant de dormir et se réveiller en milieu du cours. Un prof de sport était passé, du coup ils lui ont demandé de rester au fond. Tout ça n’était pas préparé mais bien improvisé ! Dans son processus d’invention, Issaba prend note de toutes ses idées pour réaliser et scénariser son clip, puis fait de la place aux élèves pour des idées nouvelles. Il est accompagné seulement d’un cameraman. Les élèves doivent apprendre leurs paroles puisqu’ils sont souvent filmés en train de rapper.

Issaba ne gagne pas d’argent avec sa musique. Pour lui, il ne s’agit pas d’une carrière mais d’une passion qu’il aimerait bien continuer d’assouvir, comme il le rappe dans le Théorème de Thalès : « Ce que je fais c’est pas con, c’est comme le verlan du compas, je fais des maths et du rap mais faire un carton moi je m’en tape, ne me parlez pas de contrat. » Il avait sorti son premier album À la recherche du temps perdu sans chercher à en faire la pub, car il préfère rester discret et patient. Il ne se préoccupe tellement pas de son succès qu’il a eu du mal à nous dire combien il avait vendu d’albums. Entre 300 et 400 a priori. Le titre de son album À la recherche du temps perdu provient du roman de Marcel Proust. Le rappeur s’est reconnu à travers ce titre car il est quelqu’un qui remet pas mal de choses au lendemain. Du coup il travaille beaucoup dans l’urgence… mais pour un très beau résultat selon nous ! 

 

Ibrahim Amer Ouali ; Lilly-Stone Coulibaly ; Foulématou Diop ; Machamy Karamoko ; Lilia Kasdi ; Ibrahim Lagha ; Alicia Moukebel ; Aissetou Wague, du collège Dora-Maar

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