En ville

Le PS claque la porte

Le nouveau règlement interne qui limite le temps de parole des groupes politiques n’est pas du goût des socialistes qui ont quitté la séance. Parmi les points abordés en séance, la demande à l’État d’une dotation exceptionnelle et le futur plan local d’urbanisme.

On ne s’ennuie jamais au conseil municipal de Saint-Denis. Il est 21h23, jeudi 23 octobre, quand le groupe « socialistes et partenaires » range ses crayons et ses dossiers puis quitte la séance en cours. « On ne peut pas s’exprimer », clame Stéphane Privé. « Vous ne respectez pas vos propres règles », tente Georges Sali dans un bref brouhaha. Si lors des dernières séances, les multiples interventions tous azimuts des huit élus de ce groupe ont eu pour conséquences d’étirer les débats à n’en plus finir, cette fois, c’est une autre partition qui s’est jouée.
Le nouveau règlement adopté en septembre par la majorité prévoit que les questions pointées comme « importantes » à l’ordre du jour bénéficient d’un moment de débat conséquent, avec un temps de parole limité par groupe politique, qu’indique le maire en ouvrant chaque discussion. En conséquence, lorsque le socialiste Stéphane Privé demande la parole, Didier Paillard lui fait remarquer que son groupe a épuisé son temps d’intervention. Ce que le conseiller n’apprécie pas. Le groupe préfère alors quitter la salle, pendant que la séance suit son cours.
« Des dépenses publiques supplémentaires»
Un peu plus tôt, en début de réunion, le débat s’ouvre autour d’un vœu (1) présenté par l’adjointe au maire Fabienne Soulas, qui demande « l’attribution par l’État à la Ville de Saint-Denis d’une dotation exceptionnelle de 5,4 millions d’euros pour faire face aux charges et dépenses générées par l’augmentation de la population ». Une revendication que n’apprécie par Évelyne Nicol (UMP), pour qui « on perd du temps. C’est encore de la propagande. Vous avez été reçus à l’Élysée par un collaborateur du président, que voulez-vous de plus ? ». David Proult (PCF) réplique « que 10 000 habitants supplémentaires induisent des dépenses publiques supplémentaires, comme la construction de quatre groupes scolaires que la Ville assume seule ». Mais « ce sont les règles de l’État ! », fait valoir Xavier Ducos-Fonfrède (UMP). Philippe Julien (LO) se félicite du vœu et dénonce « ce système économique qui produit la situation que l’on connaît aujourd’hui ». Quant à Claire O’Petit (MoDem), elle regrette que les nouvelles taxes provenant de l’arrivée de nouveaux habitants et entreprises ne « comblent pas les besoins du service public ».
Georges Sali (PS) parle d’un « vœu maladroit » tout en disant « qu’il faut exiger de l’État qu’il nous donne ce qui nous est dû ». Le groupe PS et partenaires s’abstient au moment du vote, on dénombre un vote contre à droite et deux refus de vote à droite et au centre.
« La première phase d’information et de débat»
Il revient ensuite au maire adjoint Stéphane Peu de présenter le « diagnostic du plan local d’urbanisme (PLU). Il s’agit ce soir de la première phase d’information et de débat sur la stratégie d’équipement de la Ville pour les dix ans à venir », prenant en compte de multiples aspects : patrimoine architectural, économie, habitat, environnement, transports… « Il s’agit dans nos réflexions de placer Saint-Denis comme pole rayonnant dans le nord parisien tout en concevant un aménagement de l’Île-de-France basé sur le polycentrisme », ajoute l’élu. « Vous mettez en perspective tout ce que nous avons dénoncé au cours du précédent mandat », remarque Claire O’Petit. « Où sont les préconisations concrètes en matière d’environnement ? », interroge Françoise Perrot (PS). « Ce rapport ne permet pas d’avoir une vision claire du processus global », regrette Georges Sali. Mais à contrario, Laurent Russier (PCF) se félicite « d’un état des lieux précis et un travail important qui en effet renvoie au débat sur la polycentralité, rapport qui pointe aussi notre spécificité d’une ville pour tous ».
Évelyne Nicol (UMP) dit son « désaccord sur les choix annoncés », alors que Christophe Girard (majorité) trouve « particulièrement désobligeant d’entendre dire que les grandes questions sont escamotées ou ignorées, alors que notamment dans le comité consultatif et les services, nombreux sont ceux qui n’ont pas compté leurs heures de travail ».
« Gardons nous des visions simplistes, souligne ensuite Didier Paillard. Notre ville, qui a besoin de justice et de solidarité, loin d’être un ghetto ou une cité fermée, comme je l’ai entendu dire, est en réalité un territoire d’ouverture. C’est ce territoire de contrastes que l’on retrouve dans ce diagnostic. »
Gérald Rossi
(1) Sur cette page, en PDF (cliquer plus bas), l’intégralité du vœu adopté par le conseil demandant l’attribution par l’État d’une dotation exceptionnelle en raison de l’augmentation de la population de 10 000 habitants.

AU CONSEIL COMMUNAUTAIRE DU 21 OCTOBRE
Plaine commune construit à Saint-Denis

Actuellement locataire avenue Jules-Rimet, Plaine commune va construire son siège, ce qui, estiment les élus, coûtera au final moins cher que le loyer d’un immeuble de bureaux. Lors de la dernière séance du conseil communautaire, mardi 21 octobre, à l’unanimité, ils ont approuvé le rapport présenté par Patrick Braouezec. Le siège sera construit à la Porte de Paris, entre le canal et la bretelle de l’autoroute A1 (sens Paris-Province), au bout de la passerelle du Stade de France. Le positionnement définitif des bâtiments, dont une partie sera ouvert au public, par exemple pour des expositions, n’est pas définitivement arrêté, « mais on tranchera ensemble d’ici la fin de l’année », a estimé le président. L’hôtel communautaire, qui sera construit selon des normes environnementales poussées, pourra accueillir environ 600 fonctionnaires, et devrait être opérationnel dès 2012. « Il est très bien de travailler sur l’hypothèse d’un bâtiment à énergie positive », a estimé le Dionysien Laurent Russier, tout en se félicitant « de donner là une identité plus forte à la communauté d’agglomération ».
G.R.

DÉCISIONS AU CONSEIL
> Gestion publique de l’eau Cécile Ranguin (Les Verts) fait adopter un rapport donnant mandat aux élus communautaires pour agir dans la perspective « d’un retour à une gestion publique de l’eau ». En décembre, le Syndicat intercommunal des eaux d’Île-de-France (Sedif) doit procéder à une consultation des villes adhérentes dans la perspective de l’expiration en 2010 du contrat actuel avec le groupe privé Véolia.

> Stade de France Pierre Quay-Thévenon (PCF-adjoint) fait approuver la nouvelle convention de partenariat entre la Ville de Saint-Denis et le Stade de France. « Cet équipement contribue à la notoriété de notre territoire et au développement de la Plaine », souligne l’élu. Michel Ribay (majorité-adjoint à l’écologie urbaine) se félicite des nouveaux engagements sur l’environnement. Virginie Poujol (PCF) souligne « des dysfonctionnements sur le stationnement et la circulation les jours de manifestation ». « Il ne faut pas subir le Stade mais le vivre », note Didier Paillard qui invite à poursuivre les discussions « pour les ajustements nécessaires ».

> VIH Jacklin Pavilla (majorité-adjointe) fait approuver le rapport suivant : le service de maintien à domicile de la mairie de Saint-Denis interviendra désormais auprès des malades du VIH, ne nécessitant pas une hospitalisation, mais devant être aidés dans les gestes de la vie courante. Ce même service intervient auprès des personnes âgées.

> Solidarité Deux aides d’urgence sont votées en faveur de Cités unies France et de Care France, à la suite des cyclones qui ont dévasté des zones en Haïti et à Cuba. Ces aides s’élèvent à 2000 euros chacune.

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