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/ Le Landy Sauvage ne sera pas délogé

Les occupants de cette friche industrielle transformée en lieu culturel redoutaient leur expulsion le 29 octobre. La préfecture a décidé de ne pas y recourir avant la trêve hivernale, laissant un répit aux collectifs d’artistes et aux habitants du Landy Sauvage.
Le Landy Sauvage bénéficie de cinq mois de répit pour entamer des travaux de sécurisation. © Maxime Longuet
Le Landy Sauvage bénéficie de cinq mois de répit pour entamer des travaux de sécurisation. © Maxime Longuet

Le Landy Sauvage peut souffler. Les occupants de ce lieu culturel étaient prêts à entrer en résistance, guettant dès l’aube l’arrivée des camions des forces de l’ordre mobilisées pour les déloger. Finalement, mardi 29 octobre, date à laquelle la procédure d’expulsion dont ils faisaient l’objet entrait en vigueur, aucune sirène n’a retenti. La préfecture a décidé de ne pas procéder à l’expulsion du squat.

Dimanche, la décision était encore en suspens du côté de la préfecture mais par précaution les squatteurs avaient monté des barricades lundi soir et bloqué l’accès principal à l’aide d’une chaîne. Les banderoles déployées et les morceaux de verre collés sur le haut de la grille d’entrée témoignaient de leur détermination.

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Les squatteurs qui ont investi cette friche industrielle de 7 000 m2 en mai 2018 s’étaient donnés pour mission de « tenir » le lieu jusqu’à la trêve hivernale, c’est-à-dire jusqu’au vendredi 31 octobre. Selon les occupants, l’Établissement public foncier d’Île-de-France (EPFIF), le propriétaire actuel des lieux, avait donné son accord oral sur l’exploitation du site jusqu’à l’horizon 2024, année à partir de laquelle des chantiers de construction d’habitations doivent être lancés.

« Un jugement a été rendu il y a six mois, aboutissant sur un commandement de quitter les lieux. Nous n’avons pas fait appel, rappelle Léa Vasa, adjointe à la mairie du 10e arrondissement de Paris chargée notamment de l’économie sociale et solidaire et qui coordonne avec d’autres cette mobilisation qui se veut non violente. Mais nous ne sommes pas entrés par voie de fait ce qui nous donnait le droit à la trêve hivernale. »
 

« Des réponses à des besoins sociaux »

C’est donc une surprise lorsqu’en août dernier l’huissier de justice leur adresse un commandement de quitter les lieux juste avant la fameuse trêve. Le Landy Sauvage avait même reçu une visite de deux policiers vendredi 25 octobre. Tout indiquait que l’expulsion aurait bien lieu. Dans le squat, c’était le branle-bas de combat et trois jours de blocage avaient été programmés. Lors d’une assemblée générale organisée dimanche 27 octobre, de nombreuses organisations (Extinction Rebellion, le collectif pour le Triangle de Gonesse, Solidarité Migrants Wilson…) avaient répondu présent à leur « appel populaire » pour soutenir les collectifs d’artistes et habitants du Landy Sauvage. En effet, près de 60 personnes, dont des enfants et au moins deux familles, vivent sur place. L’association Paris Refugees Ground Support y stocke même des produits alimentaires et des couvertures pour ses maraudes.

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Le Landy Sauvage, qui se situe à la frontière entre Saint-Denis et Saint-Ouen, avait reçu le soutien du député La France Insoumise Éric Coquerel. « C’est un lieu que je ne souhaite pas voir disparaître après l’expulsion de Mains D’Œuvres, à quelques encablures de là. D’autant qu’aucun projet n’y verra le jour avant 2023 », s’est exprimé l’élu de la 1re circonscription de Seine-Saint-Denis sur les réseaux sociaux.

Dans une lettre datée du 21 octobre, le maire de Saint-Denis Laurent Russier se montrait plus précautionneux en regard de sa fonction qui l’oblige à veiller à la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques dans sa commune. « Les propositions artistiques ou relevant d’une démarche civique répondent à des besoins sociaux. Elles sont souhaitables mais il est indispensable de réunir les conditions de sécurité et de respect des règles communes pour les voir perdurer. » L’édile conditionnait le soutien de la Ville pour l’obtention d’une convention d’occupation temporaire des lieux en échange de « garanties quant à la mise en sécurité des personnes » hébergées.

Le Landy Sauvage bénéficie de cinq mois de répit pour entamer des travaux de sécurisation et ainsi espérer mettre toutes les chances de son côté pour la suite. 

Maxime Longuet

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