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/ Le graff au coeur de Saint-Denis

(c) Olivia Kouassi
(c) Olivia Kouassi

Nicolas Obadia, de l’association le Mur 93, nous a fait découvrir l’art du street art à Saint-Denis et son évolution en marchant le long du canal au début du mois de mars. Le street art a commencé aux États-Unis dans les années 1980 et fait partie du mouvement hip-hop dont il est l’art visuel. De Paris, il arrive à Saint Denis vers 1985, car la zone, remplie de friches industrielles, le permettait. Les jeunes s’emparent de cet art pour se libérer et se faire connaître.

Beaucoup de groupes connus se sont emparés du graff comme NTM. Aujourd’hui, le graff à Saint Denis est structuré par des événements d’art urbain ou des commandes. Les techniques de graff sont très variées. Les graffeurs peuvent utiliser la technique du pochoir, du collage ou encore celle de la bombe de peinture, la plus utilisée entre autres pour les tags illégaux. En passant le long du canal on constate que la Plaine est remplie de graffs.

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On peut voir une fresque faite à la bombe, comme le Tyrannosaure réalisé en 2016 par Crew 132, une autre, faite en hauteur à l’aide d’échelle, au pochoir, représentants des poissons, c’est le King Fish, du collectif No Rules Corp, et, trois mètres plus loin, un graff illégal à la bombe. Se croisent là des œuvres légales et d’autres qui ne le sont pas. En effet, le graff est considéré comme un délit de détérioration des biens d’autrui. La police peut intervenir pour mettre une amende.

Embellir l’espace urbain

Beaucoup de grands artistes de street art, reconnus aujourd’hui, ont commencé dans la rue, dans les métros ou sur les trains, illégalement.De nos jours, beaucoup d’œuvres sont légales car commandées par les mairies ou des particuliers. Pour les villes, c’est un moyen « d’embellir l’espace urbain » et d’y faire participer les citoyens. La fresque des poissons a ainsi été réalisée en partie avec la participation d’enfants du quartier. Aujourd’hui, le street art est une source de revenus pour la ville. L’Office de tourisme de Saint-Denis organise des visites de la « Street Art Avenue », initiative de Plaine Commune, le long du canal, plusieurs fois par mois. Les artistes ou les crew (groupe d’artistes) répondent à des commandes de communes, de particuliers ou d’associations.

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Le Mur 93, par exemple, invite tous les deux mois un graffeur ou un crew à réaliser une œuvre sur leur mur rue Pierre-Dupont, et ce, depuis 2018. Les plus grands artistes, français et étrangers, sont ainsi venus travailler à Saint-Denis comme les 93MC, Psychoze, les Black Lines ou Lek. Tout est financé grâce aux subventions qui leur sont offertes par la Ville. Cette marchandisation du street art pose question. Le crew Funky Deco Group a ainsi réalisé la fresque Egyptian Riddim sur le canal qui critique cet état des faits et interroge la liberté et l’origine des graffeurs.

La classe de 4e B du collège Iqbal-Masih