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Saussaie, Floréal, Courtille
/ Le film de leur quartier

On s’attache aussi au béton est le titre du documentaire que Manon Garcia a consacré à SFC, son histoire et ses habitants. Le film a été projeté en leur présence à l’Écran le 22 octobre.
© Maison de quartier Floréal
© Maison de quartier Floréal

Ils sont un peu plus de quatre-vingt jeudi 22 octobre dans la grande salle du cinéma l’Écran. Certains sont des habitués de la Maison des seniors. D’autres arrivent de SFC (Saussaie, Floréal, Courtille). Ils viennent assister à la projection de On s’attache aussi au béton, documentaire de Manon Garcia issu de son travail dans le quartier. La jeune femme a conduit le projet Mémoire en tant que médiatrice culturelle après y avoir été en service civique. Elle suit aujourd’hui une formation de documentariste à l’École documentaire de Lussas (en Ardèche).

Prévue initialement à 20h, la séance a été déplacée à 18h30 en raison du couvre-feu. Sur l’écran alternent des images des ateliers menés à la Maison de quartier Floréal, des portraits d’habitants et des images d’archives (en particulier du bidonville qui occupait une partie de l’actuel parc Georges-Valbon). On y voit des anciens qui regrettent la disparation des commerces autrefois nombreux, et des enfants les yeux écarquillés quand ils apprennent qu’une rivière traversait le quartier et que la légende veut qu’on y ait vu un crocodile. Un vrai projet intergénérationnel avec pour objectif  de dépasser le « c’était mieux avant ».

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Le titre du documentaire est tiré du propos d’un des témoins, Adrien, 30 ans, trente ans à SFC. Il ajoute, à l’issue de la projection : « Le bonheur se trouve parfois pas très loin de chez soi. » Aïcha, venue des Hauts de France, et à SFC depuis 2001, s’étonne : « Je ne me voyais pas comme ça… Aussi impliquée. Quand je me suis vue la première fois, j’ai fondu en larmes. » Dans le documentaire, elle est auprès d’autres parents (essentiellement des mères) se battant pour l’école. Samia, elle, revient sur un sujet qui lui tient à cœur : « J’avais beaucoup de choses à dire en particulier sur les femmes battues. » À l’écran, elle dévoile son attachement à son appartement dans lequel, si elle a failli perdre la vie sous les coups de son mari, elle a aussi conquis sa liberté.

Après la projection, Oriane Filhol, maire adjointe en charge des solidarités, félicite les habitants et les professionnels qui ont permis de mener ce projet jusqu’à son terme. Elle salue aussi le travail mené par la Maison des seniors pour la Semaine bleue « qui a duré trois semaines à Saint-Denis », un temps destiné à mettre en avant les retraités. L’édition 2020 qui se clôt avec cette soirée au cinéma a réussi à être menée jusqu’à son terme malgré les difficultés liées à la situation sanitaire.

 « Il faut que ce film soit primé », lancent plusieurs spectateurs lors des échanges après le film. La réalisatrice rétorque : « Il faut déjà trouver le moyen de le diffuser et ce n’est pas simple. » Chacun s’accorde sur le taux de chaleur humaine et d’émotion qui se dégage des images, si précieux en cette période. « Et ça tranche avec la réputation de SFC », entend-on dans la salle.

Le projet Mémoire de la Maison de quartier Floréal

On s’attache aussi au bétonprogrammé le 22 octobre à l’Écran n’était une première. Le film avait déjà été projeté à la Maison de quartier Floréal et en extérieur à SFC cet été. Ce film raconte le projet Mémoire mené à Floréal entre septembre 2018 et février 2020, avec des rencontres entre habitants et des ateliers collage pour constituer une fresque qui couvre les murs intérieurs de la Maison de quartier. Sa façade accueille, elle, la fresque de l’artiste Claire Courdavault inspirée par les histoires des habitants.

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Le projet Mémoire c’est aussi trois numéros d’Histoires de trois cités, un trimestriel réalisés avec les habitants, et une émission de radio avec l’association Radio Déclic. On suit dans le film plusieurs balades urbaines. Les unes avec une archéologue de l’Unité d’archéologie de Saint-Denis pendant lesquelles les habitants découvrent l’origine de Marville (1), un autre nom du quartier, ou le passé de l’actuel parc Georges-Valbon qui comprenait la Campa, un des plus importants bidonvilles dans les années 60. Les autres balades menées par les habitants de tous âges, en racontant le quartier à leur manière. Autant de rencontres pour échanger et se raconter au-delà des frontières des générations et des origines, pour vivre ensemble en quelque sorte. 
 

Véronique Le Coustumer

  1. Merville, à l’origine du nom Marville, est une bâtisse située à l’actuel emplacement de Floréal. Au Moyen-Âge, elle était un lieu de villégiature des moines de l’abbaye de Saint-Denis et une ferme alimentant la même abbaye.

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