Portrait

Le collectif d’abord

« Pourquoi dans l’action d’un groupe, vouloir toujours ressortir celle d’un individu en particulier? » Françoise Carayon a tiqué avant d’accepter de paraître dans le JSD avec sa photo à la clé. Par cabotinage ? Cela surprendrait énormément l’entourage de la présidente du Conseil de développement de Plaine commune. Le seul prosélytisme affiché, c’est celui du collectif d’abord. Celle qui est en charge de l’animation des groupes de travail des habitants issus des huit villes de l’agglo ne rigole pas avec les symboles. « Je suis contre toute personnalisation, cette maladie de l’individualisme qui sert de modèle à notre société. Une vraie fausse valeur », renchérit-elle.
Déléguer, faire confiance, miser sur les intelligences, mais aussi faire ensemble, Françoise est persuadée qu’il n’existe pas de sauveur suprême. « Je ne suis pas la vérité révélée. Les conseillers en savent autant que moi sur les dossiers », assure-t-elle. Elle se considère plutôt comme une cerise sur le gâteau de la démocratie participative, dont le conseil consultatif est un exercice grandeur nature.
«Toute petite à Albi, j’ai été baptisée au collectif auprès de parents engagés. Les portes de la maison étaient grandes ouvertes et le voisinage se retrouvait devant le soir, à discuter.» Son enfance a déterminé son goût pour les autres. Son parcours professionnel dans l’économie sociale et solidaire à la CAF de La Rochelle, l’animation de la sphère associative, l’accompagnement de projets dans les quartiers, le féminisme et le planning familial, découle de la même logique. «Les gens ne croient pas assez à ce qu’ils peuvent faire avec d’autres. »
Vue de Charente-Maritime, comme la banlieue peut sembler lointaine et inhospitalière. Mais c’est bien à Saint-Denis, au tournant des années 90, que Françoise a débarqué. «La chaleur et la proximité des habitants me rappellent mon Sud-ouest natal.» Elle a jeté l’ancre dans le centre. Le marché est son point de ralliement. «Sans basculer dans l’angélisme, c’est une ville où on peut vivre ensemble à condition de s’y mettre tous. »
L’inépuisable activiste, directrice d’une structure mère-enfant à la Plaine, apporte sa pierre personnelle à l’édifice commun. Elle a pris sa part dans les démarches-quartiers, a rempli les fonctions de déléguée au budget participatif. Françoise a poussé des gueulantes, s’est fait quelques inimitiés, a même pris des coups, et pas qu’au figuré. «L’injustice me révolte, l’indifférence et la lâcheté tout autant», confie-t-elle. Elle revendique aussi un rôle d’emmerdeuse. Par exemple lorsqu’elle se paye en direct le directeur de la Poste parce que les usagers poireautent au-delà du raisonnable dans les files d’attente. Mais par-dessus tout, elle agit. Avec l’association Vivre ensemble, pas la loi du plus fort, par exemple, elle anime dans les quartiers des débats sur le lien social. Elle ne conçoit pas sa vie autrement qu’en mouvement. C’est parfois usant pour ses proches qui peinent à l’attirer sur les sentiers de randonnée où elle adore pourtant s’évader. Mais promis « à la retraite, je me calme ». On ne la croit qu’à moitié.
F.L.

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