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/ Le casse-tête des distributeurs de billets

Saint-Denis compte une trentaine de distributeurs pour plus de 110 000 habitants, un chiffre qui pourrait être satisfaisant si ceux-ci étaient mieux répartis sur le territoire… Et fonctionnaient !
A Franc Moisin, un rare distributeur de billets... en panne.
A Franc Moisin, un rare distributeur de billets... en panne.

D’un geste d’exaspération résignée, Menoune, 55 ans, soupire en voyant apparaître sur l’écran du distributeur de billets un message malheureusement trop familier: « Appareil provisoirement indisponible ». « Il ne marche qu’une fois sur deux ! », assure cette habitante de Franc-Moisin depuis une vingtaine d’années. C’est le seul distributeur du quartier, situé au bureau de Poste Casanova. « Il y en a aussi à l’intérieur, mais la Poste est fermée de 12h à 14h », regrette la Dionysienne, qui a pris l’habitude de retirer de l’argent dès qu’elle se balade dans le centre-ville. Car c’est là que se situent la majorité des distributeurs de billets de la ville.

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Une concentration dans le centre-ville

Les quartiers à la périphérie du centre-ville sont tous délaissés. Dans l’est de Saint-Denis, de l’hôpital Delafontaine jusqu’au quartier Saussaie-Floréal-Courtille, les Dionysiens ne peuvent compter que sur les distributeurs de deux bureaux de Poste. La situation est similaire près de l’université Paris 8 ou encore à la Plaine.

« Je dois marcher une quinzaine de minutes pour retirer à la Poste située avenue du Président-Wilson (si cela fonctionne !). J’ai donc pris l’habitude d’anticiper, mais c’est problématique quand on me rend visite, les boulangeries ne prennent la carte qu’à partir d’un certain montant, cela pousse à la consommation », témoigne Anaïs, 26 ans. Très sollicités les jours de marché, il arrive souvent que les distributeurs du centre-ville se retrouvent à sec ou dysfonctionnent. « Il en faudrait davantage à côté des gares, dans la galerie commerçante du métro Basilique… », se plaint Willy, 43 ans, qui aimerait ne pas avoir à se rendre jusqu’à rue de la République pour retirer à la Banque postale. « Dans une autre banque, cela coûte des frais », souligne-t-il.

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« La commission touchée par la banque lorsque des clients extérieurs à celle-ci faisaient des retraits a diminué, ce qui a eu pour conséquence depuis 2017 la fermeture de plus de 1000 distributeurs par an en France, jugés pas assez rentables », explique Frédéric Guyonnet, président du SNB (Syndicat national de la banque et du crédit). La présence d’un distributeur près d’une zone commerciale est stratégique, mais d’autres critères rentrent en compte.

« Dans certaines zones, l’entretien des appareils coûte plus cher que ce qu’ils rapportent, à cause de la fréquence des actes de vandalisme », souligne Valérie Lefebvre Haussmann, secrétaire générale de la Fédération CGT banque & assurances. Conséquence : la Banque postale se retrouve seule à assurer ce service dans plusieurs quartiers… Et est débordée.

Delphine Dauvergne

Réactions

« Dans certaines zones, l’entretien des appareils coûte plus cher que ce qu’ils rapportent, à cause de la fréquence des actes de vandalisme »... Actes de vandalisme ??!! pas du tout c'est la faute de l'Etat vous dira l'équipe municipale actuelle. Qui n'a pas les genoux qui tremblent ou se sent mal à la l'aise à l'idée de retirer son argent dans un DAB ? On se "mort la queue" à chaque fois, car tout est la cause des choix politiques fait par et pour cette ville. Alors assumons nos délires !