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Ilot Peri-Bonnevide
/ L'avenir du Grand Centre ville nord

Nom ou initiales: 
Isabelle Jéhanno Soulages

Mesdames, Messieurs les élus,

Je tiens à remercier Monsieur PROULT qui a bien voulu s’entretenir avec moi au sujet de l’état actuel de la Rue Bonnevide.

Lors de cet échange, nous avons convenu qu’accepter cet état revient à normaliser la présence des guetteurs hurleurs dealers, que cette présence est autant inacceptable qu’indésirable pourrissant la vie des habitants autant que l’image d’une ville que nous aimons tous et qui a un très beau potentiel humain et architectural.

Nous avons convenu que la partie sud du Grand centre ville (centre historique) de la ville dont vous avez le destin entre vos mains, est bien mieux lotie que la partie nord, le prix du foncier y étant entre 20 et 30% plus élevé.

Il subsiste donc une injustice de traitement entre nord et sud qu’il conviendra de régulariser rapidement, la distinction est-ouest n’existant pas.

La rue Bonnevide dans son état d’origine en 1930 était bordée de chaque côté d’une sorte de barrière protectrice de maisons et petits immeubles constituant un habitat dense et humain.

En 1946-50 a été construit la cité Langevin à l’endroit d’anciens terrains maraichers.

En 1959-60 a été construit la cité Péri. Afin de compenser la concentration en blocs d’habitat des logements collectifs, une très grande surface d’espaces verts, héritage du passé rural, a été prévue au sein de la cité et alentour, notamment côté impair de la rue Bonnevide, créant, de fait, un territoire inoccupé, vacant, libre.

Depuis 1960, cet Ilot Péri-Bonnevide, actuellement terrain de chasse des dealers, qui géographiquement leur offre 4 voies d’entrées (2 Péri, 2 Bonnevide), n’a pas bougé en matière d’urbanisme.

Il est donc urgent de s’en inquiéter et de contrôler ses accès (ou de les combler).

Entre 1960 et 2020, la ville a évolué et s’est densifiée en terme de population. La géographie de la ville doit donc elle aussi évoluer. Il est urgent de considérer que ce secteur n’est plus la campagne avec sa générosité d’espaces verts, et, qu’à rester inerte, la ville meurt sous l’emprise de non-choix qui consistent à ne pas remédier à de nouveaux comportements indésirables.

De nombreux exemples concourent en ce sens. Depuis vingt ans dans le 19èmearrondissement, tous les ilots cœurs de trafics ont été mis sous contrôle parla seule voiede la requalification urbaine, en y amenant une nouvelle population dans de nouveaux immeubles de petites tailles avec mixité d’accession à la propriété et de logements sociaux (exemple du Passage Goix). Il ne fait aucun doute que la population entière a été ravie de cette évolution tant attendue dans le quartier de Stalingrad.

Ceci relève donc d’un problème d’urbanisation consistant à adapter la ville aux nouveaux besoins et comportements en la restructurant ; urbanisation qui n’a pas évoluée depuis soixante ans et doit trouver une réponse sans tarder par une prise de décision.

La requalification du cœur de ville- grand centre ville- doit être votre priorité.

En ce sens, prétendre que « la population serait résistante au changement » ou simplement conservatrice, semble être une réponse inadaptée, à l’heure des grands projets, où c’est à vous, élus, d’être porteurs de ces projets et de les défendre avec vigueur pour proposer une vie meilleure ou simplement digne aux habitants.

Qui pourrait résister au changement face à cette appropriation du territoire par des dealers, dans une rue où il est impossible à tout inconnu d’errer en paix, où les habitants deviennent eux-mêmes guetteurs des guetteurs par crainte de faux mouvements, dans une rue où l’on s’accoutume à la crainte, où les traques policières totalement vaines, sont la norme?

Tel est ce que j’ai observé sur place en enquêtant longuement auprès des locaux, jeunes ou moins jeunes : un état de guet constant, défensif, qui s’est propagé et généralisé aux habitants.

Trouvez vous cela normal ?

Tolérer cet état de fait en arguant que « ce n’est pas un problème urbain » alors que nous sommes dans la ville et non plus en 1960 au premier stade de modification de la campagne en zone urbaine… ou évoquer la résistance au changement des habitants (plutôt que la sienne), revient à cautionner cet état ou à cultiver le déni.

En conséquence, je vous interpelle une fois encore, pour prendre en main la redéfinition urbaine de cet ilot découpé en zones disjointes privées de cohérence (j’ai laissé à M.PROULT un plan visualisant ce découpage en trois parties distinctes) afin d’y créer du lien tel qu’à l’origine il devait y en avoir dans la rue Bonnevide qui a gardé, côté pair, le charme des anciens faubourgs, un bel atout à valoriser.

Evoquer le conservatisme de ceux qui vous ont élus, n’est ce pas s’opposer à l’évolution possible de la ville et par là, de son avenir?

Restant à votre disposition, je vous prie de croire, Mesdames, Messieurs les élus, à l’expression de mes sentiments respectueux.

Ilot Peri-Bonnevide

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