Portrait

Laurent Benacerraf

Un sacré Tour de main

C’est peu dire que Laurent Benacerraf est un sportif. Ancien rugbyman, joueur et entraîneur, après plusieurs années de kinésithérapie, il est aujourd’hui ostéopathe à Saint-Denis. Et adepte de la course à pied sur longue distance. Et membre de l’encadrement médical de l’équipe cycliste professionnelle Bouygues Télécom. Bref, l’homme est actif et s’adonne à ces activités avec autant d’enthousiasme que de compétence. Par quoi commencer ? Par le professionnel peut-être, l’ostéopathie n’étant pas encore très bien connue en France.
« Si la kiné a pour vocation de traiter une douleur, l’ostéopathie va rechercher la cause de celle-ci : choc, mauvaise position, mouvements répétitifs, problèmes viscéraux… », explique-t-il. Il faut donc apprendre à connaître le patient, ses habitudes, ses antécédents, son mode de vie. L’ostéopathe procède ensuite à un examen manuel. « Tout passe par les mains et les doigts. Il faut trouver les zones de résistance, tester chaque vertèbre, car chacune d’elle correspond à un organe. » Un peu comme en acuponcture, les liens nerveux sont en première ligne. Par exemple, des douleurs aux mains peuvent venir d’un problème de cervicales.
Si ses patients sont des gens ordinaires (à ceci près que l’ostéopathie n’est toujours pas remboursée par la Sécurité sociale !), ses talents l’ont amené à fréquenter de nombreux sportifs. Dont aujourd’hui les cyclistes de l’équipe dirigée par Jean-René Bernaudeau, parmi lesquels des champions comme Thomas Voeckler, Pierrick Fédrigo ou encore le jeune espoir russe Yuri Trofimov qui s’est illustré lors du récent Dauphiné et qui devrait participer au Tour de France. Sur la Grande Boucle, Laurent Benacerraf est intarissable. Le Tour 2008 sera son deuxième. « Le premier, c’est quand Voeckler a été maillot jaune », sourit-il. Auprès des coureurs, il a un rôle autant thérapeute que psychologique. « Nous les mettons sur pied après une chute, nous traitons leurs pathologies spécifiques (genoux, bassins, tendons) ou des problèmes respiratoires, mais certains viennent nous voir simplement pour se rassurer, être sûrs que tout va bien. Une belle connivence peut alors s’installer avec certains, comme Voeckler par exemple. »
Laurent Benacerraf possède une belle expérience, avec à son actif trois Tour d’Italie, les Quatre jours de Dunkerque, le Dauphiné, des classiques comme Paris-Roubaix ou Gand-Wevelgem et, donc, le Tour. « Mais on ne voit pas trop la course, confie-t-il, sauf lors des contre-la-montre, où l’on peut suivre un ou plusieurs coureurs. » C’est ainsi qu’il garde un souvenir enthousiaste de la montée vers l’Alpe d’Huez en 2004. Mais on allait oublier le marathonien ! Le 22 juin dernier, il a participé au Trail de l’Aubrac : 85 Kms et 3 200 m de dénivelé ! Il raconte cela en toute simplicité, comme une évidence, dans son cabinet où trône derrière son bureau un maillot encadré de l’équipe Bouygues Télécom signé par les coureurs, dont plusieurs ont écrit : merci. Laurent Benacerraf est fin prêt pour le Tour.
Benoît Lagarrigue