Cultures

Lycées Suger et Paul-Eluard
/ Langues très vivantes

La Semana Hispanica reconduite pour la quatrième fois est l’occasion, à Suger, d’appréhender la langue espagnole de manière concrète, culturelle et festive. À Paul-Éluard, la Quinzaine des Langues, elle, met en avant tous les idiomes proposés dans le lycée : espagnol, italien, créole, arabe, allemand, anglais et portugais.
La Semana Hispanica à Suger s’est achevée en musique avec le concert des Alma Flamenca.
La Semana Hispanica à Suger s’est achevée en musique avec le concert des Alma Flamenca.

« Nous voulions démontrer que l’on peut apprendre une langue d’une autre façon. Sortir du cadre classique éveille l’intérêt des élèves, c’est une évidence. » Marilyne Ribeiro-Marta enseigne l’espagnol au lycée Suger et, pour elle, tous les moyens sont bons pour valoriser la langue de Cervantes et la culture hispanique auprès de ses élèves.

Durant une semaine, la professeure et trois autres de ses collègues ont organisé au sein de l’établissement la Semana Hispanica pour la quatrième année consécutive. Entre rencontres, concerts et ateliers de danse (salsa, tango et même bachata), les lycéens ont pu profiter d’une semaine placée sous le signe de l’ouverture culturelle, de l’Andalousie à la Cordillère des Andes en passant par les Caraïbes. Lundi 1er avril, l’écrivaine franco-chilienne Maria Poblete, qui mène déjà des ateliers d’écriture au sein du lycée, était venue présenter son dernier livre La dictature nous avait jetés là… (Éd. Actes Sud). L’occasion pour elle de raconter son expérience de l’exil à l’instar de Minerva Navarro, professeure d’espagnol à Drancy qui s’est prêtée à l’exercice le vendredi suivant. 
 

 

Histoires partagées

 Les deux exilées chiliennes arrivées il y a 40 ans en France ont témoigné (en espagnol) et se sont livrées à un jeu de question-réponse sans tabou. « Les thèmes abordés comme l’immigration, l’intégration, la double culture, les origines ont résonné chez certains élèves, affirme Mme RibeiroMarta. Ils se sont sentis concernés. » Maria Poblete abonde dans son sens. « Ils ont l’impression que l’on parle d’eux, de leur famille. On leur prouve aussi que, malgré tout, on peut réussir sa vie, développe l’écrivaine. Quand je leur parle de mon enfance passée dans une cité de la banlieue de Lyon ou des difficultés à s’intégrer et à apprendre le français, ils sont étonnés de voir jusqu’où j’ai pu aller. »

La semaine hispanique s’est achevée avec le concert des Alma Flamenca (notre photo) et de l’orchestre arabo-andalous El Mawsili, venu en formation réduite pour un saut dans le passé. Enfin, Quintin Gutierrez, harpiste de génie, et Luis Perez, joueur de cuatro (guitare à quatre cordes vénézuélienne, ndlr) et agent de service à Suger, ont interprété des classiques de la musique traditionnelle vénézuélienne dans un amphithéâtre plein à craquer.

L’Espagne et l’Amérique Latine ont rayonné tout au long de la semaine mais derrière le vernis se cache une autre réalité. Marilyne Ribeiro-Marta ne peut que constater le recul de l’apprentissage de cette langue boudée par les institutions. « Nous avons perdu beaucoup d’heures, il n’y a plus d’option langue renforcée par exemple. J’ai l’impression que l’espagnol a perdu ses lettres de noblesse, comme s’il n’était pas pris au sérieux », regrette la professeure. 
 

Un spectacle pour élèves et parents

Au lycée Paul-Éluard, la Quinzaine des Langues a débuté cette semaine. Le festival a pour but de valoriser les langues vivantes proposées dans l’établissement : l’espagnol, l’italien, le créole, l’arabe, l’allemand, l’anglais et le portugais. Et encore une fois, des enseignants sont à l’initiative du projet. Myriam Benoliel, Rime Abdel Nabi et Giuseppe Saponaro, respectivement professeurs d’allemand, d’arabe et d’italien, ont mis en place cet événement en organisant des repas thématiques, des projections et des débats avec les élèves.

Des ateliers théâtre, des jeux de rôle en créole, un karaoké en espagnol, de la calligraphie arabe se tiendront également mercredi prochain et, pour la soirée de clôture du vendredi 19 avril, les clubs de manga, de musique et de magie du lycée proposeront un spectacle ouvert aux élèves et à leurs parents. « Il y a une fonction sociale à cet événement, mais aussi pédagogique. Les parents voient concrètement ce que notre établissement propose », assure M. Saponaro, qui s’estime chanceux de voir la langue qu’il enseigne gagner du terrain. Au total, à Paul-Éluard, une cinquantaine d’élèves ont choisi en option l’italien (LV3). « L’italien prend de l’ampleur. Il y a plus de sections qu’avant. Quand je suis arrivé il y a deux ans, j’avais 9 élèves en 2de contre 15 aujourd’hui. On ne peut que s’en réjouir mais il faut rester vigilant. » En effet, la réforme des lycées suscite la méfiance. Certains craignent la disparition des sections LV3. « Ce festival, beau et fédérateur, est avant tout un message pour valoriser nos langues vivantes. »

Maxime Longuet

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