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Manifestation féministe
/ La République des femmes

Samedi 9 mars, le collectif féministe Les Dionysiennes a décidé de se réapproprier l’espace public en occupant la principale artère du centre-ville.
Lors de la manifestation, Les Dionysiennes ont rendu hommage aux 30 femmes assassinées en France depuis le début de l’année 2019, victimes de violences conjugales.
Lors de la manifestation, Les Dionysiennes ont rendu hommage aux 30 femmes assassinées en France depuis le début de l’année 2019, victimes de violences conjugales.

Les pavés de la rue de la République recouverts de dessins de clitoris… le symbole est fort ! . Dès 10 h, samedi 9 mars, une quinzaine de personnes, le noyau dur des organisatrices, s’affaire place Jean-Jaurès. Banderoles et pancartes sont en cours d’élaboration. « Femmes précaires, femmes en guerre », « Mon corps mon choix », « Dionysiennes en colère »… Créé en novembre 2018 à l’occasion de la Journée contre les violences faites aux femmes, ce collectif rassemble des femmes de tous milieux et des militantes de plusieurs associations locales.

« Nous avons eu envie de créer une permanence d’événements féministes à Saint-Denis, mais indépendante des pouvoirs publics et des institutions, avec pour principal mot d’ordre la lutte contre les violences faites aux femmes, qui sont renforcées par la précarité et le racisme », raconte Sonia.

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Contre les violences sexistes et sociales

La météo grise et venteuse n’abat pas le moral des mobilisées, qui commencent à scander quelques slogans. « Dionysiennes, en colère ! Y’en a marre de la galère ! »,  « Violences sexistes, violences sociales, même combat contre le capital ». Armées de banderoles et de pancartes, elles partent en manifestation, sous les yeux curieux des commerçants et des passants. Elles installent un stand en face du bureau de Poste de la voie piétonne, tout en continuant de distribuer des tracts. Le cortège et l’attroupement autour du cercle formé grossissent. « Il y a énormément de femmes qui passent dans cette rue, c’est important de rendre notre cause visible », encourage Louise au mégaphone. Gladys et Natacha rendent ensuite « femmage » (hommage au féminin) aux 30 femmes assassinées en France depuis le début de l’année 2019, victimes de violences conjugales.

 

 

Revendications en fanfare

S’ensuit la liste des revendications des Dionysiennes, parmi lesquelles on trouve notamment la fin des violences et des inégalités salariales, une meilleure répartition des tâches ménagères, la gratuité de l’avortement et de la contraception, ou encore la dénonciation des discriminations territoriales (accès à l’éducation, aux soins…). « Les femmes veulent du pèze pour le 93 ! », réclament les manifestantes en remontant jusqu’au bout la rue de la République. Elles sont cette fois-ci accompagnées par la Fanfare Invisible.
 

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Au programme, des chants révolutionnaires comme Bella Ciao, mais aussi le traditionnel Hymne des femmes. L’humeur est bon enfant, on danse, on profite du défilé rythmé, composé désormais d’une cinquantaine de personnes. Safiata, membre de l’association des femmes de Franc-Moisin, s’empare du mégaphone pour chanter en maninkakan, une langue d’Afrique de l’Ouest. « On en a marre », répète-t-elle à la fin en enjoignant les autres à lui répondre. Jamila l’accompagne au djembé. « C’est important pour moi d’être là, de montrer notre détermination. Les femmes sont bafouées dans leurs droits, mises de côté dans la société. Je suis venue aussi pour celles qui ne peuvent pas se déplacer, faire entendre la voix de celles qui sont à l’hôpital, en prison, enfermées dans les quartiers, sous l’autorité des hommes », explique-t-elle. « Et parce que nous ne voulons pas pleurer, nous chantons maintenant », proclame à son tour le groupe de chant de Myriam Krivine, qui alterne poèmes et chansons participatives. « Si les femmes chantent fort c’est qu’elles ont à dire : foutez la paix à nos corps et à nos plaisirs. La porte je sais l’ouvrir seule, tout aussi bien que ma gueule… »

Les animations se terminent vers 14 h par des performances de l’association Flamenco art et mémoire, et la batucada Guarichas Cósmikas. « La lutte des femmes, c’est tous les jours! », rappelle Louise au mégaphone.

Delphine Dauvergne

Réactions

La lutte des femmes s'intègre dans l'universalisme des droits humains hors à st Denis nous sommes fières d'avoir 120 nationalités donc 120 communautés culturelles mais malheureusement nous avons aussi 120 communautarismes qui considèrent que cette lutte a une forte blanchité culturelle. Comme nous ne sommes pas dans une émigration choisie et que l'on accueille à tout va les étrangers, il faut s'attendre que cette lutte passe aux oubliettes de l'histoire au même titre que les droits de l'homme (suivant la convention de l'ONU de 1948) car il y a une remise en cause actuellement par des identitaires racisés de l'universalisme des droits humains cautionnée par des pays où la culture patriarcale est très prononcée et les droits de l'hommisme générés par des intellectuels gentillets de type extrême gauche (ex: no borders, NPA, libertaires, etc )

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