En ville

Cité Langevin
/ La réhabilitation freinée

La réhabilitation de la cité Langevin (186 logements) a pris du retard en raison de la crise sanitaire. Une complication supplémentaire alors qu’il n’est déjà pas simple de réhabiliter en milieu occupé.
L’isolation des façades et le remplacement des fenêtres ont repris mais pas les travaux d’électricité et de plomberie (c) Yann Lalande
L’isolation des façades et le remplacement des fenêtres ont repris mais pas les travaux d’électricité et de plomberie (c) Yann Lalande

En cette douce matinée de juillet, les bruits des perceuses et des truelles résonnent dans la paisible cité Paul-Langevin (à deux pas du centre-ville). Les ouvriers s’affairent de nouveau sur cette réhabilitation de 186 logements qui aurait dû s’achever au 30 juin si l’on en croit le monumental panneau d’information planté au milieu de la cité. Mais voilà le confinement et les mesures sanitaires sont passés par là. « On avait un mois de retard sur le planning initial avant la crise sanitaire, explique-t-on du côté de GTM l’entreprise en charge des travaux. Désormais la livraison est espérée à plus cinq mois à compter du début de l’intervention des électriciens.» Ces derniers n’étaient pas encore autorisés à reprendre la semaine dernière.

Dialogue avec les locataires 

La livraison finale de l’intégralité des logements pourrait donc n’intervenir qu’en janvier 2021. Si le ravalement des façades a repris dès le 18 mai, les menuisiers qui posent les fenêtres réinterviennent seulement depuis le 29 juin et l’installation des VMC (ventilation) n’a recommencé que le 6 juillet. Électriciens et plombiers sont encore à l’arrêt, faute d’autorisation sanitaire. « Et si l’électricien ne peut pas passer, ça bloque le peintre », rappelle-t-on chez GTM. Intervenir en milieu occupé n’est déjà pas une sinécure en temps normal, mais au temps du Covid-19, les travaux se transforment en casse-tête alors que neufs corps d’état sont mobilisés cité Langevin. Dans la cité certains locataires grognent. La pose des fenêtres a parfois été chaotique. Quand elles sont remplacées (95 % ont été posées), les volets se font eux toujours désirés. On bloque sa journée pour attendre le passage d’un ouvrier qui ne vient pas. Et quand partir en vacances si des travaux sont à venir? Rien que du très classique pour une si grosse opération qui implique son lot d’aléas rétorque-t-on du côté de GTM et de Plaine Commune habitat (PCH) le bailleur. « Deux cahiers de réclamation sont à la disposition des locataires et sont étudiés avec GTM chaque mercredi », détaille le technicien de proximité PCH qui passe trois fois par semaine dans la cité.

À lire aussi : L'enfouissement des lignes à haute tension a débuté

Ce matin, accompagné du jeune conducteur de travaux, le technicien PCH passe voir comme promis, Mme Hurpin, habitante de la cité Langevin depuis 46 ans. Cette dernière s’inquiète des travaux à venir dans sa salle de bain. Le lavabo sera déposé et le lave-linge réinstallé selon les souhaits de la locataire. « Nous avons une réunion de chantier toutes les six semaines avec le bailleur, il y a un vrai dialogue », se félicite de son côté Christian Trigory président de l’amicale des locataires. Au rayon problèmes, celui des vols de matériau n’est pas des moindres et participe des contretemps : garde-corps ou fenêtres ont parfois disparus. De coûteux outils de chantier pourtant gardés sous cadenas dans des containers, également. Cette réhabilitation à 7,5 millions €, qui verra notamment passer les logements de la classe E à la classe B en termes de consommation énergétique, soulève enfin un dernier problème: le recours mal maîtrisé à la sous-traitance. « On ne sait plus qui bosse pour qui, témoigne une habitante. Les entreprises qui interviennent manquent de personnel. Chez moi l’ouvrier était tout seul pour changer la fenêtre au lieu d’être à trois. Quand je lui ai demandé pourquoi il ne mangeait pas le midi, il m’a répondu: je ne suis pas assez payé »

Yann Lalande

Réactions

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur