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Rassemblement
/ La précarité étudiante dénoncée

Suite à l’immolation d’un étudiant à Lyon, des rassemblements étudiants se sont organisés pour dénoncer la précarité étudiante et demander plus de justice sociale. A Paris 8, les étudiants sont partagés entre émotion et colère revendicative.
Rassemblement étudiant sur le campus de Paris 8 © Delphine Dauvergne
Rassemblement étudiant sur le campus de Paris 8 © Delphine Dauvergne

Une soixantaine d'étudiants de Paris 8 se sont rassemblés mardi 12 novembre à 16h30 devant le restaurant universitaire du campus, pour dénoncer la précarité étudiante qui a poussé un étudiant de Lyon, privé de bourse, à s'immoler par le feu vendredi 8 novembre. A l'appel de Solidaires étudiant.e.s, où était syndiqué ce jeune homme, des manifestations sont organisées partout en France dans la même journée.

« Notre camarade voulait que son geste soit perçu comme politique, pour dénoncer notamment l'immobilisme des institutions sur la question de la précarité étudiante », rappelle Sophie, militante à Solidaires étudiant.e.s Paris 8. « Nous voulons que plus jamais personne ne se retrouve dans cette situation, avec ce seul choix », ajoute-t-elle.

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Pour cela, le syndicat étudiant demande notamment « une réquisition des logements vacants, car les logements du Crous ne peuvent accueillir que 6% des étudiants actuellement. » Au mégaphone, les étudiants rappellent aussi des chiffres sur la précarité étudiante : « la bourse Crous à l’échelon maximum c’est 467€ par mois (si on divise le montant annuel sur 12 mois), en sachant que le loyer moyen d’un logement Crous c’est 430€. Selon une étude de la mutuelle MGEN, 43% des étudiants renoncent aux soins. Selon l’Observatoire de la vie étudiante, 8% des étudiants ont déjà pensé à se suicider. » 
 

Un système d’aides insuffisant

« J’aimerais qu’on puisse voir nos difficultés au quotidien. Je suis sans logement depuis 3 ans, j’ai été obligée de dormir dans un squat, j’ai dû interrompre mes études pour les faire en plusieurs fois, je ne peux plus avoir de bourse, je vis chez des amis désormais. Je ne peux pas travailler à cause de problèmes de santé… », raconte Anahita.

Pour Léo, militant au NPA Jeunes : « Ce drame brutal nous renvoie à notre réalité, notre survie dépend des quelques centaines d’euros octroyés par le Crous ou des petits boulots… Il faut sortir de nos situations individuelles, cet acte politique appelle à une riposte d’ampleur. Il faudra être présents dans les prochaines mobilisations, comme celle du 5 décembre sur les retraites, pour faire entendre les revendications étudiantes ». Parmi celles-ci : « des bourses à hauteur des réels besoins, pour que l’université soit réellement ouverte à tous les enfants des classes populaires. »

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Plusieurs interventions de syndicalistes membres de la fédération Solidaires continuent de dresser le même constat, celui d’« une régression sociale ». La précarité des contractuels de l’Éducation nationale et le suicide de la directrice d’école Christine Renan sont aussi évoqués.

 « Si la précarité tue, la solidarité fait vivre », concluent les étudiants à leur tribune improvisée sur un banc. Déterminés, ils ont débrayé les cours avant de partir à la manifestation parisienne. 

 

Delphine Dauvergne

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