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Tranquillité publique
/ La police municipale investit le parvis de la gare

A l’initiative de la ville, l’antenne de police du parvis de la gare est rouverte depuis le 6 novembre. Les policiers municipaux en sont les nouveaux occupants.
Inauguration de l'antenne de police du parvis de la gare. © Aiman Saad Ellaoui
Inauguration de l'antenne de police du parvis de la gare. © Aiman Saad Ellaoui

Les usagers de la gare centrale de Saint-Denis l’auront sans doute déjà remarqué. Depuis quelques semaines, le logo de la Ville et son code couleur orange ont remplacé ceux de la police nationale sur l’écriteau du local. Mercredi 6 novembre matin, le maire Laurent Russier (PCF) a inauguré la réouverture de cette antenne de police destinée à l’ensemble des forces de la tranquillité publique de la municipalité.

« La police nationale a fermé ce local depuis plusieurs années. Nous, on a souhaité le rouvrir pour être plus près du terrain dans le secteur de la gare et du canal. C’était ridicule d’avoir un lieu sur site et de ne pas l’occuper », a défendu l’élu. Comme « l’État ne joue pas son rôle », la Ville a décidé de reprendre sa partition, preuve de son « volontarisme ».

« Cela fait trois ans que l’on demande la réouverture de ce local. On voulait que ce soit la police nationale qui occupe les lieux. Mais étant donné que cela ne se faisait pas, Laurent Russier en tant que maire a pris ses responsabilités », a salué Mohamed Gnabaly, maire (Divers gauche) de l’Ile-Saint-Denis.

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Concrètement, le poste ne sera pas « un lieu d’accueil à destination public », a précisé Laurent Russier. « Cela aurait mobilisé trop d’effectifs », a justifié l’élu. Ce poste servira avant tout aux effectifs de la tranquillité publique dans leur travail contre la vente à la sauvette dans le secteur de la gare, a-t-il souligné, pour leur permettre par exemple de stocker les marchandises saisies sans avoir à retourner à leur siège dans le centre-ville. Ce poste sera ouvert « le plus possible » de manière « aléatoire » sur les horaires de la police municipale (1), a rajouté John Gnahoré, chef de la tranquillité publique de la Ville. 

Brigade des réseaux franciliens

Cette antenne de police à la gare est un vieux serpent de mer. Lors de la crise du crack dans ce quartier, aux alentours des années 2008-2009, l’ancien ministre de l’intérieur Brice Hortefeux, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, avait fait une visite médiatisée en septembre 2009 au cours de laquelle il avait annoncé l’ouverture quotidienne de ce poste de police avec le renfort de 50 policiers. Début 2010, la promesse sera tenue mais elle ne tiendra qu’un court laps de temps. « On ne les aura vus que trois, quatre jours », a ironisé le maire, critiquant au passage Nicolas Sarkozy qui avait réduit les effectifs de la police lors de sa présidence.

Ce poste sera surtout occupé par les policiers de la brigade des réseaux franciliens (RSF), mais son ouverture sera de plus en plus irrégulière et sporadique, jusqu’à être quasiment inexistante depuis bientôt cinq ans. Maire-adjoint à partir de 2014 du quartier de la gare où il habite toujours, avant de devenir Premier magistrat de la Ville fin 2016, Laurent Russier demandait déjà alors la réouverture de ce poste.

« Le bail entre l’État et la SNCF a pris fin en 2017. Jusqu’à cette date, la police avait la jouissance des lieux, mais elle ne l’utilisait pas forcément », précise Abdelkader Bentahar, délégué aux affaires publiques de l’entreprise ferroviaire qui est le propriétaire des lieux attenants à la gare centrale. La SNCF a mis à disposition de la Ville le local à un prix modique.

En échange la collectivité a pris en charge les travaux de ce petit ensemble comprenant quelques pièces et une cellule de garde à vue. La Ville assure qu’elle ouvrira ses portes aux agents de sûreté de la SNCF et de la RATP. Ainsi, une convention sera signée « début 2020 » entre la municipalité et la société des chemins de fer, affirme Éric Elia, chef d’agence sûreté ferroviaire du secteur Paris Nord.

Le maire, lui, ne ferme pas non plus la porte aux forces de l’État. « La police nationale est la bienvenue dans ce local ». Lors d’une interview accordée au JSD, le commissaire Laurent Mercier expliquait que faute de pouvoir être « présent constamment » sur le secteur de la gare, la police nationale travaillait en « complément » avec ses collègues de la municipale. Il saluait d’ailleurs « l’amélioration » de la situation sur le parvis de la gare grâce « aux gros efforts de la mairie ».

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Combien de policiers municipaux ?

A moins de cinq mois des élections municipales, c’est une question sensible. La majorité sortante conduite par le maire Laurent Russier (également en charge de la tranquillité publique depuis la démission de Slimane Rabahallah (PSG) en juin 2018) avait promis qu’en 2020 la police municipale (PM) compterait 75 agents.

Le chef de la tranquillité publique, John Gnahoré, assure que 62 postes sont ouverts. Dans les faits, selon nos informations, le nombre de policiers en exercice est de 45 agents, contre 32 en juin 2018. Face aux difficultés de recrutement de policiers municipaux, la ville avait créé fin 2018 les Gardes de l’espace public (GEP) pour lutter spécifiquement contre la vente à la sauvette.

Destinés à devenir à terme des policiers municipaux, ils sont 12 en poste aujourd’hui, et seront 14 d’ici la fin de l’année. Huit pour le secteur de la gare et six pour la rue de la République, précise John Gnahoré. Soit un total de 59 agents sur le terrain.

 

Aziz Oguz

 

  1. Lundi à vendredi, 8h-22h. Samedi, 8h-18h. Dimanche, 9h-19h.

Réactions

 Bonsoir On ne les aura vus que trois, quatre jours  ironise le maire en 2012. Inauguration par le Maire le 6 Novembre. Retour des brochettes le 7. Nul et non avenue Laurent Russier. Quand aux policiers municipaux, chapeautés par un non cadre de catégorie A, sont juste 45. S'ils tournent en 2*8, ils sont une vingtaine au maximum (sans compter les arrêts maladies, les congés, les formations...) Et le plus souvent, ils mettent des amendes. Rien de plus. Il n'y a qu'a voir l'état de la porte de Paris, la gare et place du 8 mai 1945. La sécurité c'est une volonté politique et Laurent Russier n'en veut pas. On dit que l'amour existe seulement par les preuves... La sécurité c'est Pareil. PS : 1 cellule de garde à vue... Seulement. Les élus de la ville sont décidément fort pour faire de l'habillage électorale.
d'accord avec Azzedine, une Police Municipale à laquelle on ne donne pas pour mission d'arrêter les délinquants de remettre ceux-ci à la Police Nationale et à laquelle on ne fournit pas d'armes, c'est de l'habillage électoral.

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