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Relais Festival
/ La peinture n’attend pas le nombre des années

Soixante-dix dessins réalisés par une quarantaine d’enfants âgés de 2 à 11 ans et une poignée d’adolescents ont été exposés le week-end dernier au Soixante Adada. Le lieu s’est transformé l’espace de deux jours en Musée temporaire de l’enfant.
Le temps d'un week end, le Soixante Adada s'est transformé en musée de l'enfant.
Le temps d'un week end, le Soixante Adada s'est transformé en musée de l'enfant.

Des traits vifs, une palette de couleurs à faire pâlir un nuancier, des maisons percées d’innombrables fenêtres et toutes montées d’une toiture en pointe assortie forcément d’une cheminée fumante… Ces dessins aux lignes anarchiques, nous les connaissons bien car nous en avons été les auteurs plus jeunes. Les « gribouillages » ne nous ont jamais vraiment quittés. Les œuvres de nos progénitures ou de notre neveu préféré finissent accrochés dans notre bureau, sur la porte du frigidaire, encadrées dans le salon et même, chose plus rare, dans… une galerie ! Dans le cadre du Relais Festival, soixante-dix dessins réalisés par une quarantaine d’enfants âgés de 2 à 11 ans et une poignée d’adolescents étaient exposés le week-end dernier au Soixante Adada. 
 

Ouvrir un musée de l'enfant en France

Le lieu s’est transformé l’espace de deux jours en Musée temporaire de l’enfant. « Ce n’est pas simplement mignon, dit Lotfi Aoulad, fondateur du festival dont la 3e édition avait pour thème l’espoir. J’ai découvert qu’à Boston il existait un Musée de l’enfant. Immédiatement, cela m’a inspiré. Pour le Relais Festival, qui se veut inclusif, citoyen et qui se tient dans une ville jeune comme Saint-Denis, il était important de dire que derrière les dessins d’enfants il existe une forme de logique, qu’il y a de la valeur, défend le jeune avocat, enfant de Franc-Moisin. Cette approche soulève des questions : Comment nous, adultes, nous pouvons observer le travail des enfants ? Et en matière de politique publique, comment interpréter leurs avis, leurs sentiments, leurs visions sur notre société ? Nos conclusions pourraient nous aider à prendre des décisions pour les générations futures et éviter d’être en retard sur notre temps. » 

Durant un an, des ateliers ont été menés par l’artiste tailleur de pierres Délivrance Mackingson dans des centres de loisirs, mais aussi au chapiteau Raj’Ganawak et au foyer Martin Luther King.

Cette Maison d’enfants à caractère social (MECS) située rue Catulienne a fait participer neuf de ses bénéficiaires : des adolescents en rupture avec l’école, au parcours personnel parfois chaotique. « Pour ces jeunes, il faut trouver des alternatives, des façons différentes de susciter l’apprentissage. Ils ont été très réceptifs. Ils ont beaucoup apprécié l’intervention de Mackingson qu’ils ont trouvé posé, calme, pédagogue… Et puis la thématique les a inspirés, certains ont révélé des choses très personnelles », témoigne Virginie Grosjean, éducatrice spécialisée au sein de la MECS dionysienne. Ce ne sont donc pas seulement les dessins d’enfants qui ont été exposés mais aussi ceux d’ados en construction pour qui un canevas est un bon support pour matérialiser leurs pensées, leurs rêves, leurs espoirs.

D’ailleurs, de l’espoir, Lotfi et Délivrance en nourrissent un commun. « L’idéal serait de retirer le mot “temporaire”. Ce musée est un appel aux politiques publiques pour qu’elles se mobilisent et donnent cette place culturelle aux enfants. Ouvrir un musée de l’enfant serait une chose inédite en France. »

Maxime Longuet

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