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Traitement du cancer
/ La nouvelle machine révolutionnaire de Delafontaine

L’hôpital a acquis en septembre une nouvelle machine qui vient compléter son plateau d’imagerie. Le TEP Scan permet de repérer des micros lésions, les risques de récidives cancéreuses ou de vérifier l’efficacité d’un traitement et renforce la légitimité de l’établissement à traiter les maladies graves.
Le Dr Jean-François Grellier est docteur en médecine nucléaire à l’hôpital Delafontaine depuis 2017. © Yann Mambert
Le Dr Jean-François Grellier est docteur en médecine nucléaire à l’hôpital Delafontaine depuis 2017. © Yann Mambert

L’image d’un ciel bleu, qui remplace le traditionnel faux plafond au-dessus de l’impressionnant tube blanc aseptisé, apaise. « Il ne manque plus que de la musique », fait remarquer le Dr Jean-François Grellier, docteur en médecine nucléaire à l’hôpital Delafontaine depuis 2017. L’établissement s’est doté en septembre d’un nouvel outil haut de gamme en matière d’imagerie médicale : le TEP Scan. La bête ressemble trait pour trait à un appareil IRM qui utilise un aimant puissant pour faire réagir un composant naturel contenu dans notre corps (l’hydrogène).

Le TEP, lui, se sert de la scintigraphie, une méthode d’imagerie médicale de médecine nucléaire. La tomographie par émission de positons (TEP) détecte des cellules cancéreuses dans tout l’organisme grâce à une substance radioactive administrée au patient par voie intraveineuse. Le produit injecté scintille et la machine repère cette scintillation et l’analyse. 

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Révolution technique

Si les débuts de la scintigraphie datent du XXe siècle, la TEP, développée depuis les années 1950, est une petite révolution dans le monde de l’imagerie médicale. La machine permet de réaliser une cartographie complète du corps et arrive à quantifier la concentration de liquide injecté et ainsi la gravité des lésions.

« Ce n’est pas un appareil qui sert à dépister les cancers, la plupart des patients qui réalisent cet examen savent déjà qu’ils en sont atteints », précise le scintigraphe. Le TEP Scan vient en fait se rajouter à d’autres traitements pour une « prise en charge multimodale ».

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Il se révèle révolutionnaire pour détecter des métastases qui seraient invisibles sur des images obtenues par d’autres techniques d’imagerie. C’est également la seule machine qui permet d’analyser les cellules sur un corps entier, à 180°. « Elle donne des informations sur le pronostic : plus le cancer réagit au glucose injecté plus c’est mauvais. »

Car le liquide radioactif injecté dans les malades est analogue aux particules de sucre. À leur contact, les cellules cancéreuses produisent de l’énergie et sont ainsi facilement détectées. « On peut également voir les effets de la chimio sur la maladie, ce qui nous permet de réagir extrêmement rapidement et, au besoin, d’ajuster le traitement, révèle Jean-François Grellier. C’est de la médecine sur mesure. » Mais surtout, le nouvel équipement de l’hôpital dionysien arrive à détecter précocement les rechutes ou récidives. 

L’outil permet également de contrôler l’évolution de maladies auto-immunes comme la sclérose en plaques, les cas de démence comme chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ou encore de surveiller les maladies cardiaques.

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Une machine à 1 million 

Le service de scintigraphie est ouvert au sein de l’hôpital depuis 2013. Il n’était alors équipé que d’une machine que l’on pourrait considérer comme le père du TEP Scan : la Gamma Camera. L’établissement emploie trois manipulateurs et un secrétaire pour la seule gestion du nouvel outil du service. Les quatre boxes de préparation dans lesquels sont injectés les produits traceurs permettent de faire tourner le TEP Scan à plein régime avec jusqu’à quatre patients par heure. « On a une vingtaine de rendez-vous quotidiens, précise Jean-François Grellier. L’examen en lui-même dure un quart d’heure. »

Les produits, radioactifs mais inoffensifs pour l’organisme, sont livrés plusieurs fois par jour car ils ne se conservent pas et perdent rapidement leurs propriétés. L’investissement pour ce bijou de technologie est conséquent pour l’hôpital : un million d’euros. « On a enfin un TEP Scan sur ce territoire » (1), se réjouit le médecin nucléaire. Cette nouvelle machine vient s’ajouter à la quarantaine de TEP présents en Île-de-France. Il y en a environ cinq en Seine-Saint-Denis.

Si aujourd’hui le TEP représente une avancée technologique significative dans la détection de minuscules métastases et de récidive, le but est, à terme, d’injecter des traceurs spéciaux pour cibler différents types de cancer. « C’est très clairement l’un des axes de développement principal du TEP Scan. Avec des traceurs ciblés, on va pouvoir détecter précisément telle ou telle maladie. »

Delafontaine, désormais équipé d’un plateau d’imagerie complet, essaie d’attirer une patientèle qui a tendance à se tourner vers les services d’oncologie des hôpitaux parisiens. « Avec le TEP Scan, on devient un centre névralgique du territoire », conclue Jean-François Grellier.

Olivia Kouassi

(1) Le centre cardiologique nord possède une unité Tep Scan depuis quelques années

Réactions

St-Denis nous a trop habitués à de mauvaises nouvelles ! Réjouissons-nous de l'arrivée de cet appareil extraordinaire à l' Hôpital Delafontaine qui va aider à mieux soigner les cancéreux ! MERCI A TOUS

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