En ville

Ancien commissariat de police
/ La municipale à la place de la nationale

Les anciens locaux de la police nationale, rue Jean-Mermoz, devraient, une fois rénovés, accueillir les agents de la police municipale. C’est ce qu’a annoncé le maire Mathieu Hanotin le 11 décembre, en tirant définitivement un trait sur la volonté de la précédente municipalité d’ériger sur le site le nouveau conservatoire.
© Aiman Saad El Laoui
© Aiman Saad El Laoui

L’ancien commissariat central deviendra le siège de la police municipale. C’est le projet annoncé, vendredi 11 décembre, par le maire Mathieu Hanotin (PS) dans les locaux poussiéreux et décrépis de la rue Jean-Mermoz, aux portes du centre-ville, à proximité de la place du 8-Mai-1945. La Ville va les récupérer auprès de l’État, suite au déménagement fin novembre des policiers nationaux dans leur bâtiment flambant neuf de l’avenue Jean-Moulin, situé entre le lycée Paul-Éluard et le cimetière de Saint-Denis.

« On va installer la nouvelle police municipale dans ce bâtiment rénové », a officialisé le maire, au côté de la sous-préfète Anne Coste de Champeron et du commissaire Laurent Mercier. Initialement, il était prévu de détruire le commissariat pour y construire à la place le nouveau conservatoire (la Maison des pratiques artistiques amateurs), mais la nouvelle municipalité socialiste a enterré les plans de la précédente majorité communiste. M. Hanotin travaille en lien avec l’État sur ce projet de reconversion depuis cet été, a-t-il précisé.

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Pour le maire, ce choix doit permettre d’accompagner « la montée en charge de la police municipale » qui atteindra 120 agents d’ici la fin de son mandat. Situé, rue Riant dans le centre-ville, l’actuel bâtiment de la police municipale ne permet pas d’accueillir les renforts annoncés, a-t-il développé. Il a donc choisi des locaux déjà existants, sans attendre la construction d’un nouvel édifice qui aurait été « très coûteux en termes de finances publiques et écologiques ». Néanmoins, les contours de cette rénovation du bâtiment sont encore flous. « Le projet n’est pas encore prêt », a reconnu le maire. Des études de diagnostic du bâtiment doivent être faites en 2021, avant une éventuelle date de livraison « entre fin 2022 et l’été 2023 », espère M. Hanotin, sans donner d’estimation sur le coût des travaux.

« On va garder la structure du bâtiment pour tout refaire. On sera soutenu financièrement par l’État », a précisé Nathalie Voralek, maire adjointe à la sécurité, « ravie » de récupérer un édifice plus grand « absolument nécessaire ». Selon l’élue, la Ville fera en plus des économies, étant donné que l’actuel siège de la police municipale – inauguré en 2016 après des travaux d’1,5 million d’euros – ne lui appartient pas. Actuellement, la municipalité y paye un loyer d’environ 7 000 euros par mois, a-t-elle précisé. Le choix du nouvel emplacement est symbolique. « Pour moi, tout ce secteur nord, qui va de Dourdin à Péri, c’est la pierre angulaire de notre combat pour la sécurité et la tranquillité publique, a dit M. Hanotin.

« C’est un geste fort d’installer la municipale ici, vu les gros problèmes de trafics », a renchéri Nathalie Voralek. Un changement de philosophie assumée. « La police municipale est là pour les nuisances créées par le trafic. Elle n’est pas là pour enquêter. C’est à la police nationale de le faire », a-t-elle avancé face aux risques de brouillage de missions des agents municipaux.

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« La mission de la police municipale est de s’attaquer à toutes les nuisances subies par les Dionysiens. Et à l’évidence, le trafic de drogue en fait partie », a argumenté le maire, qui veut que les agents, qui seront armés d’ici l’année prochaine, interviennent « dans les cités » sur ces problématiques, dans la droite lignée de l’esprit de la proposition de loi « Sécurité globale », actuellement en discussion au Parlement afin d’étendre les pouvoirs de la police municipale. Seule Oriane Fihlol, en charge du quartier Langevin et Péri, a insisté sur « le travail de prévention » des policiers municipaux.

Concernant l’abandon de la Maison des pratiques artistiques amateurs (MPAA) sur ce site, l’équipement était « très enclavé » et manquait de « visibilité », a justifié M. Hanotin. « Le conservatoire, ce n’est pas un équipement culturel de quartier », a-t-il souligné, tout en taclant son prédécesseur Laurent Russier (PCF) qui avait décidé ce projet« avec une campagne électorale en perspective ». Quant au futur emplacement, la Ville est « encore en train de travailler sur différentes hypothèses », a-t-il précisé.

« Cette annonce retentit comme un coup de massue », a réagi de son côté le collectif d’habitants Bien vivre dans le quartier Delaunay-Belleville-Sémard. « C’est une déception supplémentaire d’apprendre que la physionomie du quartier ne changera pas de sitôt », continue le collectif, regrettant que lors de la réunion en octobre les habitants n’aient pas été informés de ce choix. « Difficile […] de croire que le projet […] n’était pas déjà dans les tuyaux lors de cette rencontre », est-il écrit dans son communiqué. Le collectif déplore « des réponses essentiellement sécuritaires […] qui occultent nos autres demandes », tout en souhaitant que « ce projet de MPAA aboutisse rapidement, dans notre quartier ou ailleurs ». « On ne demande pas uniquement de la sécurité, regrette Nadine, habitante du quartier, déçue de ne pas voir arriver le conservatoire. C’est dommage de sacrifier un équipement culturel qui était bien sur le papier. »

Aziz Oguz

 

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Réactions

Quand je me suis inscrite à l'école d'arts plastiques rue Auguste Poullain en septembre les personnels se projetaient déjà dans leurs nouveaux locaux attendus depuis plusieurs décennies (aussi bien pour le conservatoire que pour l'EAP) ! Cet endroit était central ! par pitié ne nous envoyait pas ce nouveau établissement à La Plaine ! Nous voulons un bâtiment décent et pas dans 20 ans !!!

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