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Campement rom
/ La fin du terrain Voltaire

C’est une page d’histoire de huit ans qui se tourne. Jeudi 1er octobre, les derniers baraquements du terrain Voltaire, où vivaient des familles roms depuis 2012, ont été détruits. Selon la Ville, plus de 150 personnes ont pu quitter le site pour accéder à des solutions de relogement transitoire ou pérenne.
Le 6 octobre 2020, il ne reste que des gravats. © Aziz Oguz
Le 6 octobre 2020, il ne reste que des gravats. © Aziz Oguz

Sur le sol boueux, des chaussures usagées se mêlent à des jouets pour enfants, quelques peluches, avec ici ou là un vieux réfrigérateur, des tôles froissées de toiture, des matelas ou un cadre de fenêtre en bois. Des fragments qui témoignent d’une vie passée. Ce jeudi 1er octobre, les derniers baraquements du terrain Voltaire ont été rasés. Quelques jours après, il reste encore un bout de maisonnette de fortune, que la pelleteuse ne tardera pas à arracher comme tout le reste. Les ouvriers vident au fur et à mesure l’amas des destructions. Ce ne sera bientôt plus qu’un terrain vague.

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Des familles roms ont vécu pendant des années sur ce bout de terre, situé aux confins de l’est dionysien, entre la cité Cosmonaute et l’hôpital Delafontaine, coincé d’un côté par la ligne de tramway du T1 et, de l’autre, en contrebas, par l’autoroute A1. « L’opération conduite ce jour marque l’aboutissement d’un projet porté par la Ville de Saint-Denis avec le soutien de l’État, de Plaine Commune et des financements européens, d’accompagnement vers l’accès aux droits, l’insertion professionnelle et le relogement de 83 familles roms », a salué la municipalité.

C’est une longue histoire qui se termine. En 2012, ce terrain de la Direction régionale des routes d’Île-de-France (Dirif) avait été mis à la disposition, par l’État à la Ville de Saint-Denis pour accueillir des Roms, expulsés à plusieurs reprises de bidonvilles dans le quartier de la Plaine, dont le premier d’entre eux, baptisé Hanul, date de 2001. Cette solution intermédiaire – un campement autorisé en réalité – a été imaginée pour permettre aux autorités de suivre et d’accompagner à terme ces familles vers le droit commun par l’intermédiaire de l’association Alteralia, chargée depuis 2015 de la gestion du site et du suivi de ses habitants.

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En juillet 2018, le campement compte alors 77 ménages, soit au total 252 personnes, dont 81 mineurs. À cette date commence la première phase de résorption du camp Voltaire : 14 familles parmi les mieux inscrites dans un parcours d’insertion s’en vont en résidence transitoire, rue Charles-Michels, dans le quartier Gare. Une première étape avant de rejoindre à moyen terme un logement social. Dans le même temps, 14 logements du site Voltaire sont rasés. « L’objectif, c’est de résorber le terrain Voltaire d’ici 2020 avec une sortie positive des familles, disait en 2018 Marie-Louise Mouket, alors responsable à l’association Alteralia. Par ce projet de logement transitoire, on a voulu donner un coup d’accélérateur. Cela va permettre de créer une dynamique, de prouver aux familles qu’il est possible de partir. On veut aussi montrer aux habitants du quartier [autour du terrain] que le projet avance. » Le calendrier a donc été tenu.

« La Ville de Saint-Denis se félicite de la fin de ce bidonville, obtenue dans le respect des droits humains puisque plus de 150 personnes ont pu quitter le site pour accéder à des solutions de relogement transitoire ou pérenne », a indiqué la municipalité. Néanmoins, « à l’issue de cette résorption, certains ménages non parties prenantes du projet et présents sur le site ont été pris en charge par la Ville et orientés vers des solutions d’hébergement d’urgence », a précisé la municipalité. cela concerne 9 familles (18 adultes, 14 enfants) prises en charge à l'hôtel par le centre communal d'action social, indique la Ville. Quant au terrain Voltaire, il a été sécurisé en attendant d’être rendu à la Dirif.

Aziz Oguz

Réactions

C'est la fin d'une aberration d'un autre temps ou certains ex-élus sont toujours fascinés par l’extrême pauvreté. Autoriser les bidonvilles, c'est revenir 50 ans en arrière.... C'est la pauvreté qui toise la misère. J'espère que le camp en face de la cité Allende sera aussi démentelé. La loi doit s'appliquer. Saint Denis doit être ville sans bidonville. Didier Paillard et Laurent Russier auront décidément fait un très mauvais mandat.
Je ne sais qui vous êtes Azzedine, mais je constate que vous dites souvent n'importe quoi. Je suis fière d'avoir accompagné cette familles depuis 2014. C'est bien sous la mandature de Laurent Russier que cet accompagnement a commencé avec bienveillance et exigence qui a permis de sortir 75 familles avec l'aide de l'état.
tant mieux pour ces personnes qui pourront enfin avoir un logement digne de ce nom, c'est une honte d'avoir laissé ces gens vivre dans pareille misère
@Jacklin Pavilla. Bien évidemment, la vérité sort de la bouche de l'ancienne majorité. Vous êtes encore à vous féliciter de votre bilan alors que les habitants vous ont lourdement sanctionné. Et cela vous ne l'admettez pas. Je suis content que vous me lisez... Parce que je dis, selon vous, n'importe quoi. Souvent en plus. Mais il est toujours temps de prendre du recul sur votre bilan et de voir la réalité de la ville. Vous êtes sorti de votre tour d'ivoire... Je suis sur que Saint Denis doit vous sembler différents en tant citoyenne sans pouvoir municipal. De vous à moi, je pense que vous êtes à coté de la plaque. Vous étiez artificiellement mise première adjointe alors que tout le monde sait que vous êtes une incompétente notoire. Tous le monde le sait à Saint Denis. Le pouvoir était concentré sur Laurent Russier, Didier Paillard et Stéphane Peu. Vous n'étiez qu'un pare-vent. Pas très utile. On l'a vu dans vos trop peu nombreuses interventions au conseil municipal. Bien à vous.
Multiplier les campements roms au centre d'une ville de 112000 habitants sur 12,6 km2 constitue un excellent calcul politique. Cela entraîne des risques sanitaires importants, c'est immoral, mais c'est d'une efficacité politique redoutable. Car cela a permis en partie au Parti Communiste d'eviter une défaite électorale en mars 2014. Faire venir les roms en masse à Saint-Denis gèle certains terrains disponibles pour la construction d'habitatios, empêche ou rebute les classes moyennes parisiennes de s'installer à Saint-Denis, cela stabilise le corps électoral et maintient un haut niveau d'abstention lors des élections, abstention dont a besoin le PCF.
Bonjour M. Azzedine, Mais comment pouvez-vous dire de telles choses sur cette dame . Mme Pavilla a fait ses deux mandats avec transparence . C’est une dame très généreuse et compréhensive, à l’écoute des des habitants. Je ne souhaite pas polémiquer mais cesser la critique facile . Votre cœur est noir . Posez-vous et mettez vous en question . Toujours là à aboyer dans le jsd.
@Dominique. Le PCF était l’amélioration des conditions de vie des habitants. Depuis Patrick Braouezec et sa suite, c'est d'accumuler fric et pouvoir. A n'importe quel prix. Ils ont pris la ville et ils ont oublié volontairement les habitants.
@Lyna. Je ne doute pas de la générosité de Madame Pavilla. Le soucis, c'est qu'elle le fait avec l'argent publique. Elle a fait parti d'une majorité qui a dégradé la ville et ses habitants. En temps que première adjointe, elle en porte d'autant plus la responsabilité. Concernant la transparence. Vous pourrais repasser l'année prochaine. Je rappelle la MCA (gestion pas à la hauteur des attentes...), Babel sur Seine (idem), la dyonisienne (hand ball, pareil), le rapport de 12 pages sur les 500 kg confié à un juge à la retraite pour enterrer l'affaire... Elle a été inaudible. Et vous osez me parlez de transparence?? Ce n'est pas de la critique... c'est un constat factuel. Et les habitants, la majorité des votants certes, lui ont dit qu'elle et sa majorité ne seront pas aux responsabilités.
@Azzedine, vous évoquez une éventuelle accumulation de fric et de pouvoir. La loi du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique et le décret 2016-570 du 11 mai 2016 obligent les maires des communes de plus de vingt mille habitants et les présidents d'EPCI dont la population excède vingt mille habitants, à télédéclarer leurs situation patrimoniale et leurs intérêts auprès de la HATVP (avec le téléservice ADEL). D'une part la HATVP est sous-dotée en personnel. Avec seulement 70 personnes pour vérifier des milliers de télédéclarations, il y a peu de risques que cet organisme ait le temps de vérifier les télédéclarations des anciens présidents de Plaine Commune et anciens maires de Saint-Denis. D'autre part pour mesurer un éventuel enrichissement il faut comparer une situation patrimoniale en début de mandat avec une situation en fin de mandat. Pour des personnes élues depuis plus de vingt ans, la loi du 11 octobre 2013 est arrivée vingt ans trop tard. Si cette loi avait été votée et promulguée en 1993, elle aurait été utile en Seine-Saint-Denis. Par conséquent la HATVP ne pourra jamais prouver l'accumulation de richesses évoquée dans votre contribution.
@dominique. La déclaration de Hakim Rebiha à la HATVP est symptomatique de son inefficacité. Il a déclaré ZERO revenu, pas même celle de son indemnité. S. Peu avait "omis" de publié son indemnité de vice président de plaine commune. La HATVP n'a pas bcp de moyens mais ça permet de voir que certains politique bien pensant se foutent royalement de nous.

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