À la une En ville

Foyer d’accueil de l’enfance
/ La Farandole en résistance

Pétition, rassemblement, la mobilisation ne faiblit pas contre la fermeture de la Farandole, foyer de 20 jeunes géré par le CDEF, Centre Départemental Enfants et Familles.
L'équipe de la Farandole et des soutiens devant l'immeuble de ce foyer de l'enfance, en plein coeur du centre-ville.
L'équipe de la Farandole et des soutiens devant l'immeuble de ce foyer de l'enfance, en plein coeur du centre-ville.

Une pétition de plus de 2 000 signatures en quelques jours, et un rassemblement le mercredi 30 janvier devant l’hôtel de ville. La mobilisation contre la fermeture de la Farandole, foyer de l’enfance du conseil départemental, ne faiblit pas. Parmi les quelque 80 personnes réunies ce jour-là, « on restera à vos côtés jusqu’au bout », assure le maire qui s’engage à solliciter le nouveau secrétaire d’État chargé de la Protection de l’enfance.  Élus, anciens personnels et ex enfants du foyer, représentants syndicaux CGT, FO, FSU, Sud… C’est une solidarité qui met du baume au cœur des éducatrices de la Farandole. « Quand le chef de service a annoncé aux enfants que le foyer allait fermer en juillet, c’était des pleurs, des crises de larmes, raconte l’une d’elles. C’est pour eux une source d’angoisse.»

LIRE AUSSI : La Farandole en suspens

Pour cette vingtaine de jeunes de 6 à 14 ans, qui ont été placés sur décision du juge des enfants pour une durée de deux ans ou plus, « ça va être une rupture avec l’école, les copains, les activités… Alors qu’ils viennent d’arriver et qu’ils se posent enfin, que vont-ils devenir ? » On redoute un éloignement qui viendrait disloquer le lien avec les familles. D’autant que le foyer à l’arrière de la rue de la République – et en lisière de square – bénéficie d’une centralité et d’un accès aux transports, assez rares pour ce type d’établissements.  

 

« C’était comme une famille »

Stacy et Maeva, ont gardé en tous cas le meilleur souvenir des quatre années qu’elles y ont vécu. « C’était comme une famille », insistent les jeunes femmes. « J’ai eu mon bac, j’ai travaillé au tribunal de Paris, à la Brinks, etc. Ca m’a permis d’avancer, précise Stacy. « Dans les autres foyers, ou en famille d’accueil, ça n’a été que des problèmes, ajoute Maeva. Là, où on était le mieux, c’était la Farandole. » Une mère, Annick, a tenu elle aussi à venir exprimer sa reconnaissance, pour sa fille « brillante étudiante » aujourd’hui en fac à Paris. «  A l’époque, je souffrais de problèmes psychiques. Et le père n’était pas là. Les éducateurs m’ont soutenue.»

Gestionnaire de la Farandole, financé par le Conseil départemental, le CDEF, Centre Départemental Enfants et Familles, dispose aujourd’hui de 360 places, en foyer et en placement familial. Aménagé au début des années 1990 dans l’ancien orphelinat de jeunes filles, le foyer de Saint-Denis sera fermé au titre du projet d’établissement voté pour les cinq ans à venir par le conseil d’administration. C’était le 8 janvier.

« On a commencé à en entendre parler à l’automne. On n’a rien eu à dire », déplorent plusieurs éducateurs. Pour Raymond Latour, ancien chef de service à la Farandole qu’il a dirigé pendant quatorze ans, « c’est une hérésie totale parce qu’on a là une super équipe ». « C’est un outil de travail qu’on détruit », renchérit Yasmina Sellou, syndicaliste CGT, en fustigeant « une violence institutionnelle. Il faut que l’Etat prenne ses responsabilités et finance la Protection de l’enfance ».

C’est aussi le point de Silvia Capanema, conseillère départemental Front de Gauche, qui a co-signé avec deux autres élus Communistes et insoumis du 93 un communiqué appelant à « la tenue d’états généraux sur la Protection de l’enfance ». 
 

 « Le département est saturé. »

Les 20 places de la Farandole ne seront pas supprimées, mais réaffectées à l’accueil d’urgence et des fratries dans l’établissement principal du CDEF à Villepinte. « On nous parle d’une transformation des activités. C’est faux, proteste la syndicaliste CGT. C’est l’abandon de 20 places de long et moyen séjour. » Les éducateurs s’en inquiètent : « Il n’y a pas assez de familles d’accueil. Le département est saturé. »

De son côté, Frédéric Molossi, président du conseil d’administration du CDEF, et vice-président du Conseil départemental, se veut rassurant. « L’objectif pour les enfants et adolescents de la Farandole est de trouver la solution adaptée à chacun en lien avec les travailleurs sociaux du CDEF et de l’Aide sociale à l’enfance, et bien sûr des magistrats qui les ont confiés à l’ASE. Le conflit qui s’est fait jour, poursuit cet élu PS, n’oppose pas des gens qui n’auraient qu’une vision administrative de la protection de l’enfance à d’autres qui en auraient une vision d’empathie. Nous partageons tous la même volonté, c’est d’être au service de ces jeunes qui sont confiés. »

Marylène Lenfant

Réactions

Réagissez à l'article

(ex. : votre.nom@fournisseur-internet.com) Cette adresse ne sera pas publiée sur le site.
Merci de prendre connaissance de la charte des commentaires ci-dessous.

Principes de modération

Les commentaires postés sur lejsd.com sont modérés avant publication par l’équipe éditoriale.
Les commentaires sont ouverts les quatre semaines suivant la mise en ligne des contenus.
Les messages sont publiés dans leur intégralité ou supprimés s’ils sont jugés non conformes à la charte.
L’internaute est responsable des commentaires qu’il poste. L’équipe du JSD se réserve le droit de retirer tout commentaire si elle l’estime nécessaire pour la bonne tenue des échanges.
La modération dans l’immédiat a lieu du lundi au vendredi, en horaires de jour.
Lorsqu’un internaute poste plusieurs fois le même commentaire, l’équipe du JSD n’en publie qu’une version.

Pseudonymes

Il n'est pas autorisé de choisir comme pseudonyme le nom d'une autre personne physique ou morale (entreprise, institution, etc.) ou d'utiliser un nom similaire à celui d'un autre internaute dans le but de créer une confusion.
Les noms contenant des allusions racistes, sexistes ou xénophobes sont proscrits.
Si un internaute utilise plusieurs pseudonymes pour commenter, le JSD se réserve le droit de supprimer ces comptes, sans préavis.

Contenus illicites et prohibés

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Le JSD supprimera tout commentaire contrevenant à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, répété plusieurs fois ou grossier.
Sont notamment illicites les propos racistes, antisémites, sexistes, homophobes, discriminatoires, diffamatoires ou injurieux, incitant à la violence (y compris les appels à la restauration de la peine de mort) ou à la haine raciale, niant les crimes contre l’humanité et les génocides reconnus, faisant l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme ; justifiant des actes violents et des attentats.
Sont également proscrits : les propos de nature pornographiques, pédophile ou délibérément choquants ; les atteintes à la présomption d’innocence, l’usurpation d’identité, l’incitation à la commission de crimes ou de délits, l’appel au meurtre et l’incitation au suicide et la promotion d’une organisation reconnue comme sectaire…
Il est également interdit de divulguer des informations sur la vie privée d'une personne, de reproduire des échanges privés et d’utiliser des œuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).
Actuellement la publicité est interdite sur lejsd.com Les liens promotionnels sont proscrits mais la publication d’un lien vers un site commercial en lien direct avec le sujet dont il est question dans le programme ou le fil de commentaires peut être tolérée, si elle apporte un complément d’information utile à l’internaute.
Le JSD se réserve le droit de supprimer tout commentaire contenant des propos agressifs visant des personnes, notamment les autres commentateurs.
La suppression d’un commentaire entraîne celle des réponses qui lui ont été faites.
Pour contester une modération, merci d’écrire à info@lejsd.com.

CAPTCHA
Ce champ nous permet de vérifier que vous n'êtes pas un robot spammeur