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/ La CAN des quartiers, en toute fraternité

Depuis quelques semaines, plusieurs quartiers d’Île-de-France organisent des Coupes d’Afrique des Nations avec des joueurs issus des cités. Saint-Denis n’a pas échappé à ce phénomène rassembleur. Immersion lors de la finale disputée dans le quartier Allende.
La République démocratique du Congo, qui affrontait le Mali, a remporté la première CAN d'Allende. © Christopher Dyvrande
La République démocratique du Congo, qui affrontait le Mali, a remporté la première CAN d'Allende. © Christopher Dyvrande

Bon nombre de Dionysiens se passionneront pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) se déroulant cette année en Égypte du 21 juin au 19 juillet. Pour la première fois, cette compétition a lieu en été et non plus en hiver comme ce fut le cas auparavant. Dans l’Hexagone, les quartiers y ont vu l’opportunité d’organiser des tournois de manière autonome et avec des joueurs venant exclusivement de la cité. « Tout est parti d’Évry », explique Mohamed, co-créateur avec des amis de la CAN version « Allende ».

Ce samedi 15 juin, c’est dans une ambiance conviviale que les habitants du quartier étaient invités à la finale du tournoi. Barbecue, musique, tous les ingrédients étaient réunis pour une grande fête. « On a débuté la compétition le 5 mai, lors du début du ramadan, avec le match Maroc-Algérie. Par la suite, d’autres équipes se sont greffées et on a débuté le tournoi. » Les jeunes sont totalement en auto gestion. Pour inciter les équipes à s’inscrire, tout est fait par Snapchat, le réseau social utilisé par la jeunesse. Aucune association, Maison de quartier ou autres structures municipales ne les aident, ils se débrouillent tous seuls, comme le confirme Rémi Perrot, ancien animateur du quartier qui les épaule : « La nourriture, le matériel, les coupes ont été payées de leurs poches. Je leur tire mon chapeau car ce n’est pas évident ! » Cette première en termes d’organisation a par ailleurs donné des idées aux organisateurs. Sous peu, ils comptent lancer leur association nommée « Bat 7 », du nom du bâtiment jouxtant le fameux city-stade où se déroule « leur » Coupe d’Afrique.

Une finale digne de la Coupe du Monde

Après les festivités, place au match. La finale voit la République Démocratique du Congo affronter le Mali. Tous les joueurs présents sont vêtus du maillot de leur équipe nationale. Le public est nombreux. Plus d’une centaine de personnes sont massés autour du terrain, ce qui ne manque pas d’attirer les badauds. Les organisateurs ont mis les petits plats dans les grands : feux d’artifice, fumigènes, ramasseurs de balle et entrée sur la musique de la Ligue des Champions. Les deux équipes ont même droit au coup d’envoi symbolique de… Laurent Russier, le maire de Saint-Denis venu en personne avec ses adjoints Florence Haye et Fabienne Soulas. Les trois officiels se sont vus gratifiés d’un discours de remerciements tandis que le maire saluait, par la suite, l’initiative en souhaitant aux joueurs de « marquer beaucoup de buts ! ». Attendus ailleurs, ils n’ont pas pu assister aux dix-huit réalisations de la rencontre ! Neuf buts partout à l’issue des prolongations. C’est finalement aux penalties que les Congolais s’emparent de la première CAN d’Allende. Une consécration fêtée jusqu’à la nuit tombée !

Christopher Dyvrande
 

La folie CAN s’empare de Saint-Denis

Hormis le quartier Allende, la Ville de Saint-Denis a vu émerger d’autres Coupes d’Afrique des Nations dans ses cités. Sur Facebook ou Snapchat, les vidéos des compétitions ont été partagées par les internautes pour permettre à tous de suivre les matches. Sans oublier le bon vieux « bouche à oreille » pour inciter les habitants à venir regarder les différentes oppositions. Franc-Moisin, Saussaie-Floréal-Courtille, Colonel-Fabien… Chaque quartier a organisé à sa manière sa compétition dans le même esprit fédérateur et convivial.  Désormais, place à la CAN, la vraie, à partir du week-end prochain avec le match d’ouverture Égypte-Zimbabwe entre autres. Cela promet encore davantage de ferveur footbalistique en ville.

ChD

Réactions

triste de constater que cette action qu'on vante pour son côté rassembleur exclut les femmes, classe tous ces français en fonction des origines et de la nationalité des parents voire grand-parents et surtout, que chaque quartier organise son propre événement sans aucune fédération au niveau de la ville. Une belle occasion de rater pour faire se rencontrer tous ces jeunes. On s'attaque quand aux problèmes de guerres inter-quartiers ?