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Manifestation
/ L’hôpital à bout de souffle

Jeudi 14 novembre, une grande journée de manifestation était organisée dans l’Hexagone par le Collectif inter-hôpitaux (CIH) pour, entre autres, demander un plan d’urgence pour l’hôpital public. Environ 80 agents du centre hospitalier de Saint-Denis ont pris part à la mobilisation parisienne, qui a rassemblé 10 000 manifestants selon les organisateurs.
Jeudi 14 novembre, départ collectif des agents de différents services de Delafontaine pour la manifestation parisienne des personnels hospitaliers. © Yslande Bossé
Jeudi 14 novembre, départ collectif des agents de différents services de Delafontaine pour la manifestation parisienne des personnels hospitaliers. © Yslande Bossé

« Donnez-nous les moyens on soigne les humains »… Jeudi 14 novembre, les personnels hospitaliers de Delafontaine s’étaient donnés rendez-vous dans le Hall B pour rejoindre collectivement la manifestation parisienne. Alors que depuis le printemps dernier, les personnels paramédicaux des urgences sont en grève, le mouvement de contestation touche d’autres services et professions désormais. Les médecins s’engagent dans le mouvement et s’organisent avec d’autres personnels en assemblées générales. Le 10 octobre, médecins et paramédicaux du centre hospitalier de Saint-Denis ont créé un Collectif inter hôpitaux local (CIH). 

Dans une Lettre datée du 12 novembre, signée par une cinquantaine de praticiens, ces derniers dénoncent notamment le « manque de moyens et d’effectifs », attribués par l’État au centre hospitalier Delafontaine et aux hôpitaux publics en général. Comme l'explique Nicolas Defoor, médecin neurologue et signataire de la Lettre « les problèmes rencontrés aux urgences se répercutent sur tous les services. Les conditions de travail et de prise en charge se dégradent ».

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Pour cette éducatrice en pédopsychiatrie à la Maison du bébé, la mobilisation est « importante car on sent que quelque chose se perd dans le service public. Notre outil de travail, c’est la parole, c’est l’écoute. On sent que maintenant, tout n’est que management ». Une auxiliaire de puériculture du service maternité explique les difficultés vécues par ses collègues. « Certains sont en burn out. Je n’ai jamais vu ça ! On n’a plus le temps pour les mamans et les bébés parce que on se retrouve en surcharge de travail. La grève est en train de prendre dans les services. On espère que demain, ça va toucher tous les personnels ».  

« On n'est plus du tout soignant »

Pour Noémie Amzallag, pédopsychiatre depuis 5 ans à Delafontaine et Rebecca Attias, psychologue depuis 10 ans au sein du centre hospitalier le plus dur, c’est « de ne pas pouvoir avoir le choix ». « On reçoit les familles, on va repérer les problèmes mais derrière on ne pourra pas intervenir en raison du manque de moyens. On n’est plus du tout soignant », se lamente Noémie. « C’est tout le travail en réseau qui est mis à mal », regrette Rebecca Attias.

Présent lors du départ vers Paris des personnels hospitaliers de Delafontaine, Stéphane Peu (PCF), député de la 2e circonscription de la Seine-Saint-Denis a dit « entendre et soutenir la mobilisation » actuelle qui « semble être convergente ». Organisée par le Collectif inter-hôpitaux, cette grande journée de mobilisation visait à obtenir du gouvernement la mise en place d’un plan d’urgence pour l’hôpital public. Dans la foulée de la mobilisation, Emmanuel Macron a fait savoir que le gouvernement annoncerait des « mesures fortes » ce mercredi 20 novembre. 

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Yslande Bossé 

Réactions

Oui ce conseil des ministres du 20 novembre est à suivre ! Bercy devrait permettre 1 milliard d'euros supplémentaires par an pour les investissements dans les hôpitaux (matériels, humains...).Macron a un père neurologue et un frère médecin...il ne peut ignorer que cette situation est explosive ! Si rien n'est fait, il est prévisible qu'après la grève du 5 décembre notre pays va se mettre en grève générale et illimitée ! CA VA ÊTRE NOTRE NOËL A NOUS !

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