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Village olympique
/ L’Enquête publique boudée

L’enquête publique du futur village olympique et paralympique a pris fin le 1er février. Et le moins que l’on puisse dire est qu’elle est passée plutôt inaperçue.
Marcel Linet, commissaire-enquêteur qui préside l'enquête publique Village olympique à Saint-Denis.
Marcel Linet, commissaire-enquêteur qui préside l'enquête publique Village olympique à Saint-Denis.

« Personne. À part vous et cet étudiant en urbanisme, aujourd’hui, je n’ai eu personne. » Triste constat que celui de Marcel Linet, commissaire-enquêteur désigné par le tribunal administratif pour présider l'enquête publique, tenue au titre de la création de la Zac Village olympique et paralympique – en vue des JO2024 – à Saint-Denis.

Samedi 26 janvier, Marcel Linet tient permanence dans la petite salle au fond de l’hôtel de ville. Le registre dans lequel doivent être consignées les observations des habitants entre le 17 décembre et le 1er février reste désespérément vide. Si peu de Dionysiens à profiter de la démocratie participative ! Le commissaire-enquêteur s’en dit « peiné ». Certes, « venir ne leur fera pas faire annuler les JO à Saint-Denis ». Mais alors concrètement, à quoi ça sert et surtout, comment ça marche ?

Une enquête publique est une procédure réglementaire préalable à toute vaste opération d’aménagement du territoire. Son but est d’en évaluer l’impact, d’informer la population et de l’associer à l’action. Dans le cadre du village olympique, il s’agit d’estimer l’utilité publique du projet. Pour cela, les habitants sont invités à consulter le dossier et à déposer leurs remarques en ligne ou en mairie. La synthèse qui en est faite s’intègre ensuite au rapport que le commissaire-enquêteur remet au préfet et au tribunal administratif le mois suivant la fin de l’enquête. Le préfet est alors libre de déclarer ou non l’opération d’utilité publique. Bien sûr, qui dit enquête publique, dit enquête parcellaire, dit expropriations…

 

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Or, selon Marcel Linet, même les concernés ne se seraient pas manifestés. « La population semble plus encline à juger d’un projet lorsque celui-ci leur apparaît de manière concrète », justifie le commissaire-enquêteur. Un sentiment que partage Cécile Gintrac, membre du comité de Vigilance JO : « Rien que l’étude d’impact en ligne : mille pages très techniques ! », déplore-t-elle. Une mine d’informations si complexes qu’elle reste inaccessible pour un public non spécialiste. « Même au sein du comité, nous n’avons pas eu le temps de décortiquer tout le dossier pour faire notre travail de vigilance », regrette Cécile Gintrac.

 

Un forum global réclamé

Du côté de Plaine Commune, même constat qu’à la mairie de Saint-Denis : « On n’est pas débordé par les gens qui viennent consigner », avoue Céline Daviet, directrice de la mission JO. Mais, explique-t-elle, « les formes d’enquête publique ont beaucoup évolué avec les nouvelles technologies ». Près d’une centaine de personnes ont préféré le registre en ligne contre une dizaine, le registre papier. Deux méthodes qui se doivent de rester complémentaires, d’après Céline Daviet. Et puis les réseaux sociaux ou les réunions d’information sont une manière moins formelle de s’exprimer qu’une enquête publique ne l’exige. La technicienne de Plaine Commune en tient pour preuve le grand nombre de personnes à s’être déplacées aux trois concertations préalables organisées par Solideo – société de livraison des ouvrages olympiques.

« Peut-être aussi, souligne-t-elle, qu’une enquête publique ne prenant pas en compte la globalité du projet ne répond pas entièrement à l’attente des habitants ». C’est pourquoi, des collectifs de Dionysiens ont réclamé au Cojo (Comité d’organisation des JO) d’organiser un Forum global sur les enjeux olympiques. Le forum, ouvert à tous, réunirait tous les acteurs du projet en un même lieu au même moment. L’objectif : repartir avec un point de vue d’ensemble sur le projet et les réponses à toutes ses questions, notamment sur ce qui adviendra des installations une fois les trois semaines des JO passées. Pas encore de date mais le Cojo serait favorable au principe. La concertation n’est donc pas tout à fait terminée.

Gwénaëlle Fliti

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