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Expérience pédagogique
/ L’Ecole des émotions

Inspirée par des méthodes anglo-saxonnes, l’institution scolaire commence à prendre en compte les « compétences » psychologiques des enfants, afin de solutionner des problèmes de comportement préjudiciables à l’acquisition des connaissances.
« L’Ecole des émotions » vient d'être lancée auprès de quinze enseignants volontaires de moyenne et grande section de maternelle dans les quartiers Plaine et Franc-Moisin. © Yann Mambert
« L’Ecole des émotions » vient d'être lancée auprès de quinze enseignants volontaires de moyenne et grande section de maternelle dans les quartiers Plaine et Franc-Moisin. © Yann Mambert

Le temps n’est plus où l’institution éducative se contentait d’instruire les élèves, et de les évaluer comme étant bons, moyens ou mauvais. Elle s’est vue fixer des objectifs pédagogiques axés sur les apprentissages. Et aujourd’hui elle commence à s’ouvrir à des méthodes expérimentées depuis une trentaine d’années dans les pays anglo-saxons, autour des compétences psycho-sociales, ou socio-émotionnelles. Définies en 1993 par l’OMS (Organisation mondiale de la santé), ces notions sont à la base du travail menée depuis des années par Corinne Solnica, cheffe de projet sur la prévention des conduites à risques et addictions auprès de la direction municipale de la santé. 

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"C'est un travail sur l'estime de soi"

Comme elle le signalait lors du Midi Santé du 7 novembre, rencontre professionnelle organisée par la Maison de la santé, cette psychosociologue a débuté auprès de cinq classes de 6e et de 5e dans les collèges La Courtille et Fabien un programme intitulé « Unplugged » (« débranché ») en collaboration avec le CSAPA (centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie) « C’est un travail sur l’estime de soi. Car le problème ne porte pas seulement sur le produit, mais sur le besoin du produit. »

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A son côté lors de cette rencontre, Thomas Villemonteix, psychologue clinicien et maître de conférence à l’université Paris 8, vient de lancer quant à lui une formation appelée « l’Ecole des émotions », auprès de quinze enseignants volontaires de moyenne et grande section de maternelle dans les quartiers Plaine et Franc-Moisin. Soutenue par l’Education nationale et l’ARS (Agence régionale de santé), cette formation devrait être étendue à la rentrée 2020 à 80 enseignants, et bénéficier ainsi dans les trois ans à quelque 800 enfants.

L’objectif, détaillait-il, étant de développer chez ces jeunes élèves les cinq « compétences sociales et émotionnelles », que sont la conscience de soi ou capacité à reconnaître ses émotions, la maîtrise de soi permettant de les contrôler, la conscience sociale ou empathie envers l’autre, la capacité à gérer les relations aux autres où se joue la résorption des conflits, et la capacité à prendre des décisions responsables.

D’après le psychologue, « un tiers des enfants entrent en maternelle avec une compétence insuffisante sur la régulation – ou maitrise - de soi. Cela peut occasionner des conflits avec l’enseignant et amorcer un cycle de problèmes de comportements qui peuvent s’aggraver au fil du temps ». Et faire ainsi obstacle à l’acquisition des connaissances.

Marylène Lenfant

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