Sports

L’autre philosophie des corps beaux

Au gymnase Maurice-Baquet, les amateurs peuvent, à des tarifs accessibles, s’adonner à la musculation ou à la gymnastique d’entretien. Le tout dans une ambiance conviviale et familiale.

Installée au deuxième étage du gymnase Maurice-Baquet, la salle de musculation, avec ses machines flambant neuves, ne passe pas inaperçue. Ici, avant que les appareils ne prennent définitivement leurs quartiers permanents, la salle était destinée à la lutte. Puis petit à petit, cet espace a fait uniquement place à la musculation. « Au départ, il y avait quelques machines autour du tapis afin que les lutteurs puissent parfaire leur renforcement musculaire, relate David Tareco, le président du club. Et puis on s’est vite aperçu que les gens étaient davantage intéressés par le plateau muscul’ que par la lutte. » Ainsi, David, épaulé par trois compères, Dédé, Mohamed et Michel, tous lutteurs, se sont-ils reconvertis en profs de musculation. « On savait que si on développait ce pôle, on allait attirer encore plus d’adhérents. Car l’argent récolté par les adhésions nous permet de participer à des compétitions de lutte de premier ordre comme les championnats de France », ajoute Dédé.
Le club grandit d’année en année. Pour preuve, le nombre de machines a triplé en trois ans et les abonnés ont suivi. On en compte une soixantaine à ce jour. « Mais tout cela nécessite un fort investissement car certains appareils valent jusqu’à 6000 euros, sans oublier l’entretien », précise Michel. La salle fonctionne avec une autonomie totale grâce aux adhérents. Désormais dissociée de la section lutte du Saint-Denis US, dont elle fait aussi partie, la muscu doit veiller à ses ressources financières.
Contrairement aux salles de sport à l’univers branché et faussement mode, ce club se veut familial et convivial. « L’ambiance est excellente, on fait tout pour mettre les gens à l’aise, se félicite Dédé. Notre lieu n’a rien à voir avec les clubs où les gens te toisent du regard ou t’évitent carrément. » Exit également les gros malabars aux muscles hypertrophiés s’admirant le corps huilé dans la glace. Ici, on privilégie l’entretien physique plutôt que le culte du corps dont nos joyeux drilles se soucient comme d’une guigne. Et David de renchérir : « Les salles de musculation sont dans le collimateur des organisateurs de concours de culturisme car il y a beaucoup de dopage. Donc, pour éviter soupçons et confusion, nous on ne fait pas de compétition. »
Les responsables de cette salle mettent aussi un point d’honneur à la rendre accessible à tous en proposant des tarifs qui défient toute concurrence. Un abonnement qui court de septembre à juin vaut la modique somme de 230 euros. « C’est moitié moins cher que dans n’importe quelle autre salle privée, souligne Michel. Les gens peuvent venir à partir de 18 h et jusqu’à 20h30. Nouveauté, on ouvre aussi quelques matinées. »
Grégoire Remund
Salle de musculation gymnase Maurice-Baquet, rue Elsa-Triolet. Contact : Sdus au 01 55 84 22 22.

ÉCLAIRAGE
La gymnastique d’entretien
De la lutte, qui a déménagé d’un étage, il ne reste que le tapis sur lequel s’échauffent une vingtaine de participants, des femmes uniquement. « Les hommes sont allergiques au cours de cardio et aux abdos fessiers », plaisante David, qui assure la séance. Ce cours de gymnastique d’entretien a démarré en même temps que le pôle musculation à l’initiative d’un ancien prof de lutte « qui ne fait plus partie de l’association ».
L’immense diversité des techniques proposées telles que le step, la gym douce et tonique, le stretching, le renforcement musculaire ou encore les abdos fessiers, a créé là aussi un véritable boum sur le nombre d’adhésions. L’abonnement est de 120 euros à raison de trois cours hebdomadaires, le lundi, le mercredi et le vendredi à partir de 18h30.
G.Re
Contact : Sdus au 01 55 84 22 22.