Portrait

L’autre facette d’« Entre les murs »

Il y avait le livre ; il y a eu le film ; et désormais il y a la pièce. Entre les murs, le roman de François Bégaudeau, est devenu un véritable phénomène et poursuit sa route désormais protéiforme. « Sauf que notre projet a débuté avant la sortie du film ! », s’écrie en souriant Elsa Bouchain, comédienne du spectacle et dionysienne depuis douze ans. Actuellement présenté dans la salle du Théâtre ouvert, situé au fond de la charmante petite venelle pavée de la cité Véron (Paris 18e), à deux pas du Moulin-Rouge, cette adaptation théâtrale de François Wastiaux convainc à la fois par la mise en espace qui insiste fort bien sur la collectivité qu’induit une salle de classe (ou une salle de profs) et par le jeu subtil et juste des acteurs qui passent de l’adulte à l’élève essentiellement par le jeu et la voix. C’est ainsi qu’Elsa est tour à tour Valérie, charmante prof de collège dans son élégant survêtement rose, et Sandra, mutine ado un peu flemmarde dans son survêt rose de marque…
Elsa est, c’est visible, heureuse de participer à cette aventure. Qui n’est pas sa première, loin de là. De sa voix chaude, elle raconte en souriant ses débuts. « À 17 ans, je voulais faire Normale sup, puis du théâtre ! Mon père m’a dit : fais du théâtre, c’est ce qui te plaît… » Elle suit donc des études théâtrales à la fac de Nanterre et apprend le métier dans deux écoles, dont le célèbre cours Tania Balachova. « Pour moi, qui ai vécu seule très jeune, le théâtre était un lieu rassurant, beau. » Pudique, elle hésite à en dire plus. Mais on devine qu’elle a trouvé là un milieu où elle s’épanouit, à la fois en tant qu’actrice qu’en tant que femme.
Les premières années sont difficiles, comme pour beaucoup. Mais, depuis une dizaine d’années, elle travaille régulièrement, suffisamment en tout cas pour bénéficier du statut en péril d’intermittent du spectacle. « C’est drôle, cela correspond à la naissance de ma première fille, Rachel », remarque-t-elle. Qu’elle a eue avec son compagnon, le scénographe Alexandre de Dardel, qu'elle a rejoint dans la cité des rois. Depuis, Elsa vit à Saint-Denis, « ville que j’adore, bien desservie par le métro et où j’ai maintenant de nombreux amis ». Elle y travaille aussi : on l’a vue en 2004 au TGP dans une adaptation du Marin de Pessoa. Et elle y anime, depuis cinq ans, un atelier pour les 10 à 14 ans, le mercredi. « Ils sont dix-neuf cette année, annonce-t-elle fièrement. Je leur apprends à jouer de manière très collective, et ils en redemandent ! »
En juin, l’atelier présentera son travail dans la salle Jean-Marie Serreau. Heureuse dans son métier (elle a été dirigée, entre autres, par Matthias Langhoff, Pierre Guillois, Edouard Baer, Stanislas Nordey…) et dans sa vie (une petite Rita est venue compléter la famille il y a quinze mois), Elsa trouve que c’est sublime d’être comédienne, autant que d’être maman. « J’ai besoin des deux », souffle-t-elle.
Benoît Lagarrigue

Entre les murs de François Wastiaux, d’après le roman de François Bégaudeau (éditions Gallimard), jusqu’au 14 février au Théâtre ouvert (4 bis, cité Véron 75018 Paris). Tél. : 01 42 55 55 50.

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